Mythos 2013 : La beauté selon Marie-Ève Perron

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Marie-Eve Perron nous a offert, jeudi soir, un grand moment de dérision et de rire, dans le parc du Thabor avec son premier spectacle solo, Marion fait maison.
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Marie-Eve Perron nous a offert, jeudi soir, un grand moment de dérision et de rire, dans le parc du Thabor avec son premier spectacle solo, Marion fait maison.

La conteuse québécoise se glisse dans la peau de Marion, une jeune femme, en couple depuis 4 ans, qui décide d’organiser un cocktail dinatoire pour toute sa famille à Noël. Pendant 42 jours, elle va tester les viandes, se plonger dans les bouquins de recette, dénicher toutes les astuces sur les blogs culinaires et suer derrière ses fourneaux.

Mais la soirée ne va pas se dérouler comme elle l’espérait, voyant débarquer chez elle une équipe de télé-réalité. Sa famille l’a inscrite à une émission de relooking…

La talentueuse Marie-Eve Perron tourne à la dérision les programmes de télé-réalité offrant (forçant) la possibilité à des filles « se laissant aller » d’être entièrement relookées, et ainsi de retrouver confiance en elles. Et il faut avouer que le moment est jouissif.

La comédienne nous propose des situations hilarantes, croustillantes et mordantes, en jouant de son accent et en interprétant à merveille l’hystérie des participantes dont elle prend le contre-pied. Un moment exquis !

Célian Ramis

Mythos 2013 : Balade en mer avec Patrick Ewen

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Il est trop homme de terre pour être marin, Patrick Ewen.
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Mercredi soir, le temps s’est arrêté à la Péniche spectacle, à Rennes. Patrick Ewen a pris les commandes du navire et nous a emmené en balade, dans son univers.

Trop homme de terre pour être marin, c’est l’histoire d’un homme qui aime regarder la mer, qui rêve d’être marin mais qui aime trop la terre pour se jeter à l’eau. Et finalement, il ne veut pas être marin pour son travail mais pour le folklore, le mystère, « pas pour partir, mais pour revenir »… Quel meilleur endroit alors que la Péniche spectacle pour nous conter les aventures des hommes de la mer ?

Patrick Ewen nous embarque avec lui et nous transporte dans le pays bigouden entre Penhors et Saint-Guénolé. De là, il nous emmène en Norvège et nous ramène dans le Finistère, dans un endroit qui lui est cher, les Monts d’Arrée.

Son spectacle est une véritable invitation au voyage, le conteur étant notre compagnon de route, ou de mer dans ce cas précis. Patrick Ewen nous berce de ses mots et de sa musique. A la guitare ou au violon, il est accompagné de Loïc Le Borgne à l’accordéon. Pendant une heure et demie, les deux artistes nous offrent un instant de poésie et d’évasion pendant lequel le temps s’arrête.

Célian Ramis

Mythos 2013 : Sous la couette en toute intimité

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Se reposer, se prélasser dans un lit et écouter un, deux, voire trois contes… telle est l’idée de l’installation-spectacle proposée par la compagnie A l’envers, à la salle Guy Ropartz.
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Se reposer, se prélasser dans un lit et écouter un, deux, voire trois contes… telle est l’idée de l’installation-spectacle proposée par la compagnie A l’envers, à la salle Guy Ropartz. Tous les jours jusqu’au 20 avril, à l’occasion du festival Mythos.

Benoit Gasnier, metteur en scène, et Julie Seiller, chanteuse, ont concocté un beau programme pour la salle Guy Ropartz : les rendez-vous sous la couette. Dans le cadre du festival Mythos, ils proposent aux Rennais un moment de détente pour décompresser. Difficile de raconter ce que l’on vit lors des rendez-vous sous la couette, sans casser la magie qui s’en dégage.

Par petits groupes de cinq personnes, les spectateurs entrent dans la salle. La chaleur et la quasi absence de lumière nous plonge rapidement dans l’intimité et la convivialité de ce rendez-vous. Un homme est assis, il lit un livre. Il nous invite à enlever nos chaussures et à les déposer dans des boites en carton avant d’aller rejoindre la pièce principale, dans laquelle nous attend une femme, en robe blanche. Doucement, dans le silence, elle nous guide jusqu’aux lits, chante avec tendresse et nous sert du thé.

Trente spectateurs sont blottis sous la couette, curieux de découvrir la suite. Certains scrutent, d’autres ferment les yeux. Et, surprise, c’est François Lavallée, conteur inscrit dans la programmation de Mythos pour son spectacle Les Autres, qui entre. Les festivaliers se laissent embarquer par les histoires de ce québécois qui nous berce, jusqu’au moment où l’on se laisse sombrer dans un sommeil léger.

Un sommeil qui nous repose mais qui nous laisse suffisamment éveillé pour apprécier cette proposition originale et pour entendre les murmures du conteur. Il parle et marche doucement, passe à côté des lits et frôle les spectateurs : « J’ai vraiment beaucoup aimé pouvoir avoir cette proximité avec le public. Mais ça donnait quand même envie d’être à leur place !!! » Et il ne se privera pas pour s’allonger dans un lit !

Chaque jour, le duo A l’Envers reçoit un invité surprise dans les rendez-vous sous la couette, avant d’enfiler des costumes différents, pour le spectacle Ici ou Ailleurs, à découvrir également sur le site Guy Ropartz.

Célian Ramis

Mythos 2013 : La drôle de tragédie du belge

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La tragédie du Belge, mis en scène par Sonia Bester, était présentée mercredi midi, dans la Baraque bistrot du site Guy Ropartz.
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La tragédie du Belge, mis en scène par Sonia Bester, était présentée mercredi midi, dans la Baraque bistrot du site Guy Ropartz.

Dans le cadre du festival Mythos, les spectateurs ont pu découvrir une partie de La tragédie du Belge. En effet, trois actes sont prévus pour cette pièce, mais seulement deux ont été présentés sur le site Guy Ropartz. « Nous, on connaît la fin bien évidemment mais nous ne l’avons pas encore travaillé », expliquera Sonia Bester, metteur en scène, après la représentation. De quoi inciter le public à suivre de très près les actualités de cette tragédie.

Une tragédie, oui. Le Belge, tourmenté par sa femme despotique et hystérique, s’éprend de la dépressive et solitaire Olga, qu’il rencontre en Terre de France. Il décide alors de reprendre sa liberté et de rejoindre sa bien-aimée. Mais il va devoir assumer les conséquences de ses actes…

Sur scène, cinq comédiens qui vont tour à tour entrer dans la peau de chacun des personnages, donnant une dimension originale et humoristique à des situations souvent absurdes. En bonus, ils nous offrent un chœur chantant et réadaptant des comptines ou chansons pour enfants, dont les arrangements ont été réalisés par Camille, dont on reconnaitra facilement le phrasé.

La tragédie du Belge a été très appréciée du public, qui réserve à toute l’équipe de Sonia Bester un bon lot de rires et un tonnerre d’applaudissements. Et même si on ne connaît pas la fin, on ne reste pas sur notre faim !

Mythos 2013 : Lou Doillon, légère et envoûtante

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C’était au tour de Lou Doillon, hier soir, de réchauffer l’ambiance dans le Magic Mirror installé sur le carré Duguesclin (parc du Thabor).
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C’était au tour de Lou Doillon, hier soir, de réchauffer l’ambiance dans le Magic Mirror installé sur le carré Duguesclin (parc du Thabor).

La voix éraillée, chaude et envoûtante, Lou Doillon commence son spectacle sur des rythmes pop rock et nous plonge directement dans son univers. Pendant une heure et demie, elle va enchainer les morceaux de son premier album, Places.

« Comme il y en a qu’un, nous avons que onze chansons. Nous allons faire des reprises », déclare la chanteuse. Et c’est parti pour une nouvelle version, très soul, de « Should I stay or should I go », du groupe The Clash. De la soul, elle en a dans la voix. Et dans ses morceaux, il y a de la folk, du blues et un peu de pop.

Lou Doillon se montre très proche de son public, toujours quelques mots pour eux entre les chansons et beaucoup de sourires, de rires, mais aussi une touche de pudeur. La chanteuse impose de par sa présence scénique, de par sa façon de bouger timidement et de par sa complicité avec ses musiciens. Un agréable moment pour les spectateurs, qui découvrent une jeune femme fragile et rebelle.

Mythos 2013 : Les voyages mythiques de Guylaine Kasza

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Le 18 avril, Guylaine Kasza, conteuse et comédienne, présentera Les voyages de Médée au Carré Sévigné. Une mise en lumière de deux femmes passionnées dans le cadre du festival Mythos.
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Jeudi 18 avril, à 20h, Guylaine Kasza, conteuse et comédienne, présentera Les voyages de Médée au Carré Sévigné, à Cesson-Sévigné. Une mise en lumière de deux femmes passionnées dans le cadre du festival Mythos, qui s’installe à Rennes du 16 au 21 avril.

Faire un parallèle entre Médée et Guylaine Kasza serait maladroit. Mais elles ont en commun la passion et l’amour. Le duo risque d’être explosif jeudi soir au Carré Sévigné. Depuis 30 ans, Guylaine Kasza baigne dans l’univers des arts du récit et des mythes. « Ce qui est fabuleux en vieillissant, c’est de constater que les mythes résonnent encore aujourd’hui », déclare-t-elle. Ce qu’elle aime, c’est l’incessant va-et-vient entre la littérature orale et le théâtre.

Le passage de la mythologie à la tragédie grecque : « La tragédie a été inventée l’homme grec pour sonder les abîmes de l’âme humaine et pour éveiller le spectateur ».

Des voyages et des spectacles

Depuis 15 ans, Guylaine Kasza voyage beaucoup pour réaliser ses projets : « c’est une création qui germe entre la rencontre avec un auteur et mon séjour sur place ». Ca peut être une adaptation de l’écrivain Gabriel Garcia Marquez avec des musiciens en Colombie ou une envie de marcher dans les pas d’un poète assassiné en Afghanistan.

Ce voyage sera d’ailleurs une révélation pour la conteuse : « C’est un pays extraordinaire avec des gens fabuleux. Aller là-bas, c’est l’occasion de dépasser les a priori. Je ne vais évidemment pas vous dire que tout était merveilleux mais ça m’a bouleversé dans ma vie et dans mon intimité ». Durant son périple, elle a dans sa poche Antigone, le récit d’une femme « qui veut parler, qui lutte et qui va crever dans sa grotte ».

En parallèle, à Khaboul, elle croise des femmes portant la burqa dont une intellectuelle, très jeune, très révoltée. « Elle m’a dit qu’elle se sentait comme enfermée dans un cercueil avec juste un peu d’air. Antigone + la rencontre d’une autre culture + toutes ces femmes sous la burqa… Je me suis intéressée à d’autres figures féminines, je suis une chercheuse et j’aime créer des spectacles pas forcément faciles », explique Guylaine.

Médée la solaire, Médée la battante

Entre tragédie, mythologie et figure féminine, elle en vient à s’intéresser à l’histoire de Médée. Elle se passionne surtout pour ce qui se raconte avant qu’Euripide ne fasse évoluer Médée du mythe à la tragédie. Pendant trois ans, Guylaine Kasza va fouiller dans l’histoire de cette grande déesse : « Je cherchais des nouveaux points de vue, j’ai donc interrogé des spécialistes de ce personnage et des spécialistes de la tragédie ». Et elle s’est aussi rendue sur place entre la Géorgie et l’Arménie, la terre natale de Médée. Dans les textes, cette dernière est une figure monstrueuse, une mère infanticide, une épouse trahie qui assouvira sa colère dans le crime et dans le sang.

L’aventurière-conteuse-comédienne veut lui rendre son visage, sa dignité et son histoire. « C’est une femme qui veut prendre son destin en main. Fille de roi, prêtresse, considérée comme grande par son peuple, elle va oser quitter son royaume, trahir son père et parcourir le monde avec l’homme qu’elle aime », raconte Guylaine. Cet homme va perdre son trône et va vouloir le récupérer à tout prix. Même s’il doit épouser la fille d’un autre « juste pour pouvoir poser son cul sur un trône ».

Meurtrie, Médée va alors se rappeler qui elle est « et c’est terrible car elle est aussi magicienne, côtoie le monde d’en haut et le monde d’en bas ». Elle va faire preuve d’une violence extrême, tuer sa rivale, incendier le palais, puis commettre l’acte ultime : l’infanticide. Que l’amour soit au centre, ça lui plait. Que ce soit une exilée, une étrangère, ça lui plait. Et traiter de la question de l’altérité, ça lui plait.

La passion, l’amour

Dans Les voyages de Médée, la comédienne nous transporte dans l’univers d’une femme d’aujourd’hui qui va mal et qui va mettre des mots sur ses maux. Elle replace alors ce mythe dans un contexte contemporain. Depuis 10 ans, elle consacre ses spectacles à l’amour : l’Autre nous permet de gonfler notre égo mais nous plonge dans un profond mal-être quand il n’est plus là. « Ce n’est pas pour autant que notre vie est terminée », dit-elle.

Et ce rapport avec l’Autre, Guylaine le cherche constamment, au cours de ses voyages mais aussi au quotidien : « Quand je pars, chaque jour ressemble à une aventure. Quand on rentre, on veut l’appliquer à notre vie ». Et en revenant de Jordanie, elle a tenté l’expérience chez elle, à Saint-Brieuc. Elle nous confie que ça a marché mais que c’est compliqué de ne pas être envahi par les tracas du quotidien : « L’affaire Cahuzac, les infos, le stress de l’agenda pour l’an prochain… ».

Guylaine Kasza est donc une passionnée de voyages, des arts du récit, qui se nourrit de ses aventures, de ses rencontres et de ses recherches. Accompagnée des musiciens Clément et Thomas Peyronnet, elle crée une véritable mise en scène pour cette représentation théâtrale d’un spectacle violent, qui fait des allers-retours entre le théâtre contemporain et le mythe revisité.

Jeudi 18 avril – 20h – Carré Sévigné à Cesson-Sévigné – 1h15

Célian Ramis

Polar rennais : Docteur Lys et Miss Calibre

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Rencontre avec Valérie Lys, la seule femme du collectif rennais Calibre 35.
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Deux ans après sa création, Calibre 35, collectif rennais d’auteurs de polar dégaine Rennes, ici Rennes, recueil de dix nouvelles fleurant bon la capitale bretonne. Seule femme à poser sa plume sur les pages blanches de ce livre noir, Valérie Lys, médecin biologiste le jour, écrivain la nuit, évoque pour YEGG Des cendres à Montfort, savoureux cocktail de médicaments, d’incinération et de terrorisme.

YEGG : Comment avez-vous intégré Calibre 35 ?

Valérie Lys : J’ai été contacté par David Khara et Fréderic Paulin fin 2011 lors d’un salon du polar à Chevaigné (35). J’écris depuis toute petite, influencée par Proust ou Borges, et cela m’apporte du plaisir mais il est difficile d’être éditée, surtout que je n’ai pas l’ambition de faire de l’écriture mon métier. Mais faire partie du collectif peut donner un coup de pouce aux auteurs et faciliter l’édition, c’est positif.

Quel lien entretenez-vous avec les autres auteurs du collectif ?

Nous nous réunissons de temps en temps mais nous sommes surtout en liaison par mail ou Facebook. Pendant l’écriture de Rennes, Ici Rennes, chacun a travaillé de son côté, il n’y a pas eu d’écriture collective. C’est davantage un prétexte pour faire connaître les différents auteurs. Et de toute façon, chacune des nouvelles a un style bien particulier qui dépend de celui de l’écrivain. Le mien est plus classique et plat que les autres, mais je dois avouer que j’ai particulièrement la nouvelle de Léonard Taokao, Ad Rennes Aline.

Vous avez l’habitude, dans vos romans, des intrigues qui se déroulent dans les environs de Rennes. La contrainte ici en était-elle vraiment une ?

Non, ce n’était pas vraiment une contrainte. C’est une facilité pour moi d’écrire sur mon quotidien, sur les lieux et les personnes que j’ai l’habitude de fréquenter. La contrainte était plutôt celle du format d’écriture. Dans un polar, le lecteur doit constamment réfléchir. Avec une nouvelle, on ne peut pas installer un climat et donc une intrigue très travaillée.

C’est ce qui explique l’absence de meurtre dans votre nouvelle, contrairement aux neuf autres ?

J’ai choisi de ne tuer personne car le format de la nouvelle est, en effet, trop court pour cela. Mais la mort est quand même très présente puisqu’une des premières scènes se déroule dans le crématorium de Montfort-sur-Meu. Selon moi, dans un polar, il faut des études de comportement, des descriptions, c’est peut-être le côté féminin. On aime, en tant qu’auteur, prendre notre temps et retourner les situations. Avec la nouvelle, il faut aller droit au but.

A défaut de meurtre, il est question d’un trafic de médicaments, sur fond de terrorisme… Votre connaissance du monde de la santé vous a-t-elle aidée voire inspirer ?

Au départ, je ne voulais pas écrire sur le médical. Mais c’est sans doute plus fort que moi ! Mon métier ne m’a pas particulièrement aidée, en revanche, c’est vrai que je suis allée à l’hôpital Guillaume Régnier à plusieurs reprises. La psychiatrie revient donc souvent dans mes histoires. Quant au trafic de médicaments, c’est de l’imagination, je ne le constate pas dans mon environnement et je ne veux pas spécialement pointer du doigt l’industrie pharmaceutique même si elle est imparfaite et qu’elle a une mauvaise image.

Vous soulevez aussi la question du racisme ordinaire avec l’omniprésence de prénoms étrangers…

Oui je le dénonce volontairement, sans pour autant prendre partie. Il y a une atmosphère particulière, pleine de clichés. Je voulais jouer avec. Que chaque personnage puisse être à un moment donné soupsonné.

A propos des personnages, vous ne mettez en scène que des hommes à l’exception de Myriam et des décédées, pourquoi ?

Je préfère parler des hommes que des femmes. D’ailleurs je suis plus souvent entourée d’hommes que de femmes dans la vie. Il y a sans doute de la pudeur de ma part, je parle à travers les livres. Je ne veux pas que le lecteur pense que si le narrateur ou personnage principal est une femme, c’est forcément de moi dont il s’agit. Il y a beaucoup de moi dans le style d’écriture qui est relativement classique et évidemment féminin, mais je ne suis pas présente dans la nouvelle.

Le format est nouveau, l’éditeur aussi… Comment s’est déroulée la collaboration avec Critic ?

Ce fut laborieux ! Le point positif, c’est que c’est un éditeur très perfectionniste qui nous fait des retours, chose un peu inédite pour moi. Nous étions très encadrés. Il a fait une première correction, puis une deuxième, une troisième, une quatrième… Au final, avec plusieurs auteurs, on se demande si l’éditeur ne voulait pas écrire le livre (rires) !

Quel regard portez-vous sur Des cendres à Montfort ?

Le niveau est très moyen, le format nouvelle y est pour beaucoup. C’était une commande et je n’avais pas le feu sacré lors de l’écriture. Ce n’est pas mon enfant contrairement aux autres romans. D’ailleurs, je me demande quel public va pouvoir acheter le livre car on ne voit pas vraiment qu’il s’agit de polar.

Célian Ramis

Élégance et sensualité à la Nuit de la mode

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Espace des 2 rives, Rennes
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Le 5 avril dernier, la mode était à l’honneur à l’occasion de la Nuit des 4 jeudis, transformée à cet effet en Nuit de la mode. Et ce soir-là, les spectateurs ont pu assister à un défilé, organisé par l’école rennaise de stylisme et de modélisme.
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Le 5 avril dernier, la mode était à l’honneur à l’occasion de la Nuit des 4 jeudis, transformée à cet effet en Nuit de la mode. Et ce soir-là, les spectateurs ont pu assister à un défilé, organisé par l’école rennaise de stylisme et de modélisme.

C’est dans le parking de l’Espace des 2 Rives que se tenait la manifestation, centrée sur la mode. Stands de maquillage, de coiffure, de fringues et de shooting photos… les Rennaises étaient nombreuses à participer aux différentes animations proposées. Au centre du lieu, un podium avec des chaises installées de chaque côté. Entre 22h et minuit, trois sessions de défilé étaient organisées, afin que tout le monde puisse assister à l’événement phare de la soirée.

Une quinzaine d’étudiantes de l’école Esmod se sont essayées à l’art du mannequinat en présentant les créations minutieusement réalisées par leurs camarades de 3e année, à Paris. Des robes noires de soirée et des tenues bas noir – bustier blanc (voir ci-dessous) ont été présentées aux spectateurs, quelque peu dissipés. Le défilé, qui durait environ une dizaine de minutes pour chaque session, nous offrait un spectacle réjouissant grâce à une grande diversité des proposition et des modèles gracieuses portant des créations à la fois élégantes, sexy et travaillées avec le souci du détail.

Célian Ramis

Les Embellies : Ils font le festival 2/2

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Antipode, Rennes
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Deuxième soir aux Embellies : à la rencontre des artistes.
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Vendredi 22 mars, le festival Les Embellies investissait L’Antipode. Rencontres avec Françoiz Breut et Mesparrow.

Sur scène, quatre groupes se succèdent : Piano Chat, Françoiz Breut, Mesparrow et BRNS. La salle est remplie. A quelques pas, dans le hall de l’Antipode, est exposé le travail de Françoiz Breut (lire notre article Les Embellies : des histoires poétiques en boite !).

Christelle, festivalière, flâne dans l’exposition : « Je suis venue justement pour Françoiz Breut, en tant que chanteuse. Et je découvre ses œuvres, j’aime beaucoup, c’est poétique ». Elle avait déjà assisté à la fin d’un concert de Piano Chat. Ce vendredi soir, elle arrive en retard « et le rate, n’entendant que la fin encore une fois ! ». Elle aura tout de même le temps de découvrir Mesparrow, qu’elle ne connaissait pas, mais insiste en rigolant : « Je suis surtout là pour Françoiz Breut ».

Et cette dernière, à la fin de son concert, vient discuter avec des amis à deux pas de son exposition. Si au départ, elle se destinait uniquement à une carrière dans le dessin, sa rencontre avec Dominique A va la mener à la chanson. « C’est comme ça que j’ai commencé à chanter et à monter sur scène. Puis il a composé mon premier album », explique-t-elle.

Petit à petit, la cherbourgeoise d’origine aujourd’hui bruxelloise d’adoption va faire son chemin et sa place dans la chanson française. « J’y prends beaucoup de plaisir. Et à partir du 4e album, j’ai commencé à composer, c’est agréable. J’aime jouer avec les mots, c’est infini et très ludique même si la langue française, qui est ma langue maternelle donc celle avec laquelle je me sens le plus à l’aise, n’est pas très malléable et moins souple que l’anglais par exemple », précise Françoiz. Elle aime aussi la scène et le rapport avec le public, qu’elle a rejoint le temps d’un duo lors de son concert : « J’aime être proche des gens et casser la distance avec le public ».

La soirée défile à toute vitesse. Mesparrow a terminé son concert et profite de quelques morceaux joués par BRNS. La Tourangelle connaît bien Rennes pour y avoir joué lors des Bars en Trans et des Tombées de la nuit. Elle connaissait aussi les Embellies et semble ravie de sa participation au sein de la programmation :

« L’accueil a été bon, je suis très contente ». Mesparrow a commencé la musique très jeune, « à l’école de musique, en faisant du piano et en étant dans une chorale ». Et elle n’a jamais laissé tomber la musique et s’est inspirée de différentes influences « allant du vieux jazz que mes parents m’ont fait écouter à des musiques inde, rock et folk, en passant par Barbara ».

Et ce mélange n’est pas pour nous déplaire ! Sa performance a particulièrement plu aux festivaliers. Seule sur scène, elle offre au public des chansons à voix puissante, qu’elle enregistre et répète grâce à une pédale à boucles et des sons enregistrés. Seule sur scène, ça lui plait : « J’ai eu plusieurs groupes de musique depuis le collège. Mais j’étais frustrée, je ne pouvais pas exprimer ce dont j’avais besoin ».

Elle se lance donc en solo et début mars, sort son premier album (lire notre critique dans notre prochain numéro de Yegg, avril 2013).

La soirée a été une réussite pour le festival Les Embellies qui a marié une programmation éclectique à une ambiance chaleureuse et festive.

Célian Ramis

Temps fort : Extrémités, le spectacle qui fait trembler

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Théâtre du Vieux Saint-Etienne, Rennes
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L'association de production Ay-Roop prend des risques en présentant le spectacle Extrémités. Et nous, on aime les risques.
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Pour la première soirée de son Temps fort, Ay-Roop accueillait le Cirque Inextremiste, jeudi 28 mars, au théâtre du Vieux Saint-Etienne, pour présenter Extrémités, un spectacle bondissant.

On pourrait penser que le trio du Cirque Inextremiste est complètement barjo. Et on n’aurait pas forcément tort. Jeudi dernier, dans l’imposant théâtre du Vieux Saint-Etienne, les trois circassiens ont joué avec les nerfs des spectateurs, prévenus au préalable que les personnes présentant des risques cardiaques étaient invitées à quitter la salle.

La scène est vide. Dans le fond de la salle, plusieurs planches de bois et des bouteilles de gaz orange. Un des artistes, en fauteuil roulant depuis un accident de trapèze, entre et s’installe sur une planche, posée au sol. Il appelle à l’aide.

Ses deux compagnons vont alors s’en donner à cœur joie en le malmenant tour à tour, en lui piquant ses objets et sa chaussure, qu’ils se feront un plaisir de lancer à plusieurs reprises dans le public. Après quelques minutes de jeu expressément puéril, les choses « sérieuses » commencent. La planche est installée sur une bouteille de gaz. Les deux compagnons d’un côté, le circassien en fauteuil roulant de l’autre.

Avec une difficulté supplémentaire pour ce dernier qui se tient en équilibre sur les roues de son fauteuil. C’est là que le rythme cardiaque des spectateurs s’accélère, les poussant à lancer quelques onomatopées de stupeur et d’angoisse. D’autres bouteilles de gaz et d’autres planches vont se rajouter aux différentes installations mises en place au fur et à mesure du spectacle et plusieurs exercices d’équilibre vont s’enchainer. Le stress règne dans le public, qui retient par moment sa respiration.

Ça se gâte !

Tout est parfaitement maitrisé du côté des artistes qui se lancent dans un jeu jouissif de mimes et de discrimination envers « le plus faible », comme on peut y assister dans une cour de récréation. Tout est parfaitement synchronisé et chorégraphié. Sans pour autant nous offrir un spectacle lisse et dénoué de rebondissements. Le trio est sans cesse en interaction avec le public qui s’amuse aussi à se moquer du circassien handicapé, en s’appliquant à ne pas lui rendre sa chaussure. Jusqu’au moment où cette dernière lui est restituée.

Il se fera alors un malin plaisir à faire venir une jeune femme assise au premier rang sur la scène afin de le rechausser. Mais la supercherie ne s’arrête pas là, puisque la spectatrice est invitée, voire forcée, à exécuter quelques pas de danse avec un des deux compères qui regardait la scène d’un air malicieux. Une petite chorégraphie qui amènera le duo à monter sur la planche. En position de danse de salon, « le bras pas trop rigide et les jambes bien tendues », ils s’apprêtent à bondir dans les airs. La bouteille de gaz, posée à l’horizontal, permet à la planche de faire balançoire.

L’un s’élance d’un côté, le duo décolle de l’autre et vice-versa pendant quelques secondes, ou minutes (la notion de temps étant complètement obsolète à ce moment-là). Des chandelles, un salto arrière (pour l’artiste seul) et encore des chandelles… Une sensation de peur mais aussi une sensation de légèreté et une immense dose d’adrénaline.

Le spectacle s’achève sur une note explosive. Les bouteilles de gaz, groupées, sont mises sur le devant de la scène, l’une d’elles accueillant une mèche, qui sera bien évidemment allumée par le circassien, cigare au bec, qui a relevé son fauteuil de manière à pouvoir se sentir debout. On en ressort les jambes tremblantes, le sourire aux lèvres et des cabrioles incroyables en tête.

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