Octobre 2018

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
Text: 

« L’image de Njinga sauvegardée par les traditions orales a connu une nouvelle dynamique dans les années 1960, quand les Angolais se sont de plus en plus tournés vers leur histoire pour définir leur propre résistance aux Portugais. Face à un système raciste d’exploitation coloniale, dont la politique consistait à diviser les Angolais en fonction de leur race, de leur classe, de leur ethnie, de leur région et de leur langue, les descendants du vieux Mbundu qui avaient entendu les récits de la résistance de Njinga remirent au premier plan ce personnage héroïque. », écrit Linda M. Heywood, professeure d’histoire à l’université de Boston.

Pendant 9 ans, elle a effectué de très nombreuses recherches concernant cette puissante reine d’Afrique et en a fait un livre, Njinga – Histoire d’une reine guerrière (1582 – 1663), publié fin août aux éditions La découverteUn ouvrage riche et passionnant qui dresse le portrait d’une figure importante et transgressive de l’Histoire, longtemps spoliée par les colonisateurs portugais et les auteurs européens qui en ont fait «la représentante type de l’Autre africain », dans « les romans libertins », en tant que « reine cannibale ».

Linda M. Heywood retrace son parcours, en prenant soin de contextualiser toutes les informations recueillies. Intelligente, stratège, guerrière, diplomate… Elle a toujours combattu les envahisseurs pour défendre et préserver son peuple.

L’auteure réhabilite dans toute sa dimension ce personnage complexe que l’Occident a oublié, après l’avoir caricaturé et diabolisé. Un propos qui rejoint aussi celui de l’appel de 440 historiennes à mettre fin à la domination masculine en histoire.

Text: 

L’égalité entre les sexes n’existe pas (mais alors, pas du tout) et les (quelques) droits des femmes ne sont pas acquis mais conquis. On entend (trop) souvent dire « Oui mais bon, ici, vous êtes quand même bien loties». L’Europe et notamment la France, toujours meilleures que les autres…

Bah voyons ! Gardons-nous bien de faire la morale aux autres et regardons en face le retour en arrière qui s’opère du côté de chez nous. En avril dernier, on découvrait par exemple qu’en Hongrie, le premier ministre Viktor Orban a rendu explicite le sexisme - ordinairement implicite - dans les manuels scolaires dans lesquels désormais les élèves apprennent « que les garçons etles filles (…) n’ont pas les mêmes capacités physiques et aptitudes intellectuelles », qu’« avoir des relations sexuelles hors mariage est un péché » et que « les femmes sont bonnes pour la cuisine, leur rôle c’est de s’occuper de la maison et de faire des enfants ».

En septembre, le docteur Bernard de Rochambeau, président du Syndicat des Gynécologues en France, affirme à la télévision que l’IVG est un homicide et revendique sa clause de conscience. Quand on parle de la situation en Italie, où une partie importante des médecins brandissent cette fameuse clause pour ne plus pratiquer d’avortement, on nous rétorque que dans l’Hexagone, ce n’est pas prêt d’arriver. Et bien si.

Arrêtons de nous fourvoyer en jugeant nos voisines du monde entier. Soyons conscient-e-s, vigilent-e-s et solidaires. Parce que les femmes meurent tous les jours du machisme. En France, en Europe, partout dans le monde. 

Posts section: 
Title: 
Réhabiliter Njinga, reine guerrière d'Angola
Title: 
Le machisme tue, tous les jours, en France et ailleurs
Summary: 
Intelligente, stratège, guerrière, diplomate… Elle a toujours combattu les envahisseurs pour défendre et préserver son peuple. L’auteure réhabilite dans toute sa dimension ce personnage complexe que l’Occident a oublié, après l’avoir caricaturé et diabolisé.
Summary: 
Arrêtons de nous fourvoyer en jugeant nos voisines du monde entier. Soyons conscient-e-s, vigilent-e-s et solidaires. Parce que les femmes meurent tous les jours du machisme.

Septembre 2018

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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« J’ai fondé ma carrière sur l’autodérision. C’est la base de ma carrière. Et je n’ai plus envie. Parce que vous comprenez ce que signifie l’autodérision quand ça vient de quelqu’un qui est déjà en marge ? Ce n’est pas de l’humilité, c’est de l’humiliation. Je me rabaisse pour parler, pour obtenir le droit de parler. Et c’est terminé. »

Jamais auparavant un spectacle comique nous avait fait pleurer. Avec Nanette, c’est chose faite. La spécialiste australienne du stand-up Hannah Gadsby, qui a quitté la Tasmanie – où l’homosexualité était un crime jusqu’en 1997 - quand elle a appris qu’elle était « un peu lesbienne », explose et décortique les codes de la comédie pour créer une œuvre coup de poing extrêmement brillante et viscéralement bouleversante.

Parce qu’elle parle sans filtre avec les tripes d’une femme discriminée et blessée, profondément marquée par la tristesse et la colère. De ses émotions et expériences, elle en tire des réflexions politiques, engagées et humanistes.

« Trump, Picasso, Bill Cosby, Harvey Weinstein, Woody Allen, Polanski… Ces hommes ne sont pas des exceptions, ils sont la règle. Ce ne sont pas des individus, ce sont nos histoires. (…) Ces hommes contrôlent nos histoires. Et pourtant, leur lien avec leur humanité réduit à vue d’œil et ça ne nous dérange pas tant qu’ils conservent leur précieuse réputation. Réputation mon cul ! Le recul est un don du ciel. », scande-t-elle avec force. Entre soulagement, indignation, empathie et remise en question, Hannah Gadsby frappe là où il faut et comme il faut. Avec intelligence et hargne.

Text: 

De sa tombe, Pierre de Coubertin – restaurateur des Jeux Olympiques en 1894 et fondateur du Comité International Olympique – doit se réjouir. Lui qui se proclamait en faveur de la colonisation et contre l’intégration des femmes aux JO serait certainement fier de constater que le monde du sport reste raciste et misogyne.

Dernière preuve en date : l’inutile polémique sur la tenue portée par l’une des plus grandes joueuses de tennis au monde, Serena Williams – qui se sentait comme « une princesse guerrière dedans » - lors de l’édition 2018 de Roland-Garros. Fin août, dans une interview accordée à Tennis Magazine, le président de la Fédération Française de Tennis, Bernard Giudicelli, ne revient pas sur les performances de la sportive mais sur sa combinaison noire à ceinture rose, expliquant que ce type de tenue ne sera plus accepté sur le court. Parce qu’il « faut respecter le jeu et l’endroit. »

L’hypocrisie est grande : nombreux sont les joueurs à avoir fait sensation, et toujours l’objet d’une bonne communication et diffusion, avec leurs styles décalés. Ici, une joueuse se détourne de la jolie jupette et elle se voit critiquée de manière péjorative… Le fait qu’elle se sente puissante dans une tenue confortable, favorisant la circulation sanguine et faisant référence au film Black Panther serait-il à ce point irritant pour les dirigeants d’une fédération sportive ?

Serena Williams a tenté d’apaiser le débat, justifiant le port de ce vêtement en raison d’une complication post-partum. Aurait-elle dû le révéler avant ? On s’en fout, là n'est pas la question, elle fait ce qu’elle veut, merde. Et comme une actualité sexiste en chasse une autre, on apprend au moment de boucler ce numéro que la joueuse française Alizé Cornet a reçu un avertissement pour avoir retiré son maillot, qui était à l’envers. La sanction provient d’un article du règlement du tournoi newyorkais (US Open) qui ne s’applique qu’aux femmes. Décidément…

Posts section: 
Title: 
Nanette, un seule-en-scène brillant et bouleversant
Title: 
Le sexisme, discipline sportive à part entière
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Parce qu’elle parle sans filtre avec les tripes d’une femme discriminée et blessée, profondément marquée par la tristesse et la colère. De ses émotions et expériences, elle en tire des réflexions politiques, engagées et humanistes.
Summary: 
Ici, une joueuse se détourne de la jolie jupette et elle se voit critiquée de manière péjorative… Le fait qu’elle se sente puissante dans une tenue confortable serait-il à ce point irritant pour les dirigeants d’une fédération sportive ?

Juillet-Août 2018

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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Ce hashtag, lancé en mai dernier par l’humoriste et comédienne Laura Calu, a connu une véritable explosion virale. Ce n’est pas une nouveauté mais on s’en fiche. Au diable l’avarice, on aime se régaler des bonnes choses.

Et sa vidéo en fait partie, au même titre que celle de Sara Forestier qui s’insurge contre l’injonction à « être belle » et donc pas naturelle (« Stupéfiant », France 2, le 7 novembre 2017).

« Il a quoi ton corps ? Il est pas parfait ?! Tu m’en diras tant… Attends je fais l’effort de comprendre mais du coup alors c’est quoi être parfait ? Non parce que si c’est ressembler à une page de magazine ou à un morceau de papier glacé, effectivement, laisse moi te dire que c’est impossible (…) Ouais, il a peut-être craqué, il s’est élargi, il est peut-être trop fin, trop large, trop petit, trop rond, il est comme il est quoi, on s’en fout en fait… Mais il est surtout trop trop bien ton corps ! Il te permet de vivre ! Rien que par respect, kiffe-le un peu ! », scande-t-elle dans sa vidéo.

Le « Body positive », plutôt que le « Body shaming », ça, on kiffe sans complexe. Parce qu’y en a marre de se torturer l’esprit et surtout le corps avec cette putain d’injonction à être mince. À être en concurrence avec les mannequins photoshopées (sans la mention obligatoire de l’utilisation du logiciel…) ou sous-alimentées présentées dans les médias. La tablette de Toblerone, nous, on ne la met pas entre nos cuisses mais dans notre gosier et tant pis si notre cellulite et nos vergetures troublent la vue paradisiaque des vacanciers cet été. Franchement. 

Text: 

Pas de suspens, la grande cause du quinquennat est bien celle de l’égalité des sexes ! Le Président de la République le dit, le Premier ministre confirme et la secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes est omniprésente. Autre preuve : l’appel à projets d’un million d’euros lancé au premier trimestre pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles au travail.

Pas de raison de douter de la sincérité macronienne. Sauf quand on connaît la situation des associations féministes déjà existantes. Comme celle de l’Association européenne contre les Violences Faites aux Femmes au travail (AVFT), experte dans ce domaine depuis 33 ans et qui n’a pas vu sa subvention augmenter depuis 14 ans, comme nous le disait la juriste de l’association Laure Ignace, en mars dernier.

Pendant près de 5 mois, la structure, qui écoute, conseille et accompagne les femmes victimes de violences, a dû fermer son accueil téléphonique en raison du grand nombre d’appels, survenus à la suite de l’affaire Weinstein, pour pouvoir traiter efficacement les dossiers en cours.

Au lieu d’aider et de renforcer les moyens humains et financiers, indispensables au travail colossal effectué, Marlène Schiappa ouvre la porte à la mise en concurrence des associations féministes, ce que dénoncent près d’une vingtaine de structures comme le Planning Familial, OLF! ou encore Attac. Sans oublier de mentionner que les projets devront se réaliser avant 2019, sans aucune garantie de pérennité. Ça sent (comme toujours) la simple opération de comm’, sous couvert de lutte pour l’égalité. Répugnant.

Posts section: 
Title: 
#ObjectifBikini FermeTaGueule : on adhère, évidemment !
Title: 
Grande cause du quinquennat, mon cul !
Summary: 
La tablette de Toblerone, nous, on ne la met pas entre nos cuisses mais dans notre gosier et tant pis si notre cellulite et nos vergetures troublent la vue paradisiaque des vacanciers cet été. Franchement.
Summary: 
Pas de raison de douter de la sincérité macronienne. Sauf quand on connaît la situation des associations féministes déjà existantes.

Juin 2018

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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La barbe de 3 jours sur les jambes, sous les aisselles ou au niveau du maillot, non merci. Pas envie de piquer au toucher, pas envie de ressembler à une hippie, pas envie de porter des pantalons tout l’été… Le poil ne figure pas dans la liste de ce qui rend une femme féminine.

En revanche, s’arracher la peau à coup de rasoir, crier de douleur à coup d’arracheur de poils ou encore attendre des heures chez l’esthéticienne pour souffrir à coup de bandes de cire, ça, c’est ok. Pas de pitié pour la toison, la réaction à sa vue est épidermique ! Pourquoi ? Parce qu’elle symbolise la virilité.

Déconstruire cette idée n’est pas mission impossible mais relève d’un processus long et acharné qui vient confronter les stéréotypes du masculin et du féminin ainsi que l’image de beauté véhiculée dans les médias, les publicités, les films, les dessins, etc. Ainsi, le média québécois pro-intersectionnel Refus global now et la communauté Maipoils ont lancé, tout au long du mois de mai, le défi Maipoils 2018 auquel étaient invité-e-s, via les réseaux sociaux, femmes, hommes et personnes non-binaires.

« On vous invite à économiser ce temps (sans dépilation) pour réfléchir à la cause féministe, aimer votre corps tel qu'il est et contribuer à l'éradication des doubles standards, peu importe ce que vous ferez ensuite en dehors du mois de mai. », peut-on lire sur l’événement Facebook. Une excellente occasion de réfléchir à la signification du poil, au geste de l’épilation, aux assignations genrées imposées par la société et de questionner le rapport à nos corps, à travers notre regard et celui des autres. 

Text: 

139 agressions physiques signalées en 2017, soit 18 de plus qu’en 2016. 1 650 témoignages d’actes LGBTphobes recueillis, soit une recrudescence de 4,8% par rapport à l’année précédente. Une explosion de 154% des cas de biphobie… Voilà ce qu’indique, entre autre, le rapport 2018 de SOS Homophobie, association nationale de lutte contre les LGBTphobies, en constante augmentation depuis plusieurs années.

La parole des victimes se libère face à « la persistance d’un discours public LGBTphobe, nourri par des organisations conservatrices et leurs relais dans le contexte électoral de l’année 2017. Les campagnes législative et présidentielle en 2017 ont, en effet, été l’occasion pour certain-e-s candidat-e-s d’affirmer des programmes politiques LGBTphobes, comme la remise en cause de la Loi Taubira. »

Dans l’espace public, au travail, dans le milieu scolaire – « pédé » reste l’insulte n°1 des cours de récréation -, sur Internet ou dans le voisinage, les violences s’exercent partout, tout le temps. Si le rapport souligne que les témoignages de lesbophobie diminuent de 14%, on voit tout de même que le débat autour de la PMA pour tou-te-s, lancé en début d’année à l’occasion des États généraux de la bioéthique – dont la synthèse du Comité consultatif national d’éthique sera rendue début juin – n’est pas sans agitation autour de la conception d’un enfant au sein d’un couple lesbien et pour les personnes transgenre. Ça dérange. Ce n’est pas naturel. En 2018. Peut-on comprendre pourquoi ? Non, c’est impossible. 

Posts section: 
Title: 
Un défi au poil !
Title: 
Recrudescence d'actes homophobes, encore et encore...
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« On vous invite à économiser ce temps (sans dépilation) pour réfléchir à la cause féministe, aimer votre corps tel qu'il est et contribuer à l'éradication des doubles standards, peu importe ce que vous ferez ensuite en dehors du mois de mai. »
Summary: 
139 agressions physiques signalées en 2017, soit 18 de plus qu’en 2016. 1 650 témoignages d’actes LGBTphobes recueillis, soit une recrudescence de 4,8% par rapport à l’année précédente

Mai 2018

Writers: 
Marine Combe
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C’est la phrase qui trônait le 8 mars 2018 sur la photo réunissant les femmes journalistes du Parisien et des Échos, revendiquant ensemble l’égalité professionnelle h/f sein des rédactions. Quelques jours plus tard, c’est au tour des consœurs de L’Obs de se constituer en collectif pour « l’égalité des salaires entre les femmes et les hommes, l’égalité dans l’avancement des carrières et pour la pluralité des profils aux postes à responsabilité » (Twitter).

En janvier, la direction du quotidien régional breton est interpellée via communiqué : « Comme le rappellent nos consœurs de La Provence, le monde est en train de changer. Les femmes du XXIe siècle sont ingénieures, agricultrices, électriciennes, astronautes, sportives de haut niveau… mais elles ne sauraient pas participer à la direction de journaux ? »

Les femmes ne sont pas seulement absentes des expertises dans l’actualité, elles le sont également des hauts postes dans les rédactions. Heureusement, ça bouge. Doucement, mais ça bouge. Pour inciter d’autres femmes et d’autres rédactions à porter haut et fort les revendications de l’égalité professionnelle, l’association Prenons la Une – structure pour une juste représentation des femmes dans les médias et l’égalité pro dans les rédactions – a enquêté auprès des « rédactions rebelles », des juristes spécialistes du droit du travail et du site égalité professionnelle de la CGT.

Résultat : la rédaction d’un Petit manuel de rébellion à usage des femmes dans les rédactions. Pour oser, pour agir, pour négocier, face à l’ordre établi. Pour prendre notre place.

Text: 

Le 23 avril, Alek Minassian, 25 ans, fonce au volant d’une camionnette dans une rue passante de Toronto, tuant 10 personnes (8 femmes, selon la police) et en blessant 16 autres. Avant l’attaque, il poste un message clairement misogyne sur Facebook : la rébellion des « Incel » a démarré.

Le mouvement des Involuntary celibates – célibataires involontaires – accuse les femmes de leurs malheurs sentimentaux. La « manosphère » refuse l’avancée vers l’égalité entre les sexes. Comme au lendemain de l’affaire Weinstein, l’opinion publique, abasourdie, découvre l’existence des masculinistes. Et de la portée de la propagation d’une telle pensée, à travers laquelle ils se victimisent et légitiment leur barbarie.

C’est ce que souligne à juste titre l’anthropologue Mélanie Gourarier dans un article publié sur Slate, le 29 avril : « C’est parce qu’ils se sentent légitimes à exercer la violence dans l’espace public qu’ils passent à l’acte. » Le reflet d’une misogynie structurelle, conclut-elle. En effet, les propos proférés sur leurs forums, qui diffusent des vidéos de femmes décapitées, incitent au viol et vénèrent Marc Lépine (auteur du féminicide de 1989, à l’École Polytechnique de Montréal), sont dénoncés par de nombreuses féministes.

Léa Clermont-Dion, membre du réseau québécois en études féministes, le dénonce dans un article paru sur le site Cheek Magazine, le 27 avril : « Le problème, c’est lorsqu’on avise les autorités quand il y a menace, on banalise. » Une affirmation malheureusement peu étonnante, tant la parole des femmes est ignorée…

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Title: 
"La presse donne des leçons, qu'elle donne l'exemple !"
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Oui, il faut (hélas) le rappeler : la misogynie tue.
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Les femmes ne sont pas seulement absentes des expertises dans l’actualité, elles le sont également des hauts postes dans les rédactions. Heureusement, ça bouge. Doucement, mais ça bouge.
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Comme au lendemain de l’affaire Weinstein, l’opinion publique, abasourdie, découvre l’existence des masculinistes. Et de la portée de la propagation d’une telle pensée.

Janvier 2018

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Marine Combe
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On rend souvent hommage aux femmes qui ont marqué l’Histoire, qui réhabilitent les oubliées ou qui œuvrent au changement des mentalités. Cette fois, ce sont les hommes que nous allons saluer et féliciter ici. À travers le témoignage de Franck Bréal – à lire absolument dans Causette, novembre 2017 – on se dit que les choses avancent. Certes, lentement.

En effet, dans l’article, il raconte son parcours, de sa réflexion pour une contraception partagée entre les hommes et les femmes à son opération, la fameuse vasectomie. Il fait désormais parti des 0,8% ! « Aujourd’hui, je parle de la vasectomie très librement. Je réponds d’ailleurs volontiers aux questions que certain-e-s se posent sur l’opération, via des forums ou sur les réseaux sociaux. J’essaie de participer activement à toute conférence ou débat sur la contraception masculine dans ma ville (Rennes, ndlr) afin d’apporter mon témoignage. », écrit-il dans l’épilogue. Ça fait du bien un homme qui s’engage et qui le dit. Et surtout, qui ne joue pas au héro.

Ses doutes, ses questions, ses angoisses, quant à « (s)a sexualité, (s)on érection, (s)on éjaculation » post opératoire, il les livre sans faux semblant et sans détour, parfois même avec humour. Pour dédramatiser. Ou exorciser. Parce que la vasectomie, tout comme la contraception féminine définitive, reste encore aujourd’hui un parcours plein d’embuches et plein d’idées reçues… Alors, on vous le redit, ce n’est pas votre bite - ou son contenu – qui fait de vous un homme…

Text: 

À l’occasion de la 2e semaine de lutte contre les discriminations, la mairie de Paris a choisi de dédier une journée, celle du 15 décembre dernier, à la grossophobie, une forme spécifique d’intolérance et de discrimination visant les personnes obèses ou en surpoids. L’occasion de se pencher sur une problématique qui en dit long sur notre société.

D’un côté, la consommation à outrance, à laquelle l’alimentation ne fait pas exception. D’un autre côté, le culte de la minceur. Et les femmes sont principalement visées par cette injonction à la beauté. Dans une étude, datée de février 2016, le Défenseur des Droits révèle que la corpulence est un facteur important lors d’un entretien d’embauche, notamment dans les secteurs vente/commerce, et souligne que si hommes et femmes obèses sont discriminé-e-s de la même manière, en revanche, la gent féminine l’est encore davantage puisqu’elle l’est dès un début de surpoids.

Clairement, être grosse (ou ne pas être mince), ça fait tâche dans le beau décor édulcoré de la publicité du modèle unique et de son 34/36 pas bien réaliste… Pourtant, d’après les estimations de l’Organisation Mondiale de la Santé, les personnes obèses ou en surpoids devraient représenter 67% de la population (contre 47% actuellement) en 2030. Il serait peut-être temps de briser les tabous et les clichés et de se demander d’où provient cette malveillance (et surtout qui la crée et à qui elle profite !). Un conseil : lire On ne nait pas grosse, de Gabrielle Deydier. 

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Title: 
Raconte nous ta vasectomie !
Title: 
Pas de régime contre la grossophobie
Summary: 
Le magazine Causette a publié en novembre le témoignage de Franck Bréal au sujet de sa vasectomie, qui reste encore aujourd'hui, tout comme la contraception féminine définitive, un parcours du combattant...
Summary: 
La grossophobie, on commence doucement à en parler. Souvent banalisée, elle est pourtant révélatrice d'une société jugeante et moralisatrice, prise entre des injonctions paradoxales bien lourdes...

Un autre regard 2 - Emma

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Emma s'attache à vulgariser des concepts féministes et humanistes. D'un simple coup de crayon, elle délivre des messages clairs, drôles et fondamentaux pour bien vivre ensemble.
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Ingénieure en informatique le jour, dessinatrice quand elle a "fini le reste", Emma s'inspire de son vécu de femme, de conjointe, de collègue, de mère de famille et de citoyenne pour proposer ses réflexions autour du quotidien. Et à travers ce quotidien ordinaire, elle décrypte des phénomènes très symboliques et significatifs de diverses formes de domination.

Dans Un autre regard 2, on retrouve son explication dessinée de la charge mentale et du fameux "Mais fallait me demander !", si révélateur des mécanismes du genre. On se délecte également du mordant parallèle de l'affaire du burkini en imaginant l'arrivée d'une femme et de sa fille, au Maristan, là où on ne porte aucun textile dans le haut du corps. Les deux immigrées vont alors se voir obligées soit de rester à la maison, soit d'enlever leurs soutiens-gorges.

La blogeuse mérite son succès de par l'ouverture d'esprit qu'elle offre sur différents sujets de société, comme sa manière de repenser le temps de travail et le temps passé en famille ou sa façon d'impliquer les hommes dans la répartition des tâches ménagères ou encore l'éducation des enfants.

Emma s'attache à vulgariser des concepts féministes et humanistes difficiles à faire passer dans la société. De son coup de crayon très simple et presque enfantin, elle délivre des messages clairs, drôles et fondamentaux pour bien vivre ensemble.

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Octobre 2017

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Marine Combe
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Marine Combe
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On retrouve sur la couverture la photo, prise en 1957 à Rennes, des deux femmes qui avaient déjà incarné les Elles qui disent, publié en mars 2016. Marie-France et Marie-Ange Jouan. La mère et la grand-mère d’Anne Lecourt, passeuse d’histoires de vie qui revient en septembre 2017 avec un nouvel ouvrage, intitulé cette fois Les Discrètes paroles de Bretonnes….

On y retrouve Clémentine, Madeleine, Marie, Monique, Marcelle, Yvette ou encore Elisa, du pays de Montfort. Et on y découvre Anne, Paule, Agnès, Roberte, Janet et d’autres, qui comme les premières, témoignent de la vie qu’elles ont vécu, principalement dans les campagnes bretonnes, de 1930 à aujourd’hui.

L’auteure, de sa plume respectueuse, continue là le travail amorcé l’an passé, un travail de mémoire, de transmission, qui aborde au travers de portraits fins et bienveillants la condition des femmes de cette époque. Et ça fait du bien d’entreprendre cette lecture aussi émouvante qu’apaisante.

Parce qu’en filigrane de ces histoires, on peut se laisser rêver à la vie de nos grands-mères qui, par pudeur tout comme les Discrètes, n’ont pas livré à la postérité leurs vécus intérieurs. C’est comme renouer avec le passé ! Une manière de saluer les générations précédentes et de ne pas oublier le combat qu’elles ont souvent menées, sans le réaliser.

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Elles étaient 122 en 2015 (lire notre Décryptage YEGG#63 – Décembre 2016). Elles sont une de plus, en 2016. Elles, ce sont les femmes mortes sous les coups de leur partenaire ou ex-partenaire de vie. Pourquoi ? Parce que ces derniers, à 49%, refusent la séparation.

C’est ce que révèle début septembre le rapport de la délégation aux victimes – structure commune à la police et à la gendarmerie nationales qui recense, depuis 11 ans, pour le ministère de l’Intérieur, les morts violentes survenues au sein du couple – qui sépare distinctement les 109 femmes victimes « au sein de couples officiels (conjoint, concubin, pacsé ou ex…) » et les 14 femmes victimes « au sein de couples non officiels (petit ami, amant, relation périodique ou ex…) ».

Déjà, la catégorisation pose problème. Surtout quand celle-ci entraine la hiérarchisation des informations. Parce que l’étude, dès le début, n’affiche que le premier chiffre. Il faut attendre la page suivant la conclusion, pour trouver le tableau récapitulatif global de l’année 2016 : on y découvre alors qu’elles sont en réalité 123, et non 109, à être décédées de violences conjugales.

Ce chiffre est important. Trop important. Il signale que tous les 3 jours, une femme en France, meurt des coups de son mec ou de son ex (peu importe qu’il s’agisse de son mari ou de plan cul). Il serait temps d’arrêter de minimiser ou de banaliser ces actes barbares, qui ne sont ni des crimes passionnels, ni des incidents, mais des féminicides.

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Title: 
Ne pas oublier les récits des Discrètes
Title: 
123 (et pas 109) femmes de trop !
Summary: 
L’auteure, de sa plume respectueuse, continue là le travail amorcé l’an passé, un travail de mémoire, de transmission, qui aborde au travers de portraits fins et bienveillants la condition des femmes de 1930 à aujourd'hui.
Summary: 
Ces femmes, ce sont celles qui sont mortes en 2016 sous les coups de leur partenaire ou ex-partenaire de vie. Pourquoi ? Parce que ces derniers, à 49%, refusent la séparation.

Écumes - Ingrid Chabbert et Carole Maurel

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Si Écumes navigue dans les eaux troubles d’une problématique doublement taboue, l’auteure et la dessinatrice nous bercent dans les vagues apaisantes de la résilience et de l’humanité.
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Ça y est, elles vont enfin avoir l’enfant désiré depuis si longtemps. Malheureusement, ce bonheur sera de courte durée. Elles ne connaitront jamais cet enfant. Va alors s’en suivre une longue période de reconstruction, de doutes et de douleurs, qui vont remplir de nombreux carnets.

Inspirée par son histoire personnelle, Ingrid Chabbert livre ici un roman graphique aussi poétique que haletant, tant la situation nous saisit. Au fil des pages, les émotions se multiplient et se décuplent, le choix du noir et blanc ponctué de quelques couleurs mettant en relief les ressentis et les étapes du deuil.

La bande dessinée nous interroge de par tous les détails implicites : quel parcours les couples lesbiens doivent-ils affronter pour accéder à la parentalité ? Quand mettra-t-on réellement le sujet de la procréation médicalement assistée pour les homosexuelles sur le tapis en France ?

Si Écumes navigue dans les eaux troubles d’une problématique doublement taboue – homoparentalité / perte d’un enfant – l’auteure et la dessinatrice nous bercent dans les vagues apaisantes de la résilience et de l’humanité.

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Comment va le monde ? - Laure Flavigny – Jessie Magana – Aurélie Boissière – Séverine Assous

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Un véritable guide ludique qui accompagne les enfants tout au long de leur construction personnelle et de leur apprentissage. Et les adultes trouveront également leur compte !
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L’atlas imaginé et rédigé par Laure Flavigny et Jessie Magana, cartographié par Aurélie Boissière et illustré par Séverine Assous est un véritable guide ludique qui accompagne les enfants tout au long de leur construction personnelle et de leur apprentissage. Et les adultes trouveront également leur compte au fil des 22 cartes que l’on scrute, détaille et observe un long moment, avant de refermer le bouquin et d’y revenir plus tard.

Ainsi, c’est une invitation à de multiples voyages que nous lancent les quatre réalisatrices de l’ouvrage. On se balade avec joie, nostalgie, tristesse, terreur et espoir d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre, d’une problématique à une autre, d’un mode de vie à un autre. La migration, la mondialisation, la répartition des richesses, le travail des enfants, la parité au Parlement, mais aussi les langues, les habitudes alimentaires, les danses, les religions, etc.

Sans oublier la préservation de la planète et de ses ressources, en proposant un tour d’horizon des alternatives naissantes aux quatre coins de la planète. La preuve que l’on peut parler de tout aux enfants et faire résonner le discours sur les adultes. Un outil incontournable !

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