Includes the sections "Coup de coeur" and "Coup de gueule"

Octobre 2018

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

« L’image de Njinga sauvegardée par les traditions orales a connu une nouvelle dynamique dans les années 1960, quand les Angolais se sont de plus en plus tournés vers leur histoire pour définir leur propre résistance aux Portugais. Face à un système raciste d’exploitation coloniale, dont la politique consistait à diviser les Angolais en fonction de leur race, de leur classe, de leur ethnie, de leur région et de leur langue, les descendants du vieux Mbundu qui avaient entendu les récits de la résistance de Njinga remirent au premier plan ce personnage héroïque. », écrit Linda M. Heywood, professeure d’histoire à l’université de Boston.

Pendant 9 ans, elle a effectué de très nombreuses recherches concernant cette puissante reine d’Afrique et en a fait un livre, Njinga – Histoire d’une reine guerrière (1582 – 1663), publié fin août aux éditions La découverteUn ouvrage riche et passionnant qui dresse le portrait d’une figure importante et transgressive de l’Histoire, longtemps spoliée par les colonisateurs portugais et les auteurs européens qui en ont fait «la représentante type de l’Autre africain », dans « les romans libertins », en tant que « reine cannibale ».

Linda M. Heywood retrace son parcours, en prenant soin de contextualiser toutes les informations recueillies. Intelligente, stratège, guerrière, diplomate… Elle a toujours combattu les envahisseurs pour défendre et préserver son peuple.

L’auteure réhabilite dans toute sa dimension ce personnage complexe que l’Occident a oublié, après l’avoir caricaturé et diabolisé. Un propos qui rejoint aussi celui de l’appel de 440 historiennes à mettre fin à la domination masculine en histoire.

Text: 

L’égalité entre les sexes n’existe pas (mais alors, pas du tout) et les (quelques) droits des femmes ne sont pas acquis mais conquis. On entend (trop) souvent dire « Oui mais bon, ici, vous êtes quand même bien loties». L’Europe et notamment la France, toujours meilleures que les autres…

Bah voyons ! Gardons-nous bien de faire la morale aux autres et regardons en face le retour en arrière qui s’opère du côté de chez nous. En avril dernier, on découvrait par exemple qu’en Hongrie, le premier ministre Viktor Orban a rendu explicite le sexisme - ordinairement implicite - dans les manuels scolaires dans lesquels désormais les élèves apprennent « que les garçons etles filles (…) n’ont pas les mêmes capacités physiques et aptitudes intellectuelles », qu’« avoir des relations sexuelles hors mariage est un péché » et que « les femmes sont bonnes pour la cuisine, leur rôle c’est de s’occuper de la maison et de faire des enfants ».

En septembre, le docteur Bernard de Rochambeau, président du Syndicat des Gynécologues en France, affirme à la télévision que l’IVG est un homicide et revendique sa clause de conscience. Quand on parle de la situation en Italie, où une partie importante des médecins brandissent cette fameuse clause pour ne plus pratiquer d’avortement, on nous rétorque que dans l’Hexagone, ce n’est pas prêt d’arriver. Et bien si.

Arrêtons de nous fourvoyer en jugeant nos voisines du monde entier. Soyons conscient-e-s, vigilent-e-s et solidaires. Parce que les femmes meurent tous les jours du machisme. En France, en Europe, partout dans le monde. 

Posts section: 
Title: 
Réhabiliter Njinga, reine guerrière d'Angola
Title: 
Le machisme tue, tous les jours, en France et ailleurs
Summary: 
Intelligente, stratège, guerrière, diplomate… Elle a toujours combattu les envahisseurs pour défendre et préserver son peuple. L’auteure réhabilite dans toute sa dimension ce personnage complexe que l’Occident a oublié, après l’avoir caricaturé et diabolisé.
Summary: 
Arrêtons de nous fourvoyer en jugeant nos voisines du monde entier. Soyons conscient-e-s, vigilent-e-s et solidaires. Parce que les femmes meurent tous les jours du machisme.

Septembre 2018

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

« J’ai fondé ma carrière sur l’autodérision. C’est la base de ma carrière. Et je n’ai plus envie. Parce que vous comprenez ce que signifie l’autodérision quand ça vient de quelqu’un qui est déjà en marge ? Ce n’est pas de l’humilité, c’est de l’humiliation. Je me rabaisse pour parler, pour obtenir le droit de parler. Et c’est terminé. »

Jamais auparavant un spectacle comique nous avait fait pleurer. Avec Nanette, c’est chose faite. La spécialiste australienne du stand-up Hannah Gadsby, qui a quitté la Tasmanie – où l’homosexualité était un crime jusqu’en 1997 - quand elle a appris qu’elle était « un peu lesbienne », explose et décortique les codes de la comédie pour créer une œuvre coup de poing extrêmement brillante et viscéralement bouleversante.

Parce qu’elle parle sans filtre avec les tripes d’une femme discriminée et blessée, profondément marquée par la tristesse et la colère. De ses émotions et expériences, elle en tire des réflexions politiques, engagées et humanistes.

« Trump, Picasso, Bill Cosby, Harvey Weinstein, Woody Allen, Polanski… Ces hommes ne sont pas des exceptions, ils sont la règle. Ce ne sont pas des individus, ce sont nos histoires. (…) Ces hommes contrôlent nos histoires. Et pourtant, leur lien avec leur humanité réduit à vue d’œil et ça ne nous dérange pas tant qu’ils conservent leur précieuse réputation. Réputation mon cul ! Le recul est un don du ciel. », scande-t-elle avec force. Entre soulagement, indignation, empathie et remise en question, Hannah Gadsby frappe là où il faut et comme il faut. Avec intelligence et hargne.

Text: 

De sa tombe, Pierre de Coubertin – restaurateur des Jeux Olympiques en 1894 et fondateur du Comité International Olympique – doit se réjouir. Lui qui se proclamait en faveur de la colonisation et contre l’intégration des femmes aux JO serait certainement fier de constater que le monde du sport reste raciste et misogyne.

Dernière preuve en date : l’inutile polémique sur la tenue portée par l’une des plus grandes joueuses de tennis au monde, Serena Williams – qui se sentait comme « une princesse guerrière dedans » - lors de l’édition 2018 de Roland-Garros. Fin août, dans une interview accordée à Tennis Magazine, le président de la Fédération Française de Tennis, Bernard Giudicelli, ne revient pas sur les performances de la sportive mais sur sa combinaison noire à ceinture rose, expliquant que ce type de tenue ne sera plus accepté sur le court. Parce qu’il « faut respecter le jeu et l’endroit. »

L’hypocrisie est grande : nombreux sont les joueurs à avoir fait sensation, et toujours l’objet d’une bonne communication et diffusion, avec leurs styles décalés. Ici, une joueuse se détourne de la jolie jupette et elle se voit critiquée de manière péjorative… Le fait qu’elle se sente puissante dans une tenue confortable, favorisant la circulation sanguine et faisant référence au film Black Panther serait-il à ce point irritant pour les dirigeants d’une fédération sportive ?

Serena Williams a tenté d’apaiser le débat, justifiant le port de ce vêtement en raison d’une complication post-partum. Aurait-elle dû le révéler avant ? On s’en fout, là n'est pas la question, elle fait ce qu’elle veut, merde. Et comme une actualité sexiste en chasse une autre, on apprend au moment de boucler ce numéro que la joueuse française Alizé Cornet a reçu un avertissement pour avoir retiré son maillot, qui était à l’envers. La sanction provient d’un article du règlement du tournoi newyorkais (US Open) qui ne s’applique qu’aux femmes. Décidément…

Posts section: 
Title: 
Nanette, un seule-en-scène brillant et bouleversant
Title: 
Le sexisme, discipline sportive à part entière
Summary: 
Parce qu’elle parle sans filtre avec les tripes d’une femme discriminée et blessée, profondément marquée par la tristesse et la colère. De ses émotions et expériences, elle en tire des réflexions politiques, engagées et humanistes.
Summary: 
Ici, une joueuse se détourne de la jolie jupette et elle se voit critiquée de manière péjorative… Le fait qu’elle se sente puissante dans une tenue confortable serait-il à ce point irritant pour les dirigeants d’une fédération sportive ?

Juillet-Août 2018

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
Text: 

Ce hashtag, lancé en mai dernier par l’humoriste et comédienne Laura Calu, a connu une véritable explosion virale. Ce n’est pas une nouveauté mais on s’en fiche. Au diable l’avarice, on aime se régaler des bonnes choses.

Et sa vidéo en fait partie, au même titre que celle de Sara Forestier qui s’insurge contre l’injonction à « être belle » et donc pas naturelle (« Stupéfiant », France 2, le 7 novembre 2017).

« Il a quoi ton corps ? Il est pas parfait ?! Tu m’en diras tant… Attends je fais l’effort de comprendre mais du coup alors c’est quoi être parfait ? Non parce que si c’est ressembler à une page de magazine ou à un morceau de papier glacé, effectivement, laisse moi te dire que c’est impossible (…) Ouais, il a peut-être craqué, il s’est élargi, il est peut-être trop fin, trop large, trop petit, trop rond, il est comme il est quoi, on s’en fout en fait… Mais il est surtout trop trop bien ton corps ! Il te permet de vivre ! Rien que par respect, kiffe-le un peu ! », scande-t-elle dans sa vidéo.

Le « Body positive », plutôt que le « Body shaming », ça, on kiffe sans complexe. Parce qu’y en a marre de se torturer l’esprit et surtout le corps avec cette putain d’injonction à être mince. À être en concurrence avec les mannequins photoshopées (sans la mention obligatoire de l’utilisation du logiciel…) ou sous-alimentées présentées dans les médias. La tablette de Toblerone, nous, on ne la met pas entre nos cuisses mais dans notre gosier et tant pis si notre cellulite et nos vergetures troublent la vue paradisiaque des vacanciers cet été. Franchement. 

Text: 

Pas de suspens, la grande cause du quinquennat est bien celle de l’égalité des sexes ! Le Président de la République le dit, le Premier ministre confirme et la secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes est omniprésente. Autre preuve : l’appel à projets d’un million d’euros lancé au premier trimestre pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles au travail.

Pas de raison de douter de la sincérité macronienne. Sauf quand on connaît la situation des associations féministes déjà existantes. Comme celle de l’Association européenne contre les Violences Faites aux Femmes au travail (AVFT), experte dans ce domaine depuis 33 ans et qui n’a pas vu sa subvention augmenter depuis 14 ans, comme nous le disait la juriste de l’association Laure Ignace, en mars dernier.

Pendant près de 5 mois, la structure, qui écoute, conseille et accompagne les femmes victimes de violences, a dû fermer son accueil téléphonique en raison du grand nombre d’appels, survenus à la suite de l’affaire Weinstein, pour pouvoir traiter efficacement les dossiers en cours.

Au lieu d’aider et de renforcer les moyens humains et financiers, indispensables au travail colossal effectué, Marlène Schiappa ouvre la porte à la mise en concurrence des associations féministes, ce que dénoncent près d’une vingtaine de structures comme le Planning Familial, OLF! ou encore Attac. Sans oublier de mentionner que les projets devront se réaliser avant 2019, sans aucune garantie de pérennité. Ça sent (comme toujours) la simple opération de comm’, sous couvert de lutte pour l’égalité. Répugnant.

Posts section: 
Title: 
#ObjectifBikini FermeTaGueule : on adhère, évidemment !
Title: 
Grande cause du quinquennat, mon cul !
Summary: 
La tablette de Toblerone, nous, on ne la met pas entre nos cuisses mais dans notre gosier et tant pis si notre cellulite et nos vergetures troublent la vue paradisiaque des vacanciers cet été. Franchement.
Summary: 
Pas de raison de douter de la sincérité macronienne. Sauf quand on connaît la situation des associations féministes déjà existantes.

Juin 2018

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

La barbe de 3 jours sur les jambes, sous les aisselles ou au niveau du maillot, non merci. Pas envie de piquer au toucher, pas envie de ressembler à une hippie, pas envie de porter des pantalons tout l’été… Le poil ne figure pas dans la liste de ce qui rend une femme féminine.

En revanche, s’arracher la peau à coup de rasoir, crier de douleur à coup d’arracheur de poils ou encore attendre des heures chez l’esthéticienne pour souffrir à coup de bandes de cire, ça, c’est ok. Pas de pitié pour la toison, la réaction à sa vue est épidermique ! Pourquoi ? Parce qu’elle symbolise la virilité.

Déconstruire cette idée n’est pas mission impossible mais relève d’un processus long et acharné qui vient confronter les stéréotypes du masculin et du féminin ainsi que l’image de beauté véhiculée dans les médias, les publicités, les films, les dessins, etc. Ainsi, le média québécois pro-intersectionnel Refus global now et la communauté Maipoils ont lancé, tout au long du mois de mai, le défi Maipoils 2018 auquel étaient invité-e-s, via les réseaux sociaux, femmes, hommes et personnes non-binaires.

« On vous invite à économiser ce temps (sans dépilation) pour réfléchir à la cause féministe, aimer votre corps tel qu'il est et contribuer à l'éradication des doubles standards, peu importe ce que vous ferez ensuite en dehors du mois de mai. », peut-on lire sur l’événement Facebook. Une excellente occasion de réfléchir à la signification du poil, au geste de l’épilation, aux assignations genrées imposées par la société et de questionner le rapport à nos corps, à travers notre regard et celui des autres. 

Text: 

139 agressions physiques signalées en 2017, soit 18 de plus qu’en 2016. 1 650 témoignages d’actes LGBTphobes recueillis, soit une recrudescence de 4,8% par rapport à l’année précédente. Une explosion de 154% des cas de biphobie… Voilà ce qu’indique, entre autre, le rapport 2018 de SOS Homophobie, association nationale de lutte contre les LGBTphobies, en constante augmentation depuis plusieurs années.

La parole des victimes se libère face à « la persistance d’un discours public LGBTphobe, nourri par des organisations conservatrices et leurs relais dans le contexte électoral de l’année 2017. Les campagnes législative et présidentielle en 2017 ont, en effet, été l’occasion pour certain-e-s candidat-e-s d’affirmer des programmes politiques LGBTphobes, comme la remise en cause de la Loi Taubira. »

Dans l’espace public, au travail, dans le milieu scolaire – « pédé » reste l’insulte n°1 des cours de récréation -, sur Internet ou dans le voisinage, les violences s’exercent partout, tout le temps. Si le rapport souligne que les témoignages de lesbophobie diminuent de 14%, on voit tout de même que le débat autour de la PMA pour tou-te-s, lancé en début d’année à l’occasion des États généraux de la bioéthique – dont la synthèse du Comité consultatif national d’éthique sera rendue début juin – n’est pas sans agitation autour de la conception d’un enfant au sein d’un couple lesbien et pour les personnes transgenre. Ça dérange. Ce n’est pas naturel. En 2018. Peut-on comprendre pourquoi ? Non, c’est impossible. 

Posts section: 
Title: 
Un défi au poil !
Title: 
Recrudescence d'actes homophobes, encore et encore...
Summary: 
« On vous invite à économiser ce temps (sans dépilation) pour réfléchir à la cause féministe, aimer votre corps tel qu'il est et contribuer à l'éradication des doubles standards, peu importe ce que vous ferez ensuite en dehors du mois de mai. »
Summary: 
139 agressions physiques signalées en 2017, soit 18 de plus qu’en 2016. 1 650 témoignages d’actes LGBTphobes recueillis, soit une recrudescence de 4,8% par rapport à l’année précédente

Mai 2018

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
Text: 

C’est la phrase qui trônait le 8 mars 2018 sur la photo réunissant les femmes journalistes du Parisien et des Échos, revendiquant ensemble l’égalité professionnelle h/f sein des rédactions. Quelques jours plus tard, c’est au tour des consœurs de L’Obs de se constituer en collectif pour « l’égalité des salaires entre les femmes et les hommes, l’égalité dans l’avancement des carrières et pour la pluralité des profils aux postes à responsabilité » (Twitter).

En janvier, la direction du quotidien régional breton est interpellée via communiqué : « Comme le rappellent nos consœurs de La Provence, le monde est en train de changer. Les femmes du XXIe siècle sont ingénieures, agricultrices, électriciennes, astronautes, sportives de haut niveau… mais elles ne sauraient pas participer à la direction de journaux ? »

Les femmes ne sont pas seulement absentes des expertises dans l’actualité, elles le sont également des hauts postes dans les rédactions. Heureusement, ça bouge. Doucement, mais ça bouge. Pour inciter d’autres femmes et d’autres rédactions à porter haut et fort les revendications de l’égalité professionnelle, l’association Prenons la Une – structure pour une juste représentation des femmes dans les médias et l’égalité pro dans les rédactions – a enquêté auprès des « rédactions rebelles », des juristes spécialistes du droit du travail et du site égalité professionnelle de la CGT.

Résultat : la rédaction d’un Petit manuel de rébellion à usage des femmes dans les rédactions. Pour oser, pour agir, pour négocier, face à l’ordre établi. Pour prendre notre place.

Text: 

Le 23 avril, Alek Minassian, 25 ans, fonce au volant d’une camionnette dans une rue passante de Toronto, tuant 10 personnes (8 femmes, selon la police) et en blessant 16 autres. Avant l’attaque, il poste un message clairement misogyne sur Facebook : la rébellion des « Incel » a démarré.

Le mouvement des Involuntary celibates – célibataires involontaires – accuse les femmes de leurs malheurs sentimentaux. La « manosphère » refuse l’avancée vers l’égalité entre les sexes. Comme au lendemain de l’affaire Weinstein, l’opinion publique, abasourdie, découvre l’existence des masculinistes. Et de la portée de la propagation d’une telle pensée, à travers laquelle ils se victimisent et légitiment leur barbarie.

C’est ce que souligne à juste titre l’anthropologue Mélanie Gourarier dans un article publié sur Slate, le 29 avril : « C’est parce qu’ils se sentent légitimes à exercer la violence dans l’espace public qu’ils passent à l’acte. » Le reflet d’une misogynie structurelle, conclut-elle. En effet, les propos proférés sur leurs forums, qui diffusent des vidéos de femmes décapitées, incitent au viol et vénèrent Marc Lépine (auteur du féminicide de 1989, à l’École Polytechnique de Montréal), sont dénoncés par de nombreuses féministes.

Léa Clermont-Dion, membre du réseau québécois en études féministes, le dénonce dans un article paru sur le site Cheek Magazine, le 27 avril : « Le problème, c’est lorsqu’on avise les autorités quand il y a menace, on banalise. » Une affirmation malheureusement peu étonnante, tant la parole des femmes est ignorée…

Posts section: 
Title: 
"La presse donne des leçons, qu'elle donne l'exemple !"
Title: 
Oui, il faut (hélas) le rappeler : la misogynie tue.
Summary: 
Les femmes ne sont pas seulement absentes des expertises dans l’actualité, elles le sont également des hauts postes dans les rédactions. Heureusement, ça bouge. Doucement, mais ça bouge.
Summary: 
Comme au lendemain de l’affaire Weinstein, l’opinion publique, abasourdie, découvre l’existence des masculinistes. Et de la portée de la propagation d’une telle pensée.

Avril 2018

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
Text: 

C’est tout récent, ça vient de juste de sortir (mois de mars). Aux éditions La boite à bulles. Signée Anaële et Delphine Hermans, la bande-dessinée La Ballade des dangereuses – Journal d’une incarcération livre l’histoire vraie de Valérie Zézé. Le 20 janvier 2015, lorsque le jugement tombe, elle n’en est pas à son premier flagrant délit de vol, loin de là.

C’est la vingt-neuvième fois, la magistrate signe le mandat d’arrêt, direction la maison d’arrêt de Berkendael, en Belgique, qu’elle connaît bien pour y avoir été incarcérée à plusieurs reprises. Elle en connaît les codes, elles en connaît les rouages. Il lui a fallu affronter des « mastodontes », jouer les caïds, un rôle dans lequel elle se sent parfois enfermée, pour être désormais respectée par les autres détenues, qu’elle aide avec ferveur et compassion. 

Valérie Zézé nous emmène avec elle dans son quotidien, dans lequel « tu ne t’appartiens plus », dans lequel tu fais une croix sur ton intimité, mais aussi dans lequel tu es en manque de coke, dans lequel tu es en colère et dans lequel tu réfléchis à ta situation. C’est un point de vue, le sien, elle ne prétend pas parler pour les autres.

Elle ne nie pas la dureté du lieu et ses dysfonctionnements mais prend le parti de se sauver elle-même et de s’aider à s’en sortir. Par l’introspection, le soutien de son fils, la découverte de la religion musulmane, la protestation, l’entraide et l’envie de décrocher. Pour prendre un nouveau chemin. 

Text: 

Le 3 avril, Le Groupe F et Paye Ta Police ont lancé officiellement, via les réseaux sociaux et le site legroupef.fr, les résultats de leur enquête inédite, recueillant en 10 jours les témoignages de plus de 500 femmes victimes de violences sexuelles, bien ou mal prises en charge par la police ou les gendarmes.

C’est effarant (et malheureusement, pas surprenant) : 91% des témoignent relatent d’une mauvaise, voire catastrophique, prise en charge. Très souvent, les forces de l’ordre refusent ou découragent la personne concernée à pour porter plainte. Ou la forcent à insister. 60% des cas, dans l’enquête.

À partir des récits reçus, #PayeTaPlainte répertorie les éléments récurrents à la procédure : banalisation, culpabilisation des victimes, solidarité avec l’agresseur… Des faits d’un autre temps ? Bah non. La plupart des vécus datent des deux dernières années. Qu’attend-on pour réagir ? Pour prendre conscience que ces violences sont l’apanage d’un système patriarcal et raciste ? Pour former les forces de l’ordre à ce type de violences ? Qu’il y ait des victimes et des mortes ? Il y en a. Des milliers chaque année en France.

Le Groupe F et Paye Ta Police ont créé une carte de l’Hexagone, pointant toutes les villes d’où proviennent les témoignages. À Rennes, à l’hôtel de police, on en compte 7 entre 2011 et 2017 : moqueries, propos sexistes, culpabilisation de la victime, refus ou découragement de porter plainte, remise en question de la gravité des faits, solidarité avec la victime, maltraitance de la victime. Monde de merde ! 

Posts section: 
Title: 
Valérie Zézé, son quotidien en maison d'arrêt
Title: 
Mais que fait la police ? Beaucoup de mal, apparemment...
Summary: 
Elle ne nie pas la dureté du lieu et ses dysfonctionnements mais prend le parti de se sauver elle-même et de s’aider à s’en sortir. Par l’introspection, le soutien, la découverte de la religion musulmane, la protestation et l’envie de décrocher.
Summary: 
91% des témoignages relatent une mauvaise, voire catastrophique, prise en charge. Très souvent, les forces de l’ordre refusent ou découragent la personne concernée à pour porter plainte. Ou la forcent à insister.

Mars 2018

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
Text: 

Rendre visible les parcours des femmes qui ont aimé des femmes, cis ou trans, durant la Seconde Guerre Mondiale, telle est la brillante idée de Queer code qui croise les travaux d’activistes féministes, d’associations LGBTI, d’artistes, de performeuses, d’historiennes et de sociologues. Rolande Trempé, Andrée Dubos-Larouquette, Suzy Solidor, Violette Morris, Mary Punjer, Henny Schermann…

Résistantes, collabos ou déportées, leurs noms figurent sur le site qui regorge de références à des ouvrages historiques, articles, films, livres, bds, documentaires ou encore pièces de théâtre. Des sources méconnues du grand public et pourtant essentielles à la mémoire et la compréhension de l’Histoire.

En parallèle, Queer code développe un autre site, toujours basé sur un projet européen, collaboratif et féministe, intitulé Constellations Brisées, dans l’optique de retracer les itinéraires des femmes lesbiennes déportées et persécutées, quelles que soient leurs nationalités.

Ainsi, la première carte présente Thérèse Pierre, enseignante à Vitré, Redon, Fougères ou encore Carhaix, là où elle s’engage dans la Résistance, avant d’être incarcérée en 1943 à la prison Jacques Cartier, à Rennes, et torturée par la Gestapo jusqu’à sa mort la même année. L’équipe de Queer code, en relation avec des militant-e-s rennais-es, devrait se rendre dans la capitale bretonne mi-avril pour une rencontre et un atelier. Nous attendons l’événement – dont le lieu n’a pas encore été trouvé fin février - avec impatience !  

Text: 

Après les nombreuses débâcles de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron serrait fort les fesses pour que ses ministres soient irréprochables. Pas de bol (ou coup de bol…), un mois plus tard, une enquête préliminaire vise les élu-e-s Modem, dont François Bayrou et Marielle de Sarnez. Hop, ça dégage !

Même pas un an plus tard, le passé vient rattraper plusieurs ministres. Début 2018, le cas Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, est expédié aux oubliettes. Les expert-e-s témoignent : oui c’est un « queutard », tout le monde le sait, mais cette histoire est vieille (rappelons que l’affaire n’a pas été jugée mais que les faits étaient prescrits au moment de la plainte) et cela affecte sa jolie petite famille.

Quelques jours plus tard, le gouvernement et le Premier ministre expriment dans la presse tout leur soutien à Gérald Darmanin, ministre des Actions et des Comptes publics, accusé par deux femmes d’abus de faiblesse pour obtenir des faveurs sexuelles. Mi-février, le président de la République, à ce propos, met en garde contre « une forme de République du soupçon ». Le débat, stérile, est occupé par les hommes (coucou Denis Olivennes, Mathias Cichportich et Hugo Clément dans l’émission « On n’est pas couché » du 17 février).

La parole de ces femmes ne vaut donc rien ? Il n’existe que des femmes vénales, avides de pouvoir et hystériques ? Ah non, il existe aussi des militantes féministes, comme Marion Seclin ou Caroline de Haas qui font l’actualité au moment où nous écrivons ces lignes, qui dénoncent ces actes et mécanismes et qui sont alors insultées et menacées de mort, de viol, ou encore incitées au suicide. Franchement, MERDE ! 

Posts section: 
Title: 
39 - 45 : ne pas oublier les lesbiennes !
Title: 
Quand va-t-on cesser de minimiser la parole des femmes ?
Summary: 
Rendre visible les parcours des femmes qui ont aimé des femmes, cis ou trans, durant la Seconde Guerre Mondiale, telle est la brillante idée de Queer code !
Summary: 
Le gouvernement et le Premier ministre expriment dans la presse leur soutien au ministre Gérald Darmanin, accusé par deux femmes d’abus de faiblesse pour obtenir des faveurs sexuelles. Sérieusement ?

Février 2018

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
Text: 

Entre 2009 et 2013, Marie Moinard, auteure et éditrice, a regroupé pas moins de 70 scénaristes, dessinatrices-eurs et coloristes autour de la trilogie En chemin elle rencontre… (rappelez-vous cette chanson que l’on nous apprenait étant enfants sans nous expliquer qu’on clamait gaiement l’histoire d’un viol collectif…).

À travers de nombreuses histoires courtes illustrées sous la forme de BD, les trois albums délivrent des témoignages édifiants de violences contre des êtres humains. Parce qu’elles sont femmes. Et pour cela, elles sont insultées, violées, frappées, méprisées, humiliées, mariées de force, excisées, mises de côté ou encore assignées au foyer. Cette réalité du quotidien de la moitié de la population est brutale et bouleversante. Elle assaille nos entrailles et les torpille.

Certaines histoires nous ont glacé le sang, d’autres nous ont fait pleurer, d’autres encore nous ont amusé. Mais toutes nous ont donné l’envie de continuer à lutter. Parce qu’il n’est pas écrit dans nos gênes que nous sommes nées pour subir ces violences qui pourtant restent encore aujourd’hui minimisées et banalisées.

La trilogie, publiée par Les ronds dans l’O, nous met face à cette terrible vérité, face à nos préjugés et face à nos lâchetés qui nous font nous dérober face à ces atrocités. Et nous donne des chiffres, des faits réels, des clés pour comprendre et des arguments pour ne plus jamais laisser faire ! Et nous murmure, sans reproche ni jugement, que la parole des femmes s’est libérée depuis bien des années. Suffit de savoir écouter…

Text: 

Le 18 janvier, plusieurs affiches appelant à « La marche pour la vie » (21 janvier, à paris) recouvraient les fenêtres du local rennais du Planning Familial 35. Dans un communiqué, l’association féministe souligne, à juste titre : « Loin d'être pour la vie, les mouvements qui s'opposent à l'avortement sont en réalité contre les droits des femmes, contre leur possibilité de faire leurs choix. Le retour en arrière qu'ils prônent coûterait la vie de nombreuses femmes. »

En effet, chaque année, 48 000 femmes meurent dans le monde des suites d’avortements clandestins. Parce que les femmes n’ont pas les mêmes droits partout et que certains pays, comme la Pologne et son gouvernement ultra-conservateur, tentent de restreindre cette liberté lorsque celle-ci a réussi à être conquise, grâce à de nombreuses luttes féministes.

La violence de ces anti-choix est inouïe. En défilant dans les rues, ces personnes réclament le retour en arrière, le non droit pour une femme à disposer de son propre corps, la privant de la liberté de choisir d’avoir, ou non, un enfant. Pourquoi ? Pas de réponse. Et honnêtement, c’est chiant d’y réfléchir. C’est fatiguant et usant de faire face à si peu de respect et de considération envers TOUS les êtres humains.

Et c’est affligeant et franchement rageant de voir que quand le bus pour « La marche de la vie » est bloqué par des féministes, lors de son arrêt à Beaulieu, le mouvement anti-choix écrit sur Twitter : « Honte à ces ennemis de la liberté ! ». Sérieusement ? La honte doit changer de camp, là aussi. 

Posts section: 
Title: 
En chemin elle rencontre... les féminismes !
Title: 
Honte (et doigt d'honneur) aux antichoix !!!
Summary: 
Certaines histoires nous ont glacé le sang, d’autres nous ont fait pleurer, d’autres encore nous ont amusé. Mais toutes nous ont donné l’envie de continuer à lutter.
Summary: 
C’est fatiguant et usant de faire face à si peu de respect et de considération envers TOUS les êtres humains. Et c’est affligeant et franchement rageant...

Janvier 2018

Writers: 
Marine Combe
Writers: 
Marine Combe
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On rend souvent hommage aux femmes qui ont marqué l’Histoire, qui réhabilitent les oubliées ou qui œuvrent au changement des mentalités. Cette fois, ce sont les hommes que nous allons saluer et féliciter ici. À travers le témoignage de Franck Bréal – à lire absolument dans Causette, novembre 2017 – on se dit que les choses avancent. Certes, lentement.

En effet, dans l’article, il raconte son parcours, de sa réflexion pour une contraception partagée entre les hommes et les femmes à son opération, la fameuse vasectomie. Il fait désormais parti des 0,8% ! « Aujourd’hui, je parle de la vasectomie très librement. Je réponds d’ailleurs volontiers aux questions que certain-e-s se posent sur l’opération, via des forums ou sur les réseaux sociaux. J’essaie de participer activement à toute conférence ou débat sur la contraception masculine dans ma ville (Rennes, ndlr) afin d’apporter mon témoignage. », écrit-il dans l’épilogue. Ça fait du bien un homme qui s’engage et qui le dit. Et surtout, qui ne joue pas au héro.

Ses doutes, ses questions, ses angoisses, quant à « (s)a sexualité, (s)on érection, (s)on éjaculation » post opératoire, il les livre sans faux semblant et sans détour, parfois même avec humour. Pour dédramatiser. Ou exorciser. Parce que la vasectomie, tout comme la contraception féminine définitive, reste encore aujourd’hui un parcours plein d’embuches et plein d’idées reçues… Alors, on vous le redit, ce n’est pas votre bite - ou son contenu – qui fait de vous un homme…

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À l’occasion de la 2e semaine de lutte contre les discriminations, la mairie de Paris a choisi de dédier une journée, celle du 15 décembre dernier, à la grossophobie, une forme spécifique d’intolérance et de discrimination visant les personnes obèses ou en surpoids. L’occasion de se pencher sur une problématique qui en dit long sur notre société.

D’un côté, la consommation à outrance, à laquelle l’alimentation ne fait pas exception. D’un autre côté, le culte de la minceur. Et les femmes sont principalement visées par cette injonction à la beauté. Dans une étude, datée de février 2016, le Défenseur des Droits révèle que la corpulence est un facteur important lors d’un entretien d’embauche, notamment dans les secteurs vente/commerce, et souligne que si hommes et femmes obèses sont discriminé-e-s de la même manière, en revanche, la gent féminine l’est encore davantage puisqu’elle l’est dès un début de surpoids.

Clairement, être grosse (ou ne pas être mince), ça fait tâche dans le beau décor édulcoré de la publicité du modèle unique et de son 34/36 pas bien réaliste… Pourtant, d’après les estimations de l’Organisation Mondiale de la Santé, les personnes obèses ou en surpoids devraient représenter 67% de la population (contre 47% actuellement) en 2030. Il serait peut-être temps de briser les tabous et les clichés et de se demander d’où provient cette malveillance (et surtout qui la crée et à qui elle profite !). Un conseil : lire On ne nait pas grosse, de Gabrielle Deydier. 

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Raconte nous ta vasectomie !
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Pas de régime contre la grossophobie
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Le magazine Causette a publié en novembre le témoignage de Franck Bréal au sujet de sa vasectomie, qui reste encore aujourd'hui, tout comme la contraception féminine définitive, un parcours du combattant...
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La grossophobie, on commence doucement à en parler. Souvent banalisée, elle est pourtant révélatrice d'une société jugeante et moralisatrice, prise entre des injonctions paradoxales bien lourdes...

Décembre 2017

Writers: 
Marine Combe
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Marine Combe
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La réhabilitation des femmes qui ont marqué l’Histoire est une thématique récurrente dans cette rubrique. On ne s’en cache pas, on adore dévorer les bouquins, romans graphiques, magazines, etc. qui retracent les parcours de celles qui ont œuvré au même titre que les hommes au développement des sociétés mais qui - parce que l’Histoire est écrite par les hommes, pour les hommes – ont été oubliées.

On est donc ravi-e-s qu’un nouvel ouvrage rejoigne les étagères de notre bibliothèque féministe, celui du collectif Georgette Sand, Ni vues ni connues – Panthéon, Histoire, mémoire : où sont les femmes ?, publié début octobre par les éditions Hugo&cie (collection Hugo Doc Les Simone).

Entre la préface de l’historienne Michelle Perrot et la postface de la dessinatrice – célèbre pour ses Culottées – Pénélope Bagieu, on croise des artistes, des aventurières, des méchantes inventées ou avérées, des femmes de pouvoir, des intellectuelles, des militantes et des scientifiques. De toutes les époques et de tous les continents.

Si certains parcours sont connus, comme Camille Claudel, Alexandra David-Néel, Rosa Luxembourg ou encore Marie Curie, la force du bouquin est de proposer une majorité de portraits de noms inconnus. On découvre avec passion qu’elles ont souvent été précurseures dans leur domaine mais dans l’ombre de leurs maris, reléguées au statut de muse ou décrédibilisées, elles n’ont pas obtenu la reconnaissance méritée. Si là franchement vous ne vous dites pas que c’est une brillante idée de cadeau pour Noël, on ne sait plus quoi faire…

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Le 18 novembre dernier, fleurs et bougies ont été déposées place de la Mairie à Rennes en hommage à l’utérus inconnu. Pourquoi ? Pour envoyer un message fort et montrer « aux responsables de cette situation notre détermination ». Comprendre alors : le collectif rennais L’Utéruse poursuit activement son combat pour l’accès égal à la santé pour toutes les femmes.

Constitué depuis dix mois (lire leur interview dans YEGG#58 – Mai 2017), le collectif dénonce le quasi-monopole en Ille-et-Vilaine du laboratoire Atalante Pathologie concernant l’analyse des frottis cervico-utérins. Le 1er février, l’établissement a décidé de revaloriser la tarification de cet acte à travers un dépassement d’honoraires de 6,60 euros.

« À raison de 90 000 frottis par an (soit la quasi totalité des frottis d’Ille-et-Vilaine), les femmes auront payé dans l’année plus de 540 000 euros de dépassement d’honoraires au laboratoire Atalante. Combien de temps supporterons-nous cette injustice qui pèse sur les femmes, dans l’indifférence générale ? », interroge à juste titre L’utéruse dans un communiqué de presse, le 14 novembre.

Parce que le cancer du col de l’utérus tue chaque année 1100 femmes en France, que le dépistage pourrait éviter « le développement de 90% des cancers » et qu’en Ille-et-Vilaine, on constate malheureusement une diminution de 10% de la participation au dépistage en moins de 10 ans, il est scandaleux de sacrifier des vies pour des raisons pécuniaires. Nous, ça nous file des nausées…  

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Title: 
Ni vues, Ni connues... Jusqu'à maintenant !
Title: 
En mémoire de l'utérus inconnu
Summary: 
On croise des artistes, des aventurières, des méchantes inventées ou avérées, des femmes de pouvoir, des intellectuelles, des militantes et des scientifiques. De toutes les époques et de tous les continents.
Summary: 
Le collectif L'Utéruse dénonce le quasi-monopole, et ses conséquences tarifaires, en Ille-et-Vilaine du laboratoire Atalante Pathologie concernant l’analyse des frottis cervico-utérins.

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