Célian Ramis
Afrik'Entraide : Pour une femme "bien dans ses stilettos"


Rencontre avec l’association Afrik’Entraide qui organisait, dimanche 1er décembre, dans les locaux de la MIR (Maison Internationale de Rennes), un vide dressing, intitulé pour l’occasion « Freakum’ Dress’ing » en clin d’œil amusé à un clip vidéo de la chanteuse américaine Beyoncé.
Une pile de chaussures sur une table, des vêtements posés et pendus dans toute la pièce, derrière une porte, un atelier de confection de meubles en carton, de l’autre coté d’une autre, un buffet d’énormes gâteaux « fait maison » dont se délectent enfants et parents.
« Nous avons voulu répondre à une demande de nos adhérents et sympathisants. C’est une manière plus conviviale de continuer de mobiliser autour de l’association et de promouvoir nos actions auprès des publics étudiant et associatif rennais qui évoluent sans cesse », explique Melissa Djenno, chargée de projet de développement. Elle fait partie de la vingtaine d’étudiantes migrantes africaines à l’initiative du projet Afrik’ Entraide, lancée en 2006.
Depuis plusieurs années, l’association a organisé diverses conférences et évènements en rapport avec l’esclavage mais aussi et surtout la femme africaine, des sujets « lourds » pour Melissa qui estime que ce vide-dressing leur permet de « respirer et de se faire plaisir ». L’événement a été préparé avec des assidues de vide-dressing et sélectionnées par les adhérents, notamment Valérie Dokla, chargée de communication politique et présidente qui atteste « s’intéresser moins au coté mercantile qu’au partage ».
Du partage il y en a aussi durant les ateliers proposés en parallèle du vide-dressing : fabrication de nœuds papillons en tissus africains, customisation de vêtements et fabrication de meubles en carton avec Nkita, eco designer, un des rares hommes en France à pratiquer le design et la conception d’objet en carton. Durant quelques heures on a pu voir défiler un public très varié, une ambiance familiale et colorée feutre la pièce, le « message arrivera jusqu’aux enfants » pour Valérie ; particularité de cette journée pour elle, l’assistance est composée de familles désireuses de partager ce moment en toute simplicité et non plus seulement de personnes plus avisées sur les sujets des conférences habituelles.
Avec Melissa elles se sont rencontrées sur les bancs de la faculté de Droit de Rennes et racontent qu’à cette période de leur vie, à ce carrefour, se projeter dans le monde du travail les souciait : « on se voyait déjà galérer à cause de notre statut de migrantes » explique Valérie.
C’est dans ce contexte qu’est né le projet d’Afrik’ Entraide, avec d’autres jeunes filles « ivoiriennes, sénégalaises, gabonaises, kényanes, guinéennes, mauritaniennes, congolaises », le choix a été fait de créer une association étudiante qui promeut la femme africaine mais qui leur permet avant tout de mener à bien leurs divers projets personnels. Pour Gisèle, qui s’est lancée dans l’aventure il y a deux ans, il s’agissait notamment de mettre en place un club de lecteurs, pour Chrisvie, étudiante en sociologie, l’association a permis d’approfondir son intérêt pour la question identitaire féminine.
Si elles ne se considèrent pas comme féministes au départ, ce sont certains hommes, parfois étonnés par leur ambition, qui leur renvoient cette image à laquelle elles s’adaptent progressivement. « Il faut changer la perception du mot féminisme et lui redonner son sens premier » selon Valérie qui avoue ne pas vouloir être associée aux mouvements féministes les plus intransigeants mais estime qu’une femme, à partir du moment où elle défend ses intérêts et ceux des autres femmes peut être considérée, en quelque sorte, comme une féministe.
Une femme afropolitaine
« La femme africaine aujourd’hui ne se pose plus la question de son intégration » affirme Valérie. Volontaire, urbaine, dynamique, ancrée dans son époque et même « bien dans ses stilettos » comme l’explique Melissa en plaisantant, voilà ce qu’est la femme africaine d’aujourd’hui pour les adhérentes d’Afrik’ Entraide, une femme qui doit beaucoup à la femme d’Afrique dont les « valeurs insufflées trouvent une valeur en France » aux yeux de Valérie.
C’est dans cet esprit qu’est né le projet Marrainage en collaboration avec la MIR. Les marraines d’Afrik’ Entraide accompagnent ainsi professionnellement et humainement une quinzaine de filleules du monde entier et ce, dans tout l’Ille-et-Vilaine depuis 2006. Il s’agit pour elles de donner un avis extérieur sur le parcours de ces femmes, de « palier au manque d’humanité de Pôle Emploi » pour Melissa.
Conseiller, ouvrir des réseaux d’insertion professionnelle, accompagner des projets politiques ; en bref, répondre à des interrogations que toute femme peut se poser à un moment donné de sa vie mais qui semblent compliquées par le statut de migrante. Reste maintenant aux jeunes femmes et hommes d’Afrik’ Entraide à concrétiser un autre dessein qui leur tien à cœur ; l’expansion du réseau de l’association à d’autres régions de France comme c’est déjà le cas à Angers ou Paris mais aussi et surtout en Afrique afin d’y propager les valeurs de cette femme afropolitaine.

Alors qu’elles ne sont plus que quatre, âgées entre 75 et 85 ans, une étudiante en art est venue les déloger de leur atelier afin de proposer à des artistes mexicains, puis français de s’approprier les écharpes pour en faire des œuvres d’art.
Revenue à Rennes avec dans ses valises de nombreuses écharpes, Chloé veut poursuivre le projet. Grâce à ces réseaux dans le monde artistique, elle ne tarde pas à avoir de nouveaux artistes intéressés par l’idée de s’approprier une écharpe de laine venue de contrées lointaines. Cependant son projet manque d’un cadre plus administratif et institutionnel.
Il sera possible de revoir ce film lors d’une autre exposition à Bayeux au printemps prochain. De nombreuses propositions viennent peu à peu se greffer sur leur projet: une scénographe, une graphiste, une menuisière… « C’est cela aussi que l’on cherche : englober tous les secteurs et impliquer le plus de personnes possibles » déclare Chloé Aublet. Elles considèrent Rennes « comme un laboratoire. Si ça marche on s’exportera ailleurs. ». Cela promet de nouveaux voyages pour ces morceaux de laine qui ont déjà traversé l’Atlantique.
« Ton frigo est vide ? Ca cuisine près de chez toi ! » : Tel est le slogan du site Internet imaginé par 5 étudiantes en deuxième année de Master, à l’IGR-IAE (Institut de Gestion) de Rennes. Dans le cadre de leur cursus, elles ont conçu un site web sur le thème du partage de plats fait-maison. « D’un côté, on trouve des étudiants qui veulent faire de la cuisine et réduire leur coût de préparation et de l’autre, ceux qui n’aiment pas cuisiner », explique Elodie Dorgere.
« Nous avons choisi de parler de mobiles, de mobilité et de mobilisation, et non de migration ou d’immigration. Et ça, ça change déjà le regard », explique Marie Arlais, directrice artistique et membre du collectif nantais étrange miroir. Une quinzaine de personnes a participé à l’installation sonore, Mobiles illégitimes, exposée au café L’enchantée à Rennes, uniquement pour l’après-midi.
Le fil de l’exposition a été décidé sur un coup de tête : les dinosaures. Ils sont déclinés en plusieurs œuvres : tableaux, sculptures, photographies, cahier de coloriage… dont les titres humoristiques renvoient à la légèreté du collectif. Le nom le plus drôle étant attribué à l’une des sculptures réalisée par les deux filles de l’équipe, Mathilde et Laurence, nommée: « éclosion précoce ».
En deux parties, l’exposition sur les Terre neuvas sera visible du 19 octobre 2013 au 19 avril 2014 : l’une à Rennes, l’autre à Saint Brieuc, avant de déménager à St Malo et Granville en juin 2014. Elle présente en deux volets, l’aventure de la pêche à la morue sur les côtes de Terre-neuve.
Le deuxième volet, présenté à Saint-Brieuc, est axé sur un thème précis: « Le temps de l’absence ». Il traite des personnes restées à terre, et notamment des épouses des marins. La littérature et l’art ont consacré l’image de la veuve éplorée ou celle de la femme scrutant l’horizon dans l’attente d’une voile de bateau. Ces images d’Épinal sont reprises, complétées par des faits précis.
Pour cette première tournée bretonne, « vous avez le droit de crier, de siffler, de taper des mains, de taper des pieds, explique Frédérique Doré, présidente de l’association Binic Burlesque Festival. Messieurs, vous pouvez siffler. Mesdames, vous n’avez rien à dire ».
Les artistes sont belles, pulpeuses pour la plupart, voire bien en chair, dévoilent avec élégance leurs généreux atouts et affichent de larges sourires face à un public ravi et enthousiaste. Les unes et les autres se dénudent tour à tour dans des numéros d’exception. Entre Lada Redstar, l’atout charme allemande, Loulou D’Vil, la brunette sauvageonne finlandaise, Miss Anne Thropy, la terriblement charnelle belge et Lolly Wish, la belle blonde pulpeuse belge également, le show est sensuel, provocant et pétillant.
Doucement, les stars du burlesque enlèvent leurs gants, avec les mains ou la bouche, dézippent leurs robes, déboutonnent leurs corsets, dégraffent leurs soutien-gorges, retirent leurs portes jarretelles et bas. On découvre alors, petit à petit, les différentes parties de leurs corps, qui à la base sont dissimulés sous des costumes moulants, resserrés au niveau de la taille laissant entrevoir des hanches larges.







Meriem Menant est une artiste. Formée à l’école internationale de théâtre à Paris, l’école Jacques Lecoq, elle débute sa carrière sur les planches et joue parallèlement, de la musique dans le métro, avec un jeune américain. Mais, dans ce dernier domaine, l’aisance musicale leur manque et ils trouvent un moyen alternatif d’expression artistique : ils se déguisent en clown !

Initialement prévu à Beaulieu, le tournoi a finalement prit ses aises à l’espace des Deux Rives, faute de soleil. Si le temps n’était pas au beau fixe à l’extérieur, l’ambiance, elle, était survoltée à l’intérieur. Lauriane Songué, présidente de l’association B Ballin Girlz, et à l’initiative de l’événement, avait le sourire.
Concours de dunk (une des manières les plus spectaculaires de marquer un panier au basket-ball, ndlr), show de danse, accueil chaleureux, proposition de restauration, tout était réuni pour que les participantes et les spectateurs se sentent à l’aise.