Célian Ramis
Sexisme et racisme : créer à l'intersection des dominations

Cantonnées aux marges, les questions raciales sont majoritairement reléguées au second plan et assignées aux artistes concerné-es. À l’invitation d’HF+ Bretagne, Amandine Gay et Bérénice Hamidi ont mis en lumière les mécanismes imbriqués de domination – sexisme, racisme et privilège blanc – qui traversent les arts et la culture en France, en soulignant l’urgente nécessité à transformer, en profondeur, les institutions et les imaginaires.
En 2006, le rapport de Reine Prat, réalisé pour le ministère de la Culture et de la Communication, fait l’effet d’une bombe, déclenchant une prise de conscience des inégalités entre les femmes et les hommes dans les arts et la culture. Si la parité existe approximativement aux postes administratifs des grandes institutions culturelles, l’écart est vertigineux aux postes de direction. Trois ans plus tard, un second rapport est publié pour analyser les évolutions. Celui-ci révèle l’absence de changement, voire une dégradation dans certaines disciplines. C’est dans cette nécessité d’actions que naissent les antennes HF qui s’attachent à compter pour non seulement obtenir des statistiques solides révélant l’ampleur des inégalités, mais aussi observer les espaces et postes auxquels on trouve les femmes et les hommes.
INTERROGER LES MÉCANISMES DE DOMINATION
L’autrice et metteuse en scène Marine Bachelot Nguyen, en introduction de la rencontre, parle d’un « milieu qui se perçoit progressiste » pourtant « traversé par des discriminations et imaginaires empreints de sexisme, de racisme, du passé colonial, etc. » Si la question du genre, à la fois au sein des structures et dans les thématiques portées auprès du public, est posée depuis 20 ans à l’échelle nationale et institutionnelle, celle de la diversité a plus de peine à s’ancrer dans le débat et les mentalités. La soirée interroge non seulement le sexisme existant mais aussi et surtout les mécanismes de la domination blanche, voire de la suprématie blanche qu’Amandine Gay décrit comme « un régime politique qui nous imprègne toutes et tous, au même titre que le patriarcat et le capitalisme. »
C’est avant tout d’intersectionnalité dont les deux invitées parleront, au prisme de leurs parcours et domaines d’expertise croisés pour présenter une analyse en profondeur de la situation des artistes racisé-es en France et proposer des outils engagés et efficaces pour agir concrètement.
DES EXISTENCES NIÉES
Leurs trajectoires professionnelles sont imprégnées des logiques discriminatoires banalisées dans et par la société. Elles en témoignent, chacune à son endroit. Au départ, Amandine Gay se rêvait comédienne. Et pour cela, elle intègre le Conservatoire des arts dramatiques de Paris. Les auditions qu’elle décroche ont en commun le stéréotype des femmes noires. Esclave, exilée, travailleuse du sexe ou taularde… Elle claque la porte « frustrée de ces ‘’castings de noire’’ ». Elle écrit des fictions et travaille notamment sur une série inspirée d’un Sex and the city à la française. « Ça part en développement ! Une des personnages était noire, sommelière et lesbienne. Et en 2012, c’était trop ! On m’a dit que ce n’était pas réaliste. Que cette fille-là n’existe pas en France… », déplore-t-elle, en précisant : « J’ai managé des bars à vin, je suis noire et je suis bi donc pour moi, c’était réaliste… »
L’étau se resserre. Apparait une alternative en 2014 : réaliser son propre film en donnant la parole aux personnes concernées. De là, nait le documentaire Ouvrir la voix, qu’elle fabrique par ses propres moyens avec son compagnon, dans leur salon. Résultat : en voyant le rendu, iels prennent conscience de la qualité et de la puissance de la vidéo. Réappropriation de la narration par les femmes noires, plans serrés, légère contreplongée et respirations théâtrales, les choix sont engagés et impactants. « C’est un film sans thunes où les femmes noires sont belles. Et dans lequel je voulais montrer qu’on avait des pratiques artistiques qu’on ne nous autorisait pas », déclare la réalisatrice. L’œuvre, destinée à une mise en ligne sur Youtube, sortira finalement au cinéma en 2017.
UN DÉNI FAMILIAL
De son côté, Bérénice Hamidi a longtemps esquivé les questions de genre et de race et s’est penchée sur la cause de ce déni colonial et patriarcal dans son militantisme et dans sa famille. « Mon père est en partie algérien et j’ai découvert à 40 ans que j’étais issue de la 2e génération. J’ai été socialisée à incorporer les normes patriarcales et aussi dans l’intériorisation du racisme », souligne-t-elle. Dans une famille communiste, la question de classe est prioritaire. Le reste, secondaire. Voire totalement impensé. Pour autant, ça lui a fourni « une bonne matrice. » Saisir l’imbrication des discriminations lui prend du temps, selon ses dires, mais elle finit par mettre le doigt sur le concept théorisé par Kimberlé Crenshaw, l’intersectionnalité. Parce que les femmes noires ne vivent pas le même sexisme que les femmes blanches et ne vivent pas non plus le même racisme que les hommes noirs, penser les dominations sous un prisme universel est impossible, voire désastreux. « L’intérêt, c’est de penser à la racine ce qu’il y a de commun dans les mécanismes de racisme, de sexisme, de classisme, etc. et de se doter de catégories pour ne pas redoubler d’aveuglement », analyse la sociologue.
De la pratique du théâtre à la recherche, en passant par le cirque et la maternité, Bérénice Hamidi entremêle expériences empiriques et théoriques. Avec le rapport de Reine Prat, elle sait désormais que le sexisme n’agit pas uniquement dans les professions artistiques mais aussi dans l’ensemble des représentations culturelles. « Je suis fan de séries et je constate par exemple que chez Netflix, il y a des productions moins sexistes et plus progressistes. On voit apparaitre la diversité des corps, mais aussi la diversité dans des récits, des interactions et des dynamiques narratives qu’il n’y avait pas dans le théâtre subventionné », observe-t-elle. Un parcours dans lequel son histoire personnelle et son cadre professionnel façonnent et affutent son regard sur les inégalités de genre, de race et de classe.
DES CONTROVERSES QUI CONFRONTENT À LA RÉALITÉ
Si le talent n’a pas de sexe, il ne devrait pas non plus avoir de couleur de peau. Pourtant, les choix politiques opérés dans un contexte de déni postcolonial établissent une hiérarchie des causes où la question raciale reste reléguée au second plan derrière les politiques de genre. En 2006, le rapport de Reine Prat ne traite d’ailleurs que des questions de genre : « Elle n’a pas pu analyser toutes les discriminations. Mais déjà, la demande est arrivée par le haut, ce qui facilite les choses je dirais. » Une différence nette en termes de visibilité et de légitimité là où les controverses sur le racisme vont arriver « par le bas et de biais », lit-on dans l’ouvrage collectif Les damné-es de la scène, co-dirigé par Bérénice Hamidi. Après « plusieurs arrivées manquées », la question raciale s’inscrit au programme de la saison 2014/2015, à travers deux affaires.
D’un côté, le spectacle Exhibit B, pensé comme une dénonciation du racisme critiquant les zoos humains, est accusé de recréer des rapports de domination en mettant en scène des corps noirs dans une disposition scénique reproduisant des schémas de pouvoir, sous la direction d’un artiste blanc (Brett Bailey). De l’autre, le dispositif Premier Acte, destiné à favoriser l’accès d’acteur-ices racisé-es aux grandes écoles, est vivement critiqué lors de son inauguration pour avoir créé un parcours à part, stigmatisant et pensé sans remise en question des rapports existants. Ces polémiques, et d’autres qui suivront, ont un point commun : elles confrontent la manière dont on lutte contre les discriminations, pour qui on le fait, comment et par qui ? Ces enjeux mènent à l’émergence du collectif Décoloniser les arts qui interroge non seulement les représentations portées au plateau, la place des artistes racisé-es dans les rôles et les équipes mais aussi les structures directement des institutions culturelles.
DERRIÈRE LES CHIFFRES, DES ÉVOLUTIONS POSSIBLES
Si en France, on résiste aux statistiques ethniques officielles – car officieusement, on sait que 30% de la population française a des origines extra-européennes, comme le souligne Marine Bachelot Nguyen – la chaine de télévision britannique BBC s’appuie depuis longtemps sur des chiffres spécifiques pour sa politique d’équité et de diversité, basés sur la race, la classe, le genre, le handicap et l’orientation sexuelle. À partir des « BBC Target », l’entreprise observe l’évolution de ces indicateurs dans ses équipes administratives, créatives et techniques. C’est, pour Amandine Gay, un des exemples les plus frappants : « Mes séries préférées viennent de la BBC. Ce sont des récits que je n’ai jamais vus ailleurs ! Parce qu’ils ont transformé toute leur structure ! »
Une base solide, plutôt qu’une façade derrière laquelle se niche un intérêt capitaliste. « Leur slogan, c’est - en français – ‘‘Vous y appartenez, vous êtes important-es parce que la BBC vous appartient’’. On est dans des demandes politiques, pas identitaires ! C’est le service public qu’on paye avec nos impôts, on a le droit de récupérer notre argent pour nos productions ! », revendique la créatrice. Malgré son succès, elle est toujours reléguée à la commission diversité, « et pas à celle où il y a les gros sous ». D’où l’importance de structurer en profondeur les institutions avec les personnes concernées. Ne pas être simplement un nombre mais devenir une voix du changement.
L’IMPORTANCE DE LA COERCITION
C’est là l’enjeu, selon Bérénice Hamidi pour qui compter apparait comme la première étape, indispensable « pour objectiver les discriminations et inégalités ». Un travail colossal réalisé depuis de longues années par HF, comme elle le signale avant de poursuivre sur la deuxième étape : celle de la coercition. « Si on n’oblige pas aux objectifs chiffrés, les dominants ne veulent pas donner le pouvoir. Sur les représentations, c’est plus compliqué. Il y a la notion de charge de la visibilité ! », constate-t-elle. Lutter à l’échelle individuelle, et notamment pour les artistes racisé-es, est une mission ardue : « Peu ont de la notoriété. Ils et elles portent la charge raciale, l’injonction à l’exemplarité… Il y a des initiatives mais il est encore demandé aux personnes qui subissent les oppressions de créer les dispositifs pour sortir de ces oppressions ! »
Membre du collectif 50/50, une association pour promouvoir l’égalité femmes-hommes ainsi que la diversité sexuelle et de genre dans le cinéma et l’audiovisuel, Amandine Gay explique l’idée du malus pour les équipes disposant de moins de 30% de femmes, en opposition avec le bonus parité mis en place par la structure : « On entend tout le temps dire qu’on ne trouve pas les femmes… Je peux vous dire que quand on met des malus, vous les trouvez vite les femmes ! » Pareil, elle rappelle l’importance de la coercition. Et témoigne des conséquences de la charge raciale de représentation dont fait état la chercheuse qui déverrouille la pensée du sexisme comme affaire de femmes et le racisme affaire de racisé-es. « On parle peu de la liberté d’expression et de création pour les personnes opprimées. On ne se demande pas ce que ça veut dire pour nous, artistes, de passer du temps à faire de la pédagogie, de monter des dispositifs, etc. », livre l’autrice d’Une poupée en chocolat. C’est là une part de sa réalité : « Je n’ai pas le privilège d’être juste une artiste ! »
POUR DES IMAGINAIRES RICHES ET COMPLEXES
Par manque de relais (et de volonté) institutionnel, ces luttes reposent sur celles et ceux qui subissent les dominations, transformant leurs expériences en expertise contrainte : assigné-es à éduquer, militer et à créer les solutions et leviers, les artistes concerné-es se retrouvent réduites à ce domaine, au détriment de leur liberté d’expression et de création. « On reproche à Théodora de ne pas s’engager suffisamment contre le capitalisme dans l’industrie musicale. Mais fait-on le même reproche aux artistes blanc-hes ? On nous ramène à l’injonction à la lutte… », scande Amandine Gay. Résultat : « On est 3 réalisatrices noires à avoir nos films en salle sur des sorties nationales… Alice Diop, Mati Diop et moi. Mais qu’est-ce qui se passe quand on n’a pas fait Sciences Po ? Ou quand on n’a pas des parents blancs ? »
Les représentations proposées à l’écran en sont directement impactées. Encore façonnés par les héritages postcoloniaux et patriarcaux, les imaginaires sont restreints, limités et même biaisés, faussés, malmenés.
« Le male gaze est aussi un white gaze, un cis gaze, etc. À la racine, ce sont les mêmes mécanismes de binarité. Le dominant crée les catégories et se visibilise »
ajoute Bérénice Hamidi.
Et de là s’impose le cadre de nos émotions, et notamment de notre empathie. Un privilège dont bénéficient les personnages accédant à une forme de complexité et d’humanité, à l’instar « des hommes violents, blessés, à excuser… »
BESOIN DE DIALOGUE ET DE COLLECTIF
Ensemble, elles pointent la responsabilité des artistes, des institutions majoritaires et globalement des personnes blanches à interroger leurs pratiques, leur position dominante et les privilèges qui y sont attribuées ainsi que leur rôle d’allié-es dans la transformation des récits et des structures. « Réfléchir en termes de rapports de pouvoir, c’est important. Pour sortir de l’ignorance, il faut se situer. Toujours », poursuit Amandine Gay.
Elle invoque avec conviction et aussi une forme d’urgence la nécessité du collectif. Par les associations, les syndicats ou autres, elle y voit une porte d’entrée salvatrice et indispensable pour se former, monter en compétences, connaitre ses droits, lutter contre les dominations et l’obscurantisme, délester les concerné-es d’une charge qui entrave leurs parcours et carrières, ce qui limite au passage l’émergence de nouveaux récits, plus riches, plus complexes, plus justes, plus profonds et nuancés, plus vrais. « Ça ne va pas se régler tout seul ! Rentrer dans des collectifs, ça permet d’avoir une base commune et donc de lutter contre la destruction du commun ! », targue Amandine Gay, qui rejoint la conclusion de Bérénice Hamidi sur le besoin vital de dialogue pour ne pas sombrer dans l’obscurantisme : « La liberté d’expression est sacrément malmenée en ce moment. Une des priorités, c’est de confronter les personnes qui sont en train de perdre leurs repères ! »
- Rencontre croisée organisée par HF+ Bretagne aux Ateliers du Vent à Rennes le 12 mars, dans le cadre du 8 mois et du mois de lutte pour les droits des femmes et minorités de genre.

Dans le body horror, les personnages féminins sont fréquemment utilisés. La grossesse, l’accouchement, les menstruations, le post partum sont des thématiques récurrentes, « parfois abordées de manière catastrophique et parfois abordées de manière innovante ». Elle cite alors Ginger Snaps, de John Fawcett, dans lequel la protagoniste est griffée dans le dos par une bête. A l’approche de ses règles, la jeune femme devient de plus en plus monstrueuse. « Ce qui est drôle, c’est que finalement ce n’est pas parce qu’elle a ses règles qu’elle est comme ça, c’est parce qu’elle est devenue un loup-garou », s’amuse Manon Franken. Ce à quoi Cyrielle Dozières rétorque : « Le cinéma de genre a beaucoup exploité ça pour créer de l’horreur alors que pour les femmes, avoir ses règles, c’est quelque chose de banal… » Voilà qui pose la question du regard porté sur le propos cinématographique. 
Difficile de parler de représentation de la sexualité et du plaisir féminin sans évoquer la problématique du male gaze, traduit en français par regard masculin. Théorisé en 1975 par Laura Mulvey, il encadre toute une culture visuelle imposant, à travers le corps des femmes, l’expression de leur sexualité, leurs postures, attributs et soumission, une vision patriarcale hétérosexuelle cisgenre dans le but de satisfaire le plaisir masculin. Cyrielle Dozières, directrice du festival Court Métrange à Rennes, rappelle que plus récemment, c’est Iris Brey qui a, en France, réintroduit cette notion sous l’angle du regard féminin qu’elle analyse dans son livre éponyme. Elle décrit la représentation de la sexualité comme un spectacle et non comme une expérience. « Les deux courts-métrages que l’on a sélectionnés ne sont pas dans cette optique-là, mêmes s’ils sont imparfaits et qu’on peut interroger des choses dedans. Il faut déjà préciser qu’en 19 ans de festival, il y a eu très peu de films qui ont présenté le plaisir féminin et la sexualité. Ici, ils montrent le plaisir par l’expérience de la femme, par l’intérieur du personnage. », précise-t-elle, en ajoutant : « C’est très important de pouvoir représenter le corps et le plaisir d’une femme qui n’est pas dépourvue d’une personnalité. »
Le plaisir féminin est souvent tabou. Honteux, caché. À l’instar des organes sexuels qui sont en partis dissimulés et méconnus. « Pendant le Moyen-Âge et la Renaissance, les femmes étaient considérées comme lubriques. Celles qui attirent et qui sont attirées. Parce qu’elles sont facilement corruptibles, sensibles, etc. elles sont davantage tentées par le malin, le diable. Leur appétit sexuel était considéré comme vorace et insatiable, c’est pourquoi on a pensé qu’il fallait endiguer le plaisir féminin. Cette pensée a traversé les siècles. », analyse Maude Robert. Tentation, peur, sexualité, mort, plaisir se croisent, se confrontent et se répondent dans les deux courts-métrages. « Ce sont des thématiques qui irriguent complétement le cinéma de genre. Le genre horreur. », ajoute Cyrielle Dozières. La dualité, le choc, la résistance et l’acceptation semblent des étapes essentielles à la découverte de la sexualité. L’aspect pulsionnel dont parlait déjà Maude Robert refait surface, servant de levier dans la compréhension de l’utilisation de cette figure monstrueuse : « Dans les pulsions, il y a une forme de monstruosité. La vie pulsionnelle en général ne correspond pas aux valeurs morales. Il y a les pulsions de mort, de destruction, d’agression, d’autodestruction. Et il y a les pulsions de vie, d’autoconservation et de sexualité. Tout ne se dit pas en société. Ce n’est pas étonnant d’en passer par le monstre. » Dans La bête, elle y voit une forme de rêve « et le rêve s’achève toujours par la satisfaction du désir. » Si le final indique la jouissance, on peut interroger le rapport de domination montré dans la course poursuite dans la forêt. « Et pourquoi toujours passer par la pénétration ? Est-ce que ce film interroger les limites entre l’acceptable ou non ? On voit une forme de bestialité qui finit par être acceptée. », questionne Cyrielle Dozières. 




Malgré le postulat de départ qui nous laisse imaginer un humour parodique, la réalisatrice – qui affirme être réellement fan de Céline Dion - accentue la portée dramatique de son propos. Plus épuré au niveau des personnages que dans Tout ce qui brille et Nous York, basés sur des bandes d’ami-e-s, le film se concentre sur un nombre plus restreint de personnalités que Géraldine Nakache peut davantage amplifier et complexifier, rendant centraux les silences et les non-dits.
Drôles et percutants, les dialogues apportent de la fraicheur et du rythme à cette histoire de famille qui pourrait être celle de milliers de gens. Géraldine Nakache nous surprend de par les subtilités du langage non verbal, qui dévoilent l’étendue de son talent d’actrice - même s’il n’est plus à démontrer, à l’instar d’une Leïla Bekhti à l’interprétation intense et toujours plus captivante de film en film.

Ce rapport à la religion, elle l’avait déjà noté dans son travail autour des menstruations. Au Brésil déjà elle entreprenait des performances autour des règles et en venant en France pour poursuivre ses études d’arts plastiques, elle a rédigé un mémoire sur ce sujet auquel elle s’est intéressée dans plusieurs pays et plusieurs cultures.
Ah non non non c’est vrai. A la SCAM, il y a un exemple sur les chiffres. Ils datent de 2014 – 2015 mais doivent probablement être assez actuels, même si ça pousse à la SCAM, avec un CA qui est en train de se féminiser. Mais, à la SCAM, il y a 35% de femmes sur presque 30 000 adhérents.
Ainsi, elle peut présenter au public une vision non manichéenne de cette histoire vraie, adaptée pour le cinéma, et non simpliste. Avec un homme bien sous tout rapport, enfermé dans son mensonge, qui n’apportera aucune explication sur son addiction à la cocaïne et fera tout pour s’en sortir seul. Et une femme droite dans ses bottes qui va entrer dans le mensonge sans vraiment le vouloir, sans se considérer comme une victime.