Paris etc - Zabou Breitman

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Rien n’est plus difficile que d’être libre et affranchie du système dans la ville lumière d’aujourd’hui. Le jeu éblouissant des actrices et la galerie de personnages en font une curiosité à découvrir.
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Dans Paris, il y a ces cinq femmes. Jeunes, trentenaires ou quinquas, elles vivent, découvrent ou redécouvrent Paris. Toutes à un moment crucial de leurs vies, ces femmes se croisent sans se rencontrer. Elles sont cinq façons d’être, de pleurer, de rire, de flirter, de jouir, de résister, d’aimer ou de se laisser aimer.

Un récit qui ne sera pas sans rappeler quelques références comme Sex & the city ou Girls, Paris etc fait vivre ses figures féminines à travers leurs vies sentimentales, familiales et sexuelles. Des rôles forts et impactants tant les sujets traités et les épreuves vécues par ses femmes sont réalistes et actuels.

La nouvelle série de Zabou Breitman joue sur la temporalité des histoires personnelles et montrent sans pudeur la sexualité de ses héroïnes. Si la comédie est assez passive, le drame lui est hyperactif et présent pour chacune de ces cinq femmes. Paris etc ne nous aura pas vraiment fait rire aux éclats ça c’est certain mais l’observation fantasque de la réalisatrice et le cynisme des dialogues dévoilent un sens véritablement amusé de l’époque et de la société.

Sincère déclaration d’amour à la capitale française, la ville est, au-delà du cadre de la fiction, un personnage à part entière. Il est évident que l’auteure aura tout fait pour nous montrer que quoiqu’il en coûte la parisienne gagne sa liberté et en paye le prix. Rien n’est plus difficile que d’être libre et affranchie du système dans la ville lumière d’aujourd’hui. Le jeu éblouissant des actrices et la galerie de personnages en font une curiosité à découvrir.

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Le brio - Yvan Attal

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La prestation du duo d’acteurs principaux, Camélia Jordana et Daniel Auteuil, est assez brillante. Au delà de l’aspect caricatural, la comédie demeure intelligente et armée de quelques fantaisie.
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Neïla vit avec sa mère à Créteil. La jeune fille de 20 ans rêve d’une carrière d’avocate et suit ses études de droits à l’illustre université d’Assas de Paris. Dès son arrivée elle se confronte au professeur Pierre Mazard, réputé pour ses provocations et ses dérapages. L’homme est cinglant et sans compassion pour ses étudiants qui le voient comme un homme sadique et cruel.

Menacé d’exclusion par le conseil de discipline pour l’une de ses fameuses humiliations, il devra se racheter et acceptera, pour ce faire, de coacher la jeune étudiante pour le très prestigieux concours d’éloquence. Si la tâche s’annonce ardue, l’obstination et le courage de Neïla n’auront d’égaux que le cynisme et l’exigence de son professeur.

À la fois scandalisée et charmée par son nouveau mentor, elle se dépassera et éblouira ce dernier et l’ensemble des jurés du concours en passant un à un les tours d’élimination. Le film aborde de manière innovante le dépassement de soi de ces jeunes nés de l’autre coté du périphérique. Le brio ou l’histoire de 2 individus que tout oppose et que l’amour du mot va réunir.

Si le long métrage d’Yvan Attal flirte avec le convenu et le politiquement correct, il nous offre de savoureux dialogues entre la banlieusarde et l’intellectuel. La prestation du duo d’acteurs principaux, Camélia Jordana et Daniel Auteuil, est assez brillante. Le troisième personnage du film étant la rhétorique. Au delà de l’aspect caricatural, la comédie demeure intelligente et armée de quelques fantaisie.

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Aurore - Blandine Lenoir

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Agnès Jaoui est solaire et virevoltante. Même si l’on n’échappe pas à quelques clichés et stéréotypes le film reste plutôt enthousiasmant.
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Aurore est un peu à la dérive. Sans emploi, sans amant, elle vient d’apprendre qu’elle va être grand-mère. Beaucoup de sensations difficiles à intégrer pour cette quinquagénaire encore pleine de ressources et bien décidée à ne pas se laisser pousser vers la porte de la sortie.

Alors que la ménopause se présente elle aussi comme une nouveauté, c’est dans cet environnement que surgit son amour de jeunesse. Un cœur à prendre ou à laisser passer, ce qui est sûr, c’est que cet homme ne laisse pas Aurore insensible. Dans un monde obsédé par le paraître, le jeunisme et la rentabilité des personnes, la très émotive et vulnérable Aurore a bien du mal à assumer ce qui la renvoie à des considérations d’échecs.

Pourtant son caractère l’incite à ne pas se laisser engloutir par les dictats. Aurore se rebelle et par des petites actions du quotidien agit pour son salut et son estime de soi. Pour son premier long-métrage, Blandine Lenoir signe un film qui aborde la difficulté de vivre une féminité épanouie lorsque l’on est quinquagénaire. Comme chez toutes femmes, des difficultés à se sentir utile et à se sentir aimée, mais chez elle son âge est vécu comme un obstacle supplémentaire.

La réalisatrice réussi une comédie intimiste et insolite où l’énergie et la tendresse font face aux carcans sexistes. Le rôle est semblerait-il taillé pour une Agnès Jaoui solaire et virevoltante. Même si l’on n’échappe pas à quelques clichés et stéréotypes le film reste plutôt enthousiasmant.

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M - Sara Forestier

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L’enjeu du récit est de dépasser ses propres traumas pour assouvir une soif de vivre plus forte que le sentiment de rejet. Un premier très beau film, à fleur de peau, qui ne manquera pas de se faire remarquer.
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Lila est une jeune fille bègue et timide. Lorsque le destin met sur sa route Mo, un homme très charismatique et ayant un fort goût pour l’adrénaline, c’est le coup de foudre entre les deux. Mo, inspirant la tendresse et le respect, va immédiatement la prendre sous son aile.

Si Lila combat son bégaiement et se fait violence pour se faire accepter telle qu’elle est auprès de ses congénères, Mo lui cache un secret inavouable, il ne sait ni lire ni écrire. Si le sujet sur le bégaiement pouvait laisser craindre une certaine sensiblerie, le film touche part l’efficacité de son écriture qui s’assujettie du handicap pour livrer une histoire d’amour des plus singulières.

Sara Forestier, pour son premier film, aura mis huit ans à accoucher de cette œuvre humaniste et brillante de sincérité qui révèle notamment la très remarquée prestation de Rédouanne Harjane. Si le fil rouge du film est le handicap et la marginalité c’est bien de l’acceptation de soi dont il s’agit.

Les personnages d’abord présentés comme réfugiés dans l’ombre et le silence s’accordent de nouveaux droits à travers cette histoire d’amour naissante qui les révèle à eux-mêmes. L’enjeu du récit est de dépasser ses propres traumas pour assouvir une soif de vivre plus forte que le sentiment de rejet. Un premier très beau film, à fleur de peau, qui ne manquera pas de se faire remarquer.

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The State - Peter Kosminsky

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Dans cette mini série, Peter Kosminsky s’appuie sur une de ses plus grandes qualités, une vraie réflexion libre et non convenue d'un problème historique et politique lourd.
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Si déjà beaucoup d’œuvres cinématographiques et séries nous montrent l’implacable parcours de jeunes français vers une radicalisation meurtrière et le djihad, cette série britannique propose elle de suivre le parcours de femmes et d’hommes à leurs arrivées en Syrie. Ushna, Jalal, Ziyaad, Shakira et le petit Isaac quittent leur pays natal, la Grande Bretagne, et entre dans les rangs de l’État Islamique, Daesh.

Extrêmement déterminé-e-s, ces deux femmes et deux hommes croient en leur rêve d’un État Islamique tel qu’il l’ont imaginé et tel qu’il leur a été présenté. The State où comment des hommes et femmes radicalisé-e-s se transforment en combattants du djihad. La série composée de 4 épisodes est une immersion en compagnie des recrues étrangères de l’Etat Islamique.

Le cœur du propos est de présenter une confrontation entre le fantasme et la réalité qui bouscule les personnages dans leur idéologie et leurs principes. Parité respectée, le cinéaste, qui par ailleurs réalise des documentaires, s’attache à nous montrer l’apprentissage des règles de la charia et le difficile quotidien des femmes et des enfants, victimes collatérales du fanatisme religieux.

Un ultra réalisme sur le sujet jusqu’ici inégalé dans les œuvres cinématographiques. Dans cette mini série, Peter Kosminsky s’appuie sur une de ses plus grandes qualités, une vraie réflexion libre et non convenue d'un problème historique et politique lourd.

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Demain et tous les autres jours - Noémie Lvosky

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L’auteure interprète elle-même avec brio cette mère perdue et harcelée par ce monde trop conformiste. Un portrait de la folie féminine des plus réussis qui donne cette lumière et ce ton si singulier au film.
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Le film démarre comme une chronique d’une mère perdue sous les yeux de sa fille qui s’efforce de sauver les apparences et tenir à bout de bras cette mère un peu folle et en décalage avec la société qui l’entoure. Mais la mère et la fille s’aiment d’un amour un peu fou lui-même. Elles veillent l’une sur l’autre.

Assez vite la fiction s’imprègne de poésie avec cette chouette qui converse avec la jeune fille, faisant office de bonne fée rassurante. Si cette femme est fragile, elle n’en est que plus touchante dans sa perdition et son extravagance. Se succède de nombreuses scènes à la fois gênantes et émouvantes où cette mère, captivée par sa fille, se laisse aller à ses délires. Mathilde, âgée de 9 ans, se révèle alors être une jeune fille très débrouillarde et pleine d’imagination.

Elle aussi décide consciemment d’être en marge et de répondre à son imaginaire par des actes peu cohérents et adaptés à la situation. Dans cette fable suspendue, à la fois merveilleuse et inquiétante on retrouve là les thématiques chères à Noémie Lvovsky, la maternité, l’enfance, la solitude et une mère à la dérive. La réalisatrice bannît de manière très assumée le coté terre à terre et le rationalisme sans pour autant esquiver le désarroi et la dérive de ses personnages.

L’auteure interprète elle-même avec brio cette mère perdue et harcelée par ce monde trop conformiste. Une justesse dans ce registre qui la connaît bien. Un portrait de la folie féminine des plus réussis qui donne cette lumière et ce ton si singulier au film.

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Un autre regard 2 - Emma

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Emma s'attache à vulgariser des concepts féministes et humanistes. D'un simple coup de crayon, elle délivre des messages clairs, drôles et fondamentaux pour bien vivre ensemble.
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Ingénieure en informatique le jour, dessinatrice quand elle a "fini le reste", Emma s'inspire de son vécu de femme, de conjointe, de collègue, de mère de famille et de citoyenne pour proposer ses réflexions autour du quotidien. Et à travers ce quotidien ordinaire, elle décrypte des phénomènes très symboliques et significatifs de diverses formes de domination.

Dans Un autre regard 2, on retrouve son explication dessinée de la charge mentale et du fameux "Mais fallait me demander !", si révélateur des mécanismes du genre. On se délecte également du mordant parallèle de l'affaire du burkini en imaginant l'arrivée d'une femme et de sa fille, au Maristan, là où on ne porte aucun textile dans le haut du corps. Les deux immigrées vont alors se voir obligées soit de rester à la maison, soit d'enlever leurs soutiens-gorges.

La blogeuse mérite son succès de par l'ouverture d'esprit qu'elle offre sur différents sujets de société, comme sa manière de repenser le temps de travail et le temps passé en famille ou sa façon d'impliquer les hommes dans la répartition des tâches ménagères ou encore l'éducation des enfants.

Emma s'attache à vulgariser des concepts féministes et humanistes difficiles à faire passer dans la société. De son coup de crayon très simple et presque enfantin, elle délivre des messages clairs, drôles et fondamentaux pour bien vivre ensemble.

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Utopia - Björk

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Elle s’épanouit et elle explose, dévoilant des thématiques au féminisme très assumé dans lequel se croisent sexualité et écologie. Organique et orgasmique !
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Ça y est ! Elle revient, en forme, avec un 9e album. L’ovni Björk nous emmène dans une Nature végétale et luxuriante. Une surprise étonnante lorsque l’on découvre les 14 chansons de l’opus, en total décalage avec la pochette angoissante sur laquelle elle s’affiche en chimère kitsch.

En réalité, à y regarder de plus près, on aurait pu comprendre que les trous dans son cou et la baguette dessous symbolisent la flûte. Pour Utopia, la chanteuse a réuni un ensemble de flutistes islandaises et n’hésite pas à créer des ambiances sonores nourries en parallèle de chants d’oiseaux.

L’univers strange de Björk passe de glacial, métallique et synthétique, à une belle journée ensoleillée d’hiver. Elle a le génie de la borderline, celle qui nous tient en haleine, malgré la gêne et le malaise.

On reste parce que l’électricité qu’elle dégage a un côté excitant et stimulant. Dans ce registre, elle s’épanouit et elle explose, dévoilant des thématiques au féminisme très assumé dans lequel se croisent sexualité et écologie. Organique et orgasmique !  

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L'écorce des choses - Cécile Bidault

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Cécile Bidault, de son empreinte de peintre, propose un voyage quasi muet en immersion dans le quotidien de cette enfant sourde et c’est une immense vague d’émotions qui s’en dégage.
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La couverture attire immédiatement le regard. Elle nous inspire une promesse. Celle d’une poésie douce et insaisissable. Promesse tenue. Tout commence un été, avec un déménagement. Dans une maison, à la campagne.

La petite fille, âgée de 9 ans, est atteinte d’une surdité sévère et face à cette différence, ses parents ne semblent pas faire face. Parce que l’apprentissage de la langue des signes n’est pas encore autorisé. Pour établir de nouveaux repères, elle va se réfugier et se bâtir un monde imaginaire.

Au fil des saisons, elle explore, découvre et s’enrichit d’une nature luxuriante, fleurie et colorée aux côtés d’un mystérieux petit garçon. Cécile Bidault, de son empreinte de peintre, propose un voyage quasi muet en immersion dans le quotidien de cette enfant sourde et c’est une immense vague d’émotions qui s’en dégage, qui nous saisit et nous envoie tourbillonner dans la vie de la petite fille qui doit apprendre par elle-même à s’affirmer autrement que par la parole.

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Eghass Malan - Les Filles d’Illighadad

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On se laisse aisément guider par les rythmes mélodieux et le chant apaisant qu’elles nous proposent au sein d’un voyage à 360°, largement ouvert sur le monde et les éléments qui nous entourent.
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Petite, Fatou Seidi Ghali apprend à jouer du takamba (luth à une corde), avant de maitriser la guitare acoustique, instrument plutôt attribué aux hommes. À peine âgée de 20 ans, elle fonde son groupe de musique et c’est le succès assuré.

Entourée de Alamnou Akrouni et Mariama Salah Assouan, elles sont Les Filles d’Illighadad, en hommage au nom de leur village situé dans le Sahara nigérien. Pour leurs mélodies très blues, les musiciennes touarègues chantent l’histoire des Touaregs, les croyances ancestrales, l’amour, la liberté ou encore la condition des femmes.

Sans oublier un des thèmes qui leur tient particulièrement à cœur, la sécheresse. Elles s’accompagnent d’un tambour, le tendé, traditionnellement joué par les jeunes filles durant les célébrations et les longues soirées de la saison pluvieuse.

Le trio nous invite à fermer les yeux et on se laisse aisément guider par les rythmes mélodieux et le chant apaisant qu’elles nous proposent au sein d’un voyage à 360°, largement ouvert sur le monde et les éléments qui nous entourent.

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