Célian Ramis
Le Marché Noir cherche à s'ancrer


Donner une meilleure visibilité aux arts imprimés, tel est le but du festival rennais Le Marché Noir depuis quatre ans. Cette année, il aura lieu du 25 au 27 septembre à l'Ecole des beaux-arts et se prolongera, à travers des expositions et des projections dans le centre-ville, jusque début octobre.
Sur l'affiche du festival Le Marché Noir se dessine une tête à deux visages : à gauche, une apparence masculine, à droite, féminine. Seule la barbe brouille les pistes. « Il y a une étrangeté qui fait qu'on ne sait pas trop ce qu'on voit », explique Julie Giraud, membre de l'atelier La Presse Purée, l'un des trois cofondateurs de l'évènement avec L'Atelier du Bourg et La Barbe à Papier. Et comme tous les ans, l'atelier d'initiation à la sérigraphie et à la gravure, qui se déroulera les 26 et 27 septembre, a puisé sa thématique, « Cul-de-jatte et femme à barbe », dans le visuel.
Réalisé par l'association Le Marché Noir, regroupement des ateliers, il « donne une liberté » à l'imaginaire des personnes qui y participeront. « Les inscrits créent en une après-midi une image à partir du thème : ils la dessinent puis la façonnent et l'impriment, détaille Anna Boulanger, illustratrice à l'Atelier du Bourg. Le résultat peut être aussi bien imprimé sur des affiches, que des cartes postales ou des t-shirts. » Pour simplifier, la sérigraphie utilise la méthode perfectionnée du pochoir. « C’est-à-dire qu’on imprime couleur par couleur, développe Julie Giraud. Quant à la gravure, on creuse sur une plaque pour réaliser le motif puis l’encre, à l’aide d’une machine, rentre dans les vides. »
ESPACE D’ÉCHANGES
L'envie de faire connaître leur savoir-faire est à la base du Marché Noir, monté en 2011. « Nous souhaitons accompagner les collectifs qui démarrent et même ceux qui n'ont aucun soucis. On pense juste que ce qu'ils font, ça déchire ! », sourit Maud Chatelier, plasticienne à L'Imprimerie, un autre atelier rennais qui a rejoint l'équipe en 2012. La ville ou le pays ne sont pas des critères de sélection, seule « la volonté de créer des ponts et des accroches » entre professionnels. Cette année, une quarantaine d'ateliers sera représenté sur 36 stands.
« Les arts imprimés regroupent beaucoup de choses : sérigraphie, gravure, livres... Ce sont des éditions limitées, de l'impression manufacturée et du multiple même si cela reste artisanal. Il y a une volonté de faire tout nous même », définit Maud.
Le système D caractérise l'esprit même du festival.
« La première année, on n’avait rien !, se souvient la créatrice de La Presse Purée. D'où un côté débrouille très créatif puisque pas le choix. »
TOUCHER UN LARGE PUBLIC
Comme l'édition précédente, le Marché Noir se prolonge jusqu'en octobre à travers des expositions, conférences et projections, cette fois-ci, dans neuf endroits de la ville. «Cela crée une dynamique pour pouvoir voir au moins un événement », développe Maud Chatelier. Car hormis les connaisseurs de ce milieu artistique, le grand public a été peu présent les deux premières années. De cette réalité, l'équipe du Marché Noir en a conscience.
Le nom du festival vient d’ailleurs de là : « L'expression "le marché noir" est un peu comique. À l'époque, cela partait du constat de ce qu'était l'estampe (terme généraliste pour désigner la gravure et la sérigraphie, ndlr) : un petit milieu où tout se faisait sous le manteau et se donnait de main à main. Dans les salons, on retrouvait tout le temps le même monde aussi bien au niveau des ateliers que du public », se rappelle Julie. Les animations pour enfants et le concert à chaque soirée d'ouverture participent à cette envie de s'ouvrir à un plus large public.
Passée de main à main, mise sous le manteau… C’est aussi de cette façon qu’est apparue la sérigraphie en France, pendant la Seconde Guerre mondiale, importée par les soldats américains pour marquer leurs appareils.
« Elle a survécu grâce aux résistants, ils cachaient le matériel en le remplaçant par des objets du quotidien, comme des tableaux ou des rideaux. Ce qui leur permettait de le transporter sans se faire attraper ! »
raconte l’enseignante aux Beaux-Arts de Rennes.
PLACE ARTISTIQUE À DÉFINIR
Lors de cette quatrième édition, Le Marché Noir proposera, pendant plusieurs semaines, des temps de réflexions sur les livres d'art, autre volet des arts imprimés. Des étudiants de l’école de Rennes exposeront onze projets à l'Institut Pasteur autour du « livre mutant », sur lesquels ils travaillent depuis avril. L'objectif : le détourner de sa fonction première. « L'exposition Au-delà de la réserve, les mutations du livre au Frac (Fonds régional d'art contemporain) interroge aussi les limites du livre et son contenu. L'art contemporain a ces questionnements depuis les années 60 », rajoute Maud. Et ces thématiques traversent autant les travaux de cette dernière que ceux d'Anna Boulanger.
Or, sont-elles artistes ou artisans ? La question se pose, puisque beaucoup des organisateurs du Marché Noir ont étudié dans des écoles d'arts plastiques. Pour Julie Giraud, pas de doute : elle se définit artiste. « Ma sérigraphie est liée à mon travail plastique. L'artisan est à la recherche de la perfection technique, il réalise, tandis que l'artiste conçoit et crée », nuance-t-elle. Mais, en France, le milieu professionnel ne le voit pas de cette manière.
« L'estampe est fortement dévaluée par les galeristes car ce n'est pas vu comme un art mais une reproduction, contrairement à l'Allemagne, la Belgique, la Hollande ou les États-Unis où la pratique est équivalente à la peinture et au dessin », constate Julie. Pour autant, elle revient sur le devant de la scène dans le pays depuis plus d'une dizaine d'années.
« La mode du Do It Yourself est arrivée d'une part, puis l'envie de retourner au côté manuel, après l'époque de la perfection du numérique, d'autre part »
explique-t-elle.
Ce temps de rencontres que permet Le Marché Noir amène ainsi à réfléchir sur la pratique, le rôle et l'avenir des sérigraphes, graveurs et éditeurs dans les arts.


Ici, elle opte pour des dessins que chacun peut photocopier directement dans la galerie, pour 1 euro, et repartir avec : « Il faut désacraliser ce côté précieux. Je veux qu’on puisse jouer et parler avec l’œuvre. Et que le dessin puisse partir à la poubelle sans complexe au final. »

Elle commence alors par travailler sa voix, l’instrument qu’elle peut emmener partout. Sans intégrer une école de musique ou le conservatoire, elle tâtonne et vogue à l’instinct. Puis, à 10 ans, Orianne apprend la guitare : « J’ai commencé parce qu’on m’a mis la guitare entre les mains. Avec la voix, ça me donnait les moyens de raconter des histoires, des émotions. J’écris depuis que je suis petite. »
Depuis un an, Orianne se lance un nouveau défi : écrire en français. Après sa première tournée avec Miossec, dont elle fait la première partie, le chanteur la pousse à composer dans sa langue maternelle. Elle lui envoie ses premiers textes et repart en tournée avec lui. L’occasion de tester ce nouveau travail auprès du public. « Je voulais m’adresser aux gens dans ma langue et parler de sujets très personnels et douloureux. Je ne voulais plus de la protection de l’anglais », explique-t-elle.


Une facette réaliste et intéressante qui nous plonge au cœur d’un sujet de société complexe dont on ne perçoit encore que la partie émergée de l’iceberg. Toutefois, on regrette que la question de l’amour inconditionnel ne soit pas portée à son paroxysme, comme si la réalisatrice n’assumait pas entièrement sa volonté de déculpabiliser les femmes, étouffant légèrement la violence qui se dégage de cette situation délicate et anxiogène.



Pas étonnant donc que l’Antipode MJC les ait convié à la 5e édition de Court Circuit, à la découverte des quartiers Cleunay, La Courrouze et Arsenal Redon. À l’instar de The last morning soundtrack, Ladylike Lily, Chapelier Fou ou encore Auden, Nefertiti in the kitchen est entré, du 3 au 5 juin, dans l’arène de cette formule inédite : 3 jours, 9 lieux, 9 concerts.
La magie opère. Les chansons s’enchainent entre complaintes, électroswing psyché, airs de fanfare à la Molotov Jukebox, ballades à la Maïa Vidal et envolées jazzy/blues. On ne cesse de voyager à travers le temps et l’espace, bringuebalés entre le Paris des années folles et les laboratoires fantasques dans lesquels s’expriment les génies diaboliques.
Après 10 ans à Lille, la photographe Catherine Duverger revient en terre bretonne et occupe, depuis le 15 avril 2014, l’atelier n°6, situé dans le quartier de la Poterie. À l’occasion d’une collaboration avec trois artistes peintres, Richard Jouy, Simon Poligné et Alexis Nivelle, elle nous ouvre les portes de cet espace insolite qui abrite vie privée et ébullition créative.

À l’échauffement, mené par Sylvie, kiné bénévole pour l’association Cap Ouest, la bonne humeur est le maitre mot. Les participantes – une vingtaine ce soir-là, mais l’équipe regroupe plus de 30 dragon ladies – ont à cœur de s’investir dans leur activité. Elles ont toutes subi un cancer du sein, sont en rémission ou en cours de traitement, et le dragon boat est leur bouffée d’oxygène. « C’est une 2e famille », n’hésite pas à dire Claudine, 54 ans, présente depuis le lancement des Roz’Eskell en septembre 2013.
« J’avais honte de n’avoir qu'un sein. Quelle horreur ! Depuis que je suis dans les Roz’Eskell, je suis fière de dire que je suis une dragon lady ! », avoue Claudine, rejointe par Chantal : « Un cancer du sein, c’est lourd. En avoir un 2e, c’est difficile de s’en remettre. Ici, ça nous permet de nous reconstruire. Ça développe une sorte de sororité. On a des affinités particulières avec certaines bien sûr, c’est comme partout. Comme dans une micro société, il y a les grognons, les chieuses, les rigolotes, les renfermées en cas de coup de blues ! Et on s’apprécie toutes ! »
Les voilà parties pour 1h30 d’activité, rythmée par les « Yop » de Papia ou les coups de tambour qu’elle marque pour l’entrain et la synchronisation des participantes. Et quand elle ne donne pas le ton, les unes et les autres entament des chansons en chœur ou en canon avec les deux bateaux.

De fil en aiguille, de projets en rencontres, elle effectue un stage dans un groupe congolais. De là nait son envie de danser, ce qu’elle fait en intégrant un groupe de danse traditionnelle, avant de découvrir la danse contemporaine, d’entrer à son tour dans la fameuse école de danse et créer ses spectacles, dont son solo « Fashion Victim », que le public rennais pourra découvrir le 20 mai, à l’occasion de la soirée « Sous la lumière », intitulée « De Rennes à Yaoundé, la quotidien de femmes d’aujourd’hui » dans laquelle les 2 danseuses seront entourées d’autres professionnelles comme Anne-Karine Lescop et Morgane Rey, d’associations telles que Danse à tous les étages et HF Bretagne, de Djaïli Amal Amadou, auteur de L’art de partager un mari et de Kouam Tawa, auteur en résidence au Triangle également.