Célian Ramis

Travelling : Douceur et chaleur de la danse afro-brésilienne

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Travelling se saisissait de sa carte blanche, lors des Premiers dimanches, pour égayer les Champs Libres aux couleurs du Brésil, thème du festival qui s’est déroulé à Rennes du 25 février au 4 mars.
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Dimanche dernier, Travelling se saisissait de sa carte blanche, lors des Premiers dimanches, pour égayer les Champs Libres aux couleurs du Brésil, thème du festival qui s’est déroulé à Rennes du 25 février au 4 mars.

Et c’est ce dimanche que les Champs Libres ont battu le record d’affluence, à l’occasion des Premiers dimanches, avec plus de 19 000 visiteurs.

À 15h, les spectateurs se sont réunis en nombre dans le hall de l’établissement. Pour cause : la compagnie Ochossi – créée en 1996, sous la direction de Pedro Rosa, dans le but de susciter et d’approfondir les liens et contacts entre talents artistiques de toutes origines, de diffuser la culture brésilienne et contemporaine en Bretagne, en France et à l’échelle internationale – présentait Tumaraca, une pièce chorégraphique pour huit danseurs et sept musiciens. Une pièce librement inspirée du Maracatu, une « danse-cortège-procession » de tradition afro-brésilienne. Plus précisément un rituel brésilien hérité de l’histoire des esclaves en hommage aux rois noirs.

Ici, la compagnie Ochossi adapte cette danse traditionnelle – typique de Recife et d’Olinda au Pernambuco, et des états de Paraiba et d’Alogoas au Brésil – à la danse contemporaine, tout en conservant l’esprit des festivités. Les costumes gardent les couleurs et les codes de la fête traditionnelle, en les simplifiant. Les danseuses – et danseurs – sont principalement vêtues de blanc, allié à une couleur supplémentaire, rappelant ainsi certains costumes africains.

Les musiciens, situés sur le premier palier des escaliers, surplombant ainsi les danseurs et les spectateurs, sont habillés d’un pantalon blanc et d’un haut rouge. Les rythmes de la batucada (musique avec les percussions traditionnelles) sont joyeux, festifs et puissants. Une puissance traduite dans les mouvements ronds, amples et gracieux de la chorégraphie.

Le public se laisse envoûter par l’intensité de la musique et embarquer par la joie que dégagent les artistes, synchronisés et qui font corps avec les sons des percussions. Chacun bat la mesure, frappe dans ses mains et active, même timidement, son corps. Car les corps présents pour ce spectacle ne peuvent rester indifférents face au mélange afro-brésilien, un mélange très solaire, qui fait appel à la souplesse, et à la tonicité, des bras, des jambes et du bassin.

Douceur et chaleur se mêlent dans le hall des Champs Libres et l’esprit festif atteint son apogée quelques minutes avant la fin de la représentation, lorsque les musiciens viennent se mêler aux danseurs et aux visiteurs, les invitant ainsi à venir déambuler et danser à l’entrée de la structure. Un moment de partage, de joie et d’échange qui s’avère remporter un franc succès, amplement mérité.

Célian Ramis

Travelling : La capoeira, art martial made in Brasil

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Dans le cadre du festival Travelling, l’association Vida de Capoeira était présente samedi à l’étage du Liberté.
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Dans le cadre du festival Travelling, l’association Vida de Capoeira était présente samedi à l’étage du Liberté. Venue de Paris, elle proposait au public une initiation et une démonstration de capoeira, numéro 1 des sports au Brésil. Parmi ses membres, des femmes : Amendoa et Pimenta. Présentation.

Samedi, 14h : un cours d’une heure est proposé au public du festival Travelling. Une dizaine de personnes sont présentes et attendent avec sérieux les instructions des membres de l’association Vida de Capoeira. Pieds nus et décontractés, ils s’initient à la discipline martiale la plus populaire du Brésil : la capoeira, avec au programme : l’apprentissage de la jinga (le salut), de l’esquive et du coup de pied (queixada). Le cours est animé par plusieurs athlètes,  dont l’instructeur, Milho Verde, sacré champion de France et d’Europe en 2013.

Parmi eux, une non gradée  est présente : Amendoa, 33 ans. Elle exerce la capoeira depuis 4 ans et partage ce jour-là les bases de son sport favori. Avec patience, elle montre aux participants les gestes précis de cet art martial : « J’aime la capoeira, car c’est un monde très grand, avec toute une culture. Il comprend la lutte, le rythme, l’apprentissage du brésilien, de l’histoire, des instruments et la compréhension des chansons ».

A 18h, une démonstration de Capoeira est organisée. Chaque sportif prend place et enchaîne les mouvements acrobatiques au sol et dans les airs, au rythme des percussions (atabaques/pandeiros) et des instruments à cordes (berimbaus). Certains participants à l’initiation les rejoignent. C’est le cas de Tia, « la ballerine » comme ils la surnomment. Quelques heures auparavant, elle avait appréciée le cours : « L’esprit y était très coopératif », témoigne-t-elle.

Au micro, Pimenta présente au public sa discipline mais aussi son projet de long métrage Rasteira dont  le teaser est diffusé depuis le début du festival. Elle souhaite réaliser un film sur la capoeira et demande au public de participer au financement de son projet. Elle est championne de France 2010 et fait partie du groupe de capoeira ABADA, fondé à Rio par le capoeiriste brésilien Mestre Camisa. Depuis quelques temps, elle n’exerce plus son sport.

Et pour cause : « À 7 mois et demi de grossesse, je fais attention. C’est un sport physique où l’on travaille toutes les parties du corps ». Née au Brésil, la capoeira est un art martial pratiqué, à l’origine, par les esclaves africains. « Ils arrivaient à Bahia au nord du Brésil et ne parlaient pas les mêmes langues dans les plantations. Du coup, ils ont développé un autre moyen de communication », raconte la jeune femme.

Célian Ramis

Travelling : À la santé du Brésil !

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C’est dans le cadre de Travelling Rio que les festivaliers ont pu déguster la traditionnelle eau-de-vie brésilienne, la cachaça. De quoi étancher sa soif de culture…
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C’est dans le cadre de Travelling Rio que les festivaliers ont pu déguster, jeudi 27 février, la traditionnelle eau-de-vie brésilienne, la cachaça. De quoi étancher sa soif de culture…

À l’Étage du Liberté, la foule afflue jeudi soir. Certains attendent le blind-test, organisé par les animateurs de l’émission Le cinéma est mort (Canal B). D’autres trainent dans la salle en attendant une séance qui les fera voyager de Rennes à Rio. Ils en profitent alors pour venir déguster le spiritueux brésilien, proposé par la boutique rennaise Whisky & Rhum.

« Nous venons tous les ans, pour les films, l’ambiance… Et là, nous en profitons pour participer à la dégustation », explique une festivalière, accompagnée de deux amis. Ils ont pris un ticket pour siroter les 3 cachaça qui figurent parmi les quelques 4 000 marques produites au Brésil : « C’est un peu dur en apéro, il vaut mieux y aller progressivement. C’est assez fort au nez, très alcoolisé. Mais nous sommes là pour découvrir la cachaça pure ! »

Hommes et femmes défilent devant la table, installée au pied de la scène, pour venir prendre un verre et discuter, ou non, avec les professionnels puisque la dégustation prend la forme d’un buffet payant.

Lors de la précédente édition, Julian Hutchings, conférencier et dégustateur de whisky indépendant, proposait une dégustation de l’eau-de-vie tant appréciée des écossais, accompagnée de mets adaptés à la boisson. Cette année, les propriétaires de la cave Whisky & Rhum organisent à leur tour une dégustation chaleureuse – Rio oblige –  visant à présenter différentes cachaça.

Anna est polonaise et a ouvert la boutique, avec son collègue, il y a six ans. « Nous avons travaillé dans les caves à whisky en Écosse et en venant en France, nous avons voulu ouvrir le même type de cave. D’abord concentrés sur le whisky, nous avons ensuite élargi au rhum car c’est une boisson qui rassemble beaucoup de monde aujourd’hui », explique-t-elle.

La popularisation du rhum, l’augmentation de sa qualité, la diversité de choix et le prix constituent autant de raisons pour fidéliser ses adeptes. « La cachaça est très similaire au rhum puisqu’elle est faite à partir du pur jus de canne à sucre. C’est le temps de fermentation qui change principalement », précise Anna.

Les festivaliers peuvent savourer un, deux ou trois verres parmi une sélection de 3 breuvages brésiliens. Une cachaça blanche, haut de gamme, non filtrée, non colorée, « très réputée à Sao Paulo ». Une cachaça de 13 ans d’âge, non filtrée et non colorée également, issue d’un seul fût. À peine posée sur les lèvres, l’eau-de-vie vient chauffer le palais et enflammer la trachée, tout en dégageant des arômes très ronds et sirupeux.

Et une caipirinha, célèbre cocktail à base de cachaça. Très frais, il se boit « à toute heure de la journée au Brésil, car il est véritablement rafraichissant ». Citron vert, sucre blanc, cachaça blanche et glaçons, la recette de la caipirinha, qui signifie « la petite rustique », connaît de nombreuses variantes puisque l’alcool brésilien peut être remplacé par de la vodka ou du rhum.

Célian Ramis

Travelling : Ambiance de Rio avec la Roda de Choro

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Au deuxième jour du festival Travelling se déroulait le « live » de la Roda de Choro. Un bœuf improvisé par les musiciens du Club de la ville, avec à leur tête, une femme : Karine Huet.
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Au deuxième jour du festival Travelling se déroulait, hier soir, au Liberté à Rennes, le « live » de la Roda de Choro. Un bœuf improvisé par les musiciens du Club de la ville, avec à leur tête, une femme : Karine Huet.

Dès 21h, 4 hommes et 1 femme prennent place sur scène avec la ferme intention de faire danser le public, venu en nombre pour les écouter ! Il s’agit des musiciens du Club de Choro de Rennes, qui ont pris l’habitude de se rassembler toutes les semaines depuis sept ans.

Accompagnés de leurs instruments, pour certains au nom exotique, pour d’autre plus classiques : c’est ainsi que s’accordent pêle-mêle pendeiro (tambourin), cavaquinho (petite guitare), rebolo (percussion plus basse), guitare à 7 cordes et accordéon. Leur prestation démarre. « On ne sait pas ce qu’on va jouer, c’est le principe de la roda », explique au micro, Karine Huet, la fondatrice et coordinatrice de ce rassemblement de musiciens.

Tous passionnés de choro, ils entament leur première improvisation. C’est sous ce nom que l’on désigne la plus ancienne musique populaire du Brésil. « Créé à la fin du 19ème siècle, elle est issue d’un métissage : à la fois des rythmes de la musique africaine, mais aussi des sonorités plus européennes, comme la polka », raconte Karine Huet.

Un style difficile à jouer, selon elle, « qui demande de la variation, des improvisations autour de thèmes variés et un répertoire énorme de grands compositeurs, tel que Pixinguinha ou Jacob do Bandolim ».

 

L’ambiance d’un bar à Rio

Dans la salle, la foule se rassemble et quelques pieds commencent à battre la mesure. Un sixième musicien rejoint le groupe et commence à jouer du triangle. « Faites comme si vous étiez dans un bar à Rio, ce n’est pas un concert ! », s’exclame  Karine Huet. Ici, on peut danser, boire et personne ne s’en prive !

On peut ainsi profiter du spectacle en sirotant une petite cachaça (eau de vie traditionnelle brésilienne). Au bout d’une heure de célébration, certains hommes claquent des doigts, certaines femmes se déhanchent et les couples de danseurs se forment. La chaleur de Rio est entrée à l’Étage du Liberté. Karine Huet est à l’accordéon, elle chante aussi au micro, les musiciens permutent et les applaudissements résonnent.

Hier soir, le club de choro de Rennes avait un objectif : faire connaitre sa musique  – qui se danse traditionnellement – et sortir des clichés associés régulièrement à la tradition musicale brésilienne. « Parce qu’il existe autre chose que la samba et la bossa nova », explique Ronan Maguet, percussionniste.

« Le choro est très lié à Rio. On sort des sentiers battus et c’est bien que le public découvre un nouveau style de musique » ajoute Karine Huet.

Pour faire durer le plaisir et danser jusqu’au bout de la nuit :  Notez que dès le 11 mars 2014, le Club de Choro de Rennes jouera à la Cave de l’Opéra, à Rennes, tous les mardis, à 21h.

Célian Ramis

Le beau regard de Nicole Garcia

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C’est ce mercredi que sort le nouveau film de Nicole Garcia, Un beau dimanche. La réalisatrice, accompagnée de Louise Bourgoin et Pierre Rochefort, était à Rennes pour l'avant-première.
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C’est ce mercredi que sort le nouveau film de Nicole Garcia, Un beau dimanche. La réalisatrice, accompagnée de Louise Bourgoin et Pierre Rochefort, était à Rennes vendredi 31 janvier pour présenter cette œuvre en avant-première au cinéma Gaumont.

« Le film a commencé autour de la personnalité de Pierre Rochefort, explique Nicole Garcia. Sa réserve, sa douceur, son innocence, son côté solitaire mais aussi aventureux, ses contradictions. Il m’a inspiré le personnage de Baptiste ». Baptiste est un instit’ remplaçant qui ne reste jamais très longtemps au même poste. En contrat dans le sud de la France, il se retrouve à s’occuper d’un enfant lors du week-end de Pentecôte et rencontre Sandra, la maman de Mathias, saisonnière dans un restaurant à Montpellier.

« C’est la première fois que je place, de manière aussi décisive, l’amour au centre d’un de mes films », déclare Nicole Garcia. Un film qui démarre autour d’une équation simple : « lui, elle et un enfant qui les relie ».

Les personnages sont symboliques des œuvres de Nicole Garcia. Endormis au départ, ils se relèvent et se révèlent. Baptiste est discret, réservé, il cultive une part de mystère. Sandra rêve de sortir de sa situation précaire. « Il va dire non à son héritage, il a besoin de rupture avec sa famille qui vient d’un autre milieu. Et elle, elle veut s’en sortir par elle-même, elle vit sa vie avec son temps et son époque », explique la réalisatrice de L’adversaire. Il y a en eux des enjeux existentiels, un besoin de délivrance de chaque côté.

Que ce soit l’envie de fuir ses origines ou fuir les difficultés financières. Nicole Garcia capte les spectateurs à travers le réalisme de l’histoire ancrée dans un contexte social lourd dans lequel elle oppose les milieux sociaux, brise les préjugés et pose un regard assez juste. Elle saisit également les forces et les contrastes des acteurs qu’elle fait jouer. « J’ai été vraiment touchée qu’elle m’imagine ailleurs, dans un autre registre et qu’elle me fasse confiance pour être à l’aise dans la mélancolie, dans un jeu plus contenu », déclare Louise Bourgoin.

Pour la rennaise, il va sans dire qu’elle a interprété dans ce film son plus beau rôle : « Ce ne sera jamais un film de plus, et je serais certainement plus exigeante à partir de maintenant dans le choix de mes rôles ». Touchée par le personnage de Sandra, sa force, sa volonté de s’en sortir, sa tolérance et sa bienveillance, Louise Bourgoin dévoile une certaine fierté d’appartenir désormais à la famille des personnages de Nicole Garcia (dans laquelle figurent Daniel Auteuil, Jean Dujardin, Gérard Lanvin, Marie-Josée Croze ou encore Vincent Lindon pour n’en citer que quelques uns), qu’elle définit comme des « personnages riches aux mondes intérieurs très développés ».

Il en va de même pour le fils de la réalisatrice, Pierre Rochefort : « Nicole Garcia a puisé dans les forces de ma vie mais a aussi trouvé d’autres couleurs en moi. Dans le film, Baptiste se raccroche à ses valeurs, à son plaisir d’instit’, il finit par trouver son rythme et son véritable plaisir ».

Célian Ramis

Karin Viard, mise à nue

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L’actrice de Délicatessen endosse le rôle de Lulu dans le nouveau film de Solveig Anspach, Lulu femme nue. Karin Viard était à Rennes mardi 7 janvier pour l’avant-première, qui s’est déroulée au cinéma Gaumont.
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L’actrice de Délicatessen endosse le rôle de Lulu dans le nouveau film de Solveig Anspach, Lulu femme nue. Karin Viard était à Rennes mardi 7 janvier pour l’avant-première, qui s’est déroulée au cinéma Gaumont.

Lulu femme nue, c’est à première vue l’histoire banale d’une mère de trois enfants qui va passer un entretien d’embauche pour trouver du travail. Mais voilà, tout ne va pas se dérouler comme prévu. Si Lulu est pleine de motivation et bien décidée à travailler, cet entretien va être un élément déclencheur dans son quotidien.

Elle ne va pas rentrer chez elle et décider de s’octroyer quelques jours loin de la pression familiale. Solveig Anspach nous propose une tranche de vie qui prend des allures de parenthèse dans le quotidien de Lulu. Karin Viard nous transporte à l’intérieur même de ce personnage en quête de liberté et désireuse de retrouver la femme qu’elle est.

Sans artifices, le film nous offre un bel instant de vie, entremêlé de douceur, de violences psychologiques et de force. « Quand Solveig est venue me voir avec la BD (le film est l’adaptation de la bande dessinée d’Etienne Davodeau, ndlr), j’ai tout de suite aimé cette femme qui décide de partir et qui ne veut pas rentrer tout de suite », explique l’actrice principale.

Pour Karin Viard, si quitter le domicile conjugal et familial peut sembler encore tabou et mal vu, elle avoue « n’avoir aucune moralité » dans les rôles qu’elle joue : « Je pourrais jouer une mère infanticide, ça ne me dérangerais pas ». Quand elle parle de Lulu, elle incarne cette femme qui « a peut-être pris une voie de garage, qui doit arrêter de penser aux autres et s’interroger sur son désir ». Partir quelques jours ? « Ce n’est pas grave ! Même si c’est des semaines, merde ! » Pour l’interprétation, l’actrice veut comprendre son personnage de l’intérieur et se base sur une indication, notée dans le scénario : « Elle se colore petit à petit ».

Un tableau en noir et blanc qui prend ses couleurs au fil du temps. Et c’est ce que nous montre et nous fait ressentir Karin Viard : une femme qui se rencontre, prend confiance et s’affirme « avec toute l’audace des plus grands timides ». Lulu femme nue, c’est aussi une histoire de sexualité retrouvée, de sensualité, de confiance et de liberté. Des sentiments inspirés par l’actrice au regard du film. Une Lulu qui avance, évolue et s’enrichit au travers des rencontres qu’elle fait lors de son séjour. Et en face de Karin Viard, de grands acteurs : Bouli Lanners, Claude Gensac, Corinne Masiero pour n’en citer que quelques uns, qui donnent des couleurs incroyablement belles et douces à cette nouvelle œuvre de Solveig Anspach.

Célian Ramis

Festival du film d'animation : Mathilde Parquet, un rêve animé

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Plusieurs séances ont permis d’entendre et de voir les professionnels cachés derrière les courts-métrages. Focus sur Mathilde Parquet, qui a signé le film Louis.
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À l’occasion du festival national du film d’animation de Bruz, les réalisateurs et réalisatrices des films en compétition étaient conviés aux Apéroterviews, au Grand logis de Bruz. Plusieurs séances ont permis d’entendre et de voir les professionnels cachés derrière les courts-métrages. Focus sur Mathilde Parquet, qui a signé le film Louis.

L’interview ne durera pas plus qu’une dizaine de minutes – le principe étant le même pour chaque interviewé. Un temps qui paraît long pour la jeune réalisatrice, qui étudie depuis un an à La Poudrière, l’école du film d’animation, basée à Valence. Stressée, elle semble inconfortable dans un exercice qui lui est peu familier.

Ses propos sont à l’image de son court-métrage : bruts, fouillis, spontanés. « Dans Louis, le but était de retranscrire mon rêve. Il est plutôt gai, puis angoissant », explique-t-elle. Pour exprimer au mieux les sensations ressenties en songe, elle joue avec les formes, les couleurs et les techniques, « pour marquer les ruptures ». Tantôt la 2D, tantôt le volume animé, tantôt le pastel. Ce dernier soulignant « que le rêve part dans tous les sens ».

Avant de retranscrire son rêve, elle l’a raconté une quinzaine de fois et l’a écrit, et si elle ne l’a pas vécu en animation, mais en prise de vue réelle, elle a souhaité rester proche de l’expérience ressentie. « Les couleurs sont très fortes, abruptes. Je crois que je suis un peu brutale dans la réalité. Je ne réfléchis pas beaucoup, je suis dans le ressenti et je me suis fait confiance par rapport à ce que j’avais vécu dans mon rêve », précise-t-elle. Elle ajoute d’ailleurs que le début de Louis est très propre, très storyboardé. Un côté qui ne lui ressemble pas mais qui était nécessaire pour la suite des aventures.

Les réactions, après la projection, ont été variées. Certains lui demandent ce qui lui est arrivé dans sa vie, d’autres sont mal à l’aise : « Ce n’est pas un voyage initiatique sur le désir du retour à l’enfance. C’est un film sur mes sentiments, mes angoisses. J’aime malmener le spectateur ». Pour elle, le rôle du cinéma est de toucher le spectateur, lui parler et ce sont les films qui dérangent qui marquent et prennent les tripes.

« J’accorde aussi beaucoup d’importance à la narration, au récit. J’ai besoin de l’histoire, je ne suis pas très attirée par ce qui est abstrait », ajoute Mathilde. Pour son prochain film d’étude, elle travaille encore sur un projet qui devrait mettre la sensibilité des spectateurs à mal : « Pourtant, j’aimerais bien faire des choses gaies… »

Célian Ramis

Festival du film d'animation : L'art rennais du volume animé

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Entre deux séances, professionnels et festivaliers ont pu échanger autour des techniques d’animation et découvrir ce qui existe dans le milieu rennais.
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Sur le parvis du Grand Logis, à Bruz, plusieurs animations ont rythmé la vie du Festival national du film d’animation. Entre deux séances, professionnels et festivaliers ont pu échanger autour des techniques d’animation et découvrir ce qui existe dans le milieu rennais.

D’un côté, la Caravanim’, fidèle au poste depuis 3 ans. L’occasion de déambuler autour de la caravane et d’observer de près les marionnettes qui ont pris vie dans des productions rennaises comme Le Cid, d’Emmanuelle Gorgiard (2006, Vivement lundi !), Tati Ramitsu, de Victoria Vancells (2012, JPL Films) ou encore la future vedette Dimitri, de Agnès Lecreux et Jean-François Le Corre (2013, Vivement lundi !). L’intérieur est cosy et convivial, ambiance rétro. Maude Gallon est décoratrice et accessoiriste en stop motion depuis 7 ans.

« L’objectif est de rencontrer des réalisateurs, discuter autour d’un thé et d’échanger lors d’un instant convivial autour de nos créations », explique-t-elle. En effet, la Caravanim’ est née du regroupement d’une quinzaine de techniciens désireux de montrer leurs champs de compétences en volume animé, 2D ou encore 3D. « Nous sommes un vivier de professionnels à Rennes ou en Bretagne. L’idée est de montrer que l’on peut faire un film d’animation de A à Z », précise Anna Deschamps, fabricante de marionnettes et d’accessoires depuis 4 ans.  Au fil des passages au festival de Bruz et au festival d’Annecy, des liens se tissent et les rencontres débouchent, à long terme, sur des collaborations : « Des projets sont en cours de réalisation ou de concrétisation. Ça prend beaucoup de temps d’avoir des retours ».

D’un autre, une yourte dans laquelle les spectateurs peuvent s’initier aux techniques d’animation. Un atelier proposé par l’Arrosoir à Emile, une association qui existe depuis près de 15 ans à Rennes. Fanny Desaunay est étudiante en école d’art et est membre de l’association : « L’interaction et la manipulation des objets permettent une découverte ludique et nous évitent de rester collés aux écrans ».

Plusieurs jeux de décomposition des images à travers des miroirs et/ou des fentes sont en libre accès sous la yourte et invitent le visiteur à comprendre les bases de l’animation grâce à des objets datant du XIXe siècle. On peut alors manipuler la Toupie fantoche, le Zootrope, le Praxinoscope ou encore le Phénakirtiscope. Enfin, un dernier atelier permet de comprendre le principe du stop motion et chacun peut s’essayer à la création d’une séquence animée.

Avec une marionnette conçue par le créateur rennais David Thomas, les festivaliers prennent des photographies, reliées à un ordinateur et un logiciel d’animation, et font exécuter différentes actions au personnage robotique. « Un monsieur est resté une heure cet après-midi pour effectuer quelques secondes d’une séquence. C’est très long mais ça montre le procédé de stop motion qui agit image par image », explique Fanny.

Une manière ludique et interactive de sensibiliser les festivaliers à l’art de l’animation mais aussi aux différences compétences des techniciens bretons.

Célian Ramis

Festival du film d'animation : Katariina Lillqvist ou l'esthétisme d'un monde puant

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Coup de projecteur sur la Finlande, c’est ce que nous propose le Festival du film d’animation de Bruz, qui organisait jeudi 12 décembre une rencontre projection, avec la réalisatrice Katariina Lillqvist.
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Coup de projecteur sur la Finlande, c’est ce que nous propose le Festival du film d’animation de Bruz, qui organisait jeudi 12 décembre une rencontre projection, avec la réalisatrice Katariina Lillqvist, hors les murs, à l’école des Beaux-Arts de Rennes.

Katariina Lillqvist est une figure incontournable du cinéma d’animation finlandais. Et elle était présente lors du Festival national du film d’animation de Bruz pour rencontrer les spectateurs et leur faire découvrir son univers singulier. La réalisatrice est née dans le Sud Ouest de la Finlande, à Tampere, en 1963. Pendant ses études, elle navigue entre son pays et la République Tchèque, c’est d’ailleurs là-bas qu’elle fera un stage au studio pragois Jiri Trnka, avec qui elle restera en lien étroit tout au long de sa carrière.

Elle réalise un certains nombres de documentaires pour la télé ou la radio avant de s’orienter vers le cinéma d’animation en volume animé. Les techniques d’animation avec marionnettes sont sa spécialité et sa renommée internationale. « Niveau techniques et technologies, la Finlande a beaucoup évolué dans les dernières décennies », explique-t-elle lors de la projection rencontre. À l’occasion de cette rencontre, elle nous présente deux court-métrages et un pilote de son prochain long-métrage.

Il y a quelque chose de macabre, de morbide, dans l’univers de Katariina Lillqvist qui pourtant ne cesse de rire et de sourire. Si elle est née bien après l’indépendance de la Finlande et la Seconde guerre mondiale, elle reste très marquée par l’histoire de son pays. Juste après avoir écrit et réalisé la trilogie inspirée des œuvres de Kafka – très empreintes du contexte socio-politique soviétique – elle présente un court-métrage intitulé La jeune fille et le soldat, en 1995. Une jeune femme part à la recherche de son fiancé sur les champs de bataille.

En chemin, elle croise des squelettes, des cadavres, des futurs cadavres et la Mort en personne. Comme souvent dans les films d’animation finlandais, c’est un court-métrage muet ce qui laisse une large place à la bande originale, teintée de violons et de sonorités klezmer. De manière à faire régner une tension permanente amplifiée par les couleurs sombres des décors funèbres chargés de symboles liés à la guerre et à la mort. L’histoire d’amour et la quête de cette jeune femme angoissée à l’idée de perdre à jamais son bien aimé vient adoucir le climat pesant et lui apporter une touche poétique et fantastique.

On admire la qualité des images, réalisées en stop motion – image par image – et la beauté esthétique de cet univers pourtant sinistre. La jeune fille et le soldat n’est pas sorti tout seul de l’esprit de Katariina, le scénario était présent dans sa tête dès lors que sa grand-mère évoquait ses souvenirs de la guerre civile qui a frappé la Finlande en 1918, au lendemain des révolutions russes et de la déclaration d’indépendance du pays.

Une guerre civile que la réalisatrice a du mal à comprendre mais qu’elle explique par le fait que « la Finlande est un tout petit pays mais avec de grandes et fortes opinions politiques ». Plus de 10 ans après La jeune fille et le soldat, en 2008, Katariina Lillqvist revient avec un film court intitulé Le papillon de l’Oural, qui met en scène la marionnette de Carl Gustav Mannerheim, président de la Finlande de 1944 à 1946 qui a participé en tant que baron à la guerre civile de 1918 et en tant que commandant en chef lors des deux guerres mondiales.

« C’était d’abord un documentaire pour la radio. Puis on a trouvé des photos et cela m’a donné l’idée d’un film en stop motion », explique-t-elle. Dans cette œuvre, elle veut mettre en avant la « mémoire de l’horreur ». Sur fond de guerre et de tension, elle illustre encore une fois une histoire d’amour dans laquelle douceur, poésie et magie s’entremêlent et font ressortir une sorte de bienveillance qui sera mise à mal tout au long du court-métrage. Une vision chaotique des relations humaines altérée par une représentation sinistre de la société. Dans Le papillon de l’Oural, la réalisatrice aborde et développe le thème de l’homosexualité impossible et cachée dans ce contexte de prohibition et de tension politique.

Avant de terminer la rencontre, Katariina propose aux spectateurs de découvrir le pilote de son prochain long-métrage inspiré librement du roman de Mikhail Bulgakov, Le maître et Marguerite, qui raconte l’amour d’un écrivain morphinomane pour la femme d’un général de l’Armée Rouge. Il n’en faut pas plus pour comprendre ce qui a attiré la réalisatrice dans le résumé de l’œuvre. Elle reprend à son compte cette histoire dramatique qu’elle illustre à travers des marionnettes cabossées et débridées qui expriment toutes la douleur, la tristesse et la mélancolie. Katariina Lillqvist est véritablement une figure incontournable du cinéma d’animation qui manie aussi bien le volume animé que les émotions et l’esthétisme d’un monde puant.

Festival du film d'animation : un vent finlandais souffle sur Bruz

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Le Festival national du film d’animation de Bruz a débuté le 9 décembre. Pour cette édition anniversaire – 20e édition pour 30 ans d’existence – la Finlande est l’invitée d’honneur.
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Le Festival national du film d’animation de Bruz a débuté le 9 décembre. Pour cette édition anniversaire – 20e édition pour 30 ans d’existence – la Finlande est l’invitée d’honneur. Hier soir, au Grand Logis de Bruz, était projetée une série de court-métrages réalisés par des étudiants en cinéma ou des professionnels finlandais. Voyage au cœur d’un univers qui met la Finlande sens dessus-dessous.

Cécile Noesser, coordinatrice de la programmation, nous avait prévenue, « les spectateurs risquent d’être surpris » lors des soirées finlandaises. « Ils ont un humour particulier », précise-t-elle. Mercredi soir, au Grand Logis, la surprise est de mise.

Treize court-métrages sont présentés aux festivaliers, peu nombreux pour l’occasion. Des films muets pour la plupart, une caractéristique redondante et importante dans le cinéma d’animation finlandais.

Les techniques sont cependant exploitées sous leurs formes diverses : le volume animé, les marionnettes, le dessin, la 2D. On découvre même un court-métrage filmé en décor naturel qui n’a de l’animation que certains effets réalisés à l’ordinateur et un personnage de poupée masculine (A finnish table, de Niina Suominen, 2011), racontant la vie d’un mannequin à la campagne. À la sauce absurde dont sont friands les finlandais et que l’on retrouvera également dans The Anchor, de Tommi Juutilainen (2007) qui nous propose des dessins plus travaillés, chargés et approfondis en terme de détails et de perspective que le reste des dessins animés programmés ce soir-là. En effet, on note une majorité de dessins aux traits basiques et primaires, donnant un style enfantin à l’ensemble de l’œuvre, dont les répétitions peuvent être lassantes.

D’autres genres sont développés à travers les films courts traitant, entre autre, du temps qui passe dans Suddenly last summer de Äkkiä Viime Kesänä (2010) qui utilise des acteurs botaniques pour servir son message poétique, inspiré de l’œuvre – du même nom – de Tennessee Williams, écrite en 1958. Mais aussi de la maladie et de la santé, proposée sous deux angles différents. Dans Benigni, de Elli Vuorinen, Jasmini Ottelin et Pinja Partanen (2009), le personnage principal, qui est joueur de xylophone, découvre une tumeur qui grandit sous son bras et avec laquelle il va apprendre à cohabiter.

Un regard imagé et lyrique qui nous rappelle légèrement le nénuphar-cancer de L’écume des jours de Boris Vian. Dans l’autre, Public health, de Piipa Toivonen (2001), c’est une fois encore l’humour absurde qui prime et qui devient le personnage central, sous des airs cyniques et moqueurs. On peut également citer le thème de la différence, un thème développé avec sensibilité et adresse dans le court-métrage The unplugged son, de Milla Nybondas (2008). À l’occasion de l’anniversaire de son papa, Adrian participe à un diner de famille. Autour de la table, le jeune garçon se sent différent, isolé, en marge de sa propre famille, dont chaque membre se branche à une prise secteur pour allumer une ampoule du lustre. Seule celle d’Adrian crépite. Il va pourtant trouver une solution moderne et originale pour s’intégrer parmi les siens.

La Finlande sens dessus-dessous nous permet de découvrir un cinéma d’animation méconnu du grand public français et qui apporte un éclairage ainsi qu’une ouverture d’esprit sur ce genre en général. Toutefois, il nous manque certaines clés de lecture qui pourraient nous aider à décrypter les court-métrages énigmatiques et parfois peu compréhensibles.

Prochaine séance : dimanche 15 décembre à 11h au Grand Logis de Bruz

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