Célian Ramis
"C'est important de dire qu'il existe des femmes scientifiques !"

Lauréates du prix jeunes talents L’Oréal-UNESCO – Pour les femmes et la science en 2022, Delphine Leclerc, 25 ans, doctorante en biologie moléculaire et cellulaire à Rennes, et Mégane Bournissou, 27 ans, post-doctorante en mathématiques à Bordeaux, croisent leurs regards et leurs parcours sur les trajectoires scientifiques et les problématiques liées aux inégalités persistantes entre les hommes et les femmes.
Les chiffres sont édifiants : en Europe, seulement 14% des postes scientifiques à responsabilité sont occupés par des femmes. À l’échelle mondiale, elles ne représentent que 33,3% des chercheur-euse-s et moins de 4% des prix Nobel scientifiques ont été décernés à des femmes. Intégration des stéréotypes de genre dès la petite enfance, manque de représentation des personnes sexisées dans les matières scientifiques, violences sexistes et sexuelles difficiles à dénoncer et plafond de verre sont autant de freins à identifier qu’à lever pour permettre aux concerné-e-s d’accéder à des métiers restant aujourd’hui encore des bastions masculins.
Même là où ça progresse, la figure du scientifique blanc, âgé, cisgenre, hétérosexuel et bourgeois prédomine encore dans les imaginaires collectifs. Ainsi, les revendications en faveur de l’égalité se multiplient. Financements équitables de leurs travaux, égal accès à la prise de paroles, opportunités de publications et de promotions, visibilité des femmes à travers la diversité des domaines et des profils sont les enjeux du programme Pour les femmes et la science, porté par la fondation L’Oréal, associée à l’Unesco, qui, à ce titre, récompensent chaque année plusieurs dizaines de doctorantes en France. Ainsi, elles obtiennent une reconnaissance financière et professionnelle et deviennent les ambassadrices de l’égalité femmes-hommes dans les carrières scientifiques.
YEGG : Que signifie, pour vous, ce prix ?
Delphine : C’est une très grande fierté. Ça récompense mon travail et permet d’offrir de la visibilité à mes travaux. Actuellement, les chercheurs académiciens sont récompensés plutôt vers le milieu ou la fin de leur carrière. Là, le fait de recevoir un prix dès le début de notre carrière, c’est vraiment très encourageant !
Mégane : Ça permet, je pense, d’asseoir une certaine confiance en nous et notre place dans le monde dans lequel on évolue. Ça permet de se rassurer sur sa légitimité.
YEGG : Avant le doctorat, quel a été votre parcours ?
Delphine : Petite, j’ai été très stimulée par mes parents. Ma mère ne travaillait pas et j’ai fait beaucoup de jeux de logique et de stratégie avec elle. Mes parents m’ont très souvent emmenée au Palais de la Découverte et pour moi, c’était comme la caverne d’Ali Baba !
Je regardais les chercheurs qui réalisaient des expériences devant moi et c’était comme de la magie. J’avais envie de comprendre comment ils faisaient…
J’ai alors fait un baccalauréat scientifique à Caen et ensuite, j’ai décidé de m’orienter dans la biologie car j’étais intéressée par la recherche médicale. J’ai fait un IUT Génie Biologique à l’université de Caen et j’ai poursuivi mes études à Rennes où j’ai fait une licence 3 en Biologie, le master Biologie moléculaire et cellulaire et là je suis en 3e année de thèse au laboratoire INSERM U1242.
Mégane : Pour moi, c’était moins clair, au sens où au lycée, j’aimais énormément l’école et apprendre de manière générale. Je me rappelle avoir été passionnée par les explications de texte en français autant que par les exercices de maths. J’aimais beaucoup apprendre et je pense que j’ai été très influencée par les professeur-e-s que j’avais. J’ai choisi les études scientifiques parce que j’aimais ça mais aussi parce que le discours c’était que ça ouvrait plus de portes. J’ai fait un bac S à Poitiers et après, dans la continuité, j’ai fait une prépa, à Poitiers toujours, en maths-physique. J’ai finalement choisi les maths et j’ai intégré l’ENS Rennes. Mais vu que je n’aime pas choisir, dans le département de mathématiques, j’ai fait une double licence de physique en parallèle. Puis, j’ai poursuivi en thèse à l’ENS Rennes.
YEGG : Pouvez-vous vulgariser vos travaux de thèse ?
Delphine : Je peux partir d’un chiffre. Dans le monde, il y a 250 millions de personnes qui souffrent de maladies génétiques et malheureusement, la plupart n’ont pas accès à des traitements curatifs. Mon rôle en tant que biologiste, ça va être de concevoir de nouveaux traitements et de tester leur efficacité in vitro pour corriger les mutations dans l’ADN qui sont responsables de ces maladies génétiques. Pour ça, j’utilise la technologie, très connue dans mon domaine, CRISPR-Cas9, qui s’appelle également le « gene editing ».
YEGG : Que fait cette technologie ?
Delphine : Elle permet d’agir sur l’ADN pour modifier les nucléotides et réécrire à façon le génome pour corriger des mutations. La technologie existait déjà, moi je l’ai adaptée à la pathologie sur laquelle je travaille.
YEGG : Vous avez testé ?
Delphine : Oui, j’ai testé l’efficacité de cet outil sur les cellules d’un patient en particulier qui était atteint d’une maladie génétique qu’on appelle la gangliosidose. C’est une maladie neuro-dégénérative et les patients ne disposent pas de traitement. J’ai prouvé que la technologie utilisée était efficace pour corriger la mutation associée à cette pathologie. Je n’ai bien évidemment fait aucun test sur le patient. Uniquement in vitro sur des cellules en culture. Et l’objectif dans le futur, c’est d’apporter ces outils vers la clinique, tout en sachant qu’aux Etats-Unis, il y a déjà certains essais cliniques qui ont démarré pour le traitement notamment de la drépanocytose. On a encore peu de recul sur les résultats mais le peu qu’on a laisse sous-entendre que cette technologie est vraiment ultra efficace.
YEGG : Et vous, Mégane ?
Mégane : Avant d’expliquer mon sujet de thèse, je dois souligner que je fais de la recherche fondamentale en mathématique. Un des buts est d’améliorer la compréhension du monde au travers des mathématiques. Pour ma part, je suis à un niveau très très abstrait. Je vais étudier des modèles qui ont des difficultés mathématiques particulières et je vais chercher comment les résoudre. Comme je vous le disais, ça se situe à un niveau théorique abstrait parfois loin de la réalité.
YEGG : Vous travaillez en théorie du contrôle…
Mégane : En théorie du contrôle, on s’intéresse à des systèmes physiques sur lesquels on a les moyens d’agir. D’abord un contre-exemple : sur la chute libre d’une balle, la force qui intervient est la force gravitationnelle et on ne peut rien faire à cette force-là, on peut seulement observer le mouvement de la balle. Nous, ça ne va pas nous intéresser. On va s’intéresser à des systèmes comme la voiture ou la trajectoire de la voiture. On n’a pas un rôle d’observateur mais de contrôleur puisqu’à chaque instant, en tournant le volant, en accélérant, etc. on peut influencer cette trajectoire. Sur ce genre de système, on se demande si l’action qu’on a sur la voiture est suffisante pour faire passer le système de n’importe quel état A à n’importe quel état B en un temps arbitrairement court. Pour la voiture, cela correspond à dire : est-ce qu’on peut faire Paris-Marseille en un temps arbitrairement court ? À cause de la phrase « temps arbitrairement court », la réponse est non puisqu’on a des limitations de vitesse ou de mécanique. Si on veut faire une trajectoire spécifique, est-ce qu’on a un moyen d’agir sur le système pour réaliser cette trajectoire ? Moi, je fais ça sur le modèle de la physique quantique, sur l’équation de Schrödinger, qui a une signification physique qui modélise le comportement d’une particule quantique. Je prends ce modèle physique non pas pour l’application qu’il pourrait avoir mais parce qu’il a une difficulté mathématique qui va m’intéresser et que je vais chercher à résoudre. C’est une particule quantique qui est soumise à un laser (une particule quantique a des niveaux d’énergie quantifiés) et on se demande si on a une manière d’utiliser notre laser pour faire passer la particule à un état d’excitation qu’on voudrait.
YEGG : Pardon de poser la question, mais Schrödinger, c’est en lien avec le chat ?
Mégane : (Rires) Avec Schrödinger oui, le physicien, mais pas avec le chat. En mécanique quantique, Schrödinger a fait beaucoup de choses ! Nous, on s’intéresse au comportement d’une particule quantique localisée spatialement qui est soumise à un laser.
YEGG : Y a-t-il eu obtention d’un résultat ?
Mégane : On a eu plusieurs résultats. Le problème, c’est que la réponse n’est pas juste oui ou non, même si la question a été simplifiée à un niveau où on peut la comprendre. Mais la réponse est très technique et fait appel à des outils mathématiques. La chose qu’on peut comprendre, c’est qu’on a un modèle qui est compliqué et une façon de l’étudier, c’est de regarder des modèles simplifiés de l’équation générale. On a identifié des modèles approchés suffisamment précis pour en déduire des informations.
YEGG : Qu’est-ce qui vous anime dans vos recherches ?
Delphine : C’est un moteur au quotidien de me dire qu’un jour, mes recherches pourront peut-être servir à soigner des patient-e-s. C’est très appliqué et c’est de la recherche médicale donc il y a vraiment le/la patient-e derrière qui est là pour, peut-être, pouvoir bénéficier d’un traitement ou bénéficier d’outil pour améliorer son diagnostic.
Mégane : C’est de se dire qu’on contribue à améliorer la compréhension de l’outil mathématique et donc, de manière un peu simplifiée, à améliorer la compréhension du monde. C’est un peu un socle pour comprendre les phénomènes physiques, biologiques, etc. Et même si on est en amont de la chaine, on sait qu’on contribue à développer des outils que d’autres personnes après pourront utiliser pour comprendre des phénomènes et faire des choses avec.
YEGG : Vous avez évoqué tout à l’heure la confiance en soi et la légitimité. Au fil de votre parcours, vous êtes-vous questionnées sur cette légitimité et sur votre place chacune dans votre domaine ?
Delphine : En biologie, la parité n’est pas respectée, en tout cas dans mon laboratoire. Cependant, il n’y a pas non plus une femme pour 10 hommes. Il y a encore des améliorations à faire mais ce n’est pas catastrophique on va dire. En ce qui me concerne, je n’ai pas rencontré de difficulté particulière remettant en question ma place. En revanche, il m’est arrivé parfois d’arriver en stage et de me retrouver dans une équipe 100% masculine et c’est vrai que ça peut être intimidant. J’ai toujours eu des personnes bienveillantes dans mon entourage, à l’écoute et toujours prêtes à m’aider. J’aimerais souligner le fait qu’il y a des efforts qui sont faits dans le domaine. Depuis quelques années, je sais que les écoles doctorales demandent à ce que les jurys de thèse respectent la parité, par exemple. Il y a des petites actions comme ça qui font qu’on essaye d’améliorer les égalités hommes-femmes. Les sciences sont vraiment des disciplines créatives et on a besoin de diversité au niveau des profils pour innover et faire travailler l’intelligence collective. La diversité, c’est à la base de l’innovation.
Mégane : La situation est peut-être plus compliquée en mathématiques, c’est un monde majoritairement masculin. Je pense qu’à niveau conscient, ça n’a jamais impacté mon comportement. Quand j’ai décidé de faire ces études-là et d’intégrer ce monde-là, je ne me suis pas posée la question de si j’allais être minoritaire ou pas ni de l’impact que ça pourrait avoir. J’ai eu une chance incroyable de tomber dans des environnements très bienveillants. Après, il y a quand même quelque chose… J’ai eu à un niveau personnel pas mal de questions sur ma légitimité. J’avais l’impression de ne pas forcément me conforter à l’idée qu’on peut se faire d’un mathématicien. Un discours qu’on peut avoir sur soi-même et que j’ai sur moi-même, c’est que je suis très scolaire et très méthodique et en mathématiques, on a besoin de gens qui ont des intuitions, qui voient les choses… Et donc j’avais l’impression de ne pas me conforter à ça parce que c’était un peu l’image véhiculée.
J’ai longtemps considéré que ces questions d’illégitimité étaient liées à des insécurités personnelles et intimes. Récemment, j’ai rencontré l’idée que l’intime pouvait être politique et ça m’a fait me poser beaucoup de questions.
Notamment parce que j’ai des élèves, des jeunes femmes, que j’ai eu en cours, qui sont venues me parler et qui ont tenu exactement le même discours que moi j’avais tenu à leur place. Ne pas se sentir légitimes, ne pas correspondre aux attendus… La similarité de discours m’a fait dire que le problème n’est sans doute pas intime. J’ai l’impression que dans le parcours, il y a eu une intériorisation.
YEGG : Durant la semaine encadrant la remise du prix, vous avez assisté à des ateliers et conférences. On vous a appris à répondre aux remarques sexistes et parlé des biais de genre. Est-ce que cela a résonné en vous ?
Mégane : C’est durant la rencontre sur « Comment répondre aux remarques sexistes ? » que je me suis aperçue que j’avais eu la chance d’avoir un parcours bienveillant parce que je pouvais me dire que les situations présentées ne m’étaient jamais arrivées. Et bien sûr, ce n’est pas parce que ça ne m’est pas arrivé que ce n’est pas un problème. Là où ça m’a le plus frappée, c’est comme je l’ai dit par rapport à mes élèves, c’est de se rendre compte de la manière dont on se parle à soi, les voix méchantes dans notre tête… Même si on est différentes, on avait quand même toutes ce sentiment d’illégitimité, de doute, etc. Cette similarité de discours est frappante.
Delphine : Il y a un environnement très bienveillant qui s’est instauré entre les 35 gagnantes et certaines ont pu livrer les difficultés rencontrées. Je suis un peu tombée des nues et je ne réalisais pas à quel point j’étais chanceuse. Ça m’a vraiment sensibilisée sur le sujet et j’ai pris conscience de l’importance de ce sujet. A l’avenir, je vais être plus vigilante. On nous a donné des clés de réponse à donner à la personne concernée lorsque l’on est victimes de remarques sexistes et je pense que je vais les utiliser si ça m’arrive à moi ou si ça arrive à une personne de mon environnement.
YEGG : Est-ce que dans vos parcours, vous avez eu des figures un peu modèles ?
Delphine : Les modèles que j’ai eu étaient souvent des maitres de stage (deux hommes et deux femmes). Ce sont elles et eux qui m’ont tout appris : à rédiger un rapport de stage, à mettre au point des expériences, etc. C’est grâce aux stages que j’ai évolué sur le plan personnel, humain, car j’étais très timide et ça m’a montré que moi aussi j’étais capable de donner des résultats à l’oral, devant les autres. Mais aussi sur les plans techniques et scientifiques.
YEGG : Pendant vos études, on ne vous parle pas de personnes ayant œuvré dans ce domaine-là ?
Delphine : Si, mais ça me paraissait un peu abstrait car ce ne sont pas des personnes que je connaissais… Les personnes qui se sont vraiment investies auprès de moi, je considère que ce sont elles qui ont participé à mon éducation.
Mégane : C’est un peu pareil pour moi. Je me suis peu posée la question de « est-ce que quelqu’un d’autre avant moi l’a fait ? ». Je me suis dit « je vais là et puis on verra bien ». Je n’ai pas de personne qui corresponde à l’idée de modèle mais un peu comme Delphine, j’ai des gens qui au quotidien m’ont énormément soutenue et auprès de qui j’ai énormément appris. Je pense à certain-e-s de mes profs de prépa et puis mes encadrant-e-s de thèse qui au quotidien ont eu un impact énorme sur la personne que je suis maintenant. Ils et elles ont nourri des parts de moi qui avaient besoin d’être nourries.
YEGG : Vous avez un rôle de transmission désormais et même d’inspiration : quelle importance accordez-vous à ce rôle ?
Mégane : Même avant le prix, là où j’ai eu l’impression de faire une différence même infime, c’était en tant que prof. Pendant ma thèse, j’ai donné des cours à l’ENS Rennes et je pense à ces jeunes femmes dont je parlais tout à l’heure : elles sont venues me voir parce que au-delà d’être entendues, elles seraient comprises et ça c’était très important. Je ne veux pas parler pour elles mais le fait de leur dire qu’elles ont le droit d’exister telles qu’elles sont dans ce monde-là, ça a été hyper fort. De manière générale, on rencontre beaucoup de réticence envers les mathématiques et les gens sont souvent hermétiques. C’est assez dur de savoir quel discours adopter pour montrer quelle peut être la beauté des mathématiques.
Delphine : L’Oréal nous pousse fortement à rencontrer des jeunes. Par exemple, retourner dans notre école primaire pour parler de notre travail, les éveiller aux sciences et aux applications qu’il y a derrière. Je pense que c’est ce que je vais faire, aussi bien en primaire, au collège ou au lycée. On a vraiment un rôle d’ambassadrices et c’est ce que je vais essayer de remplir. Au niveau des conseils que je pourrais donner au niveau des jeunes filles qui souhaitent entreprendre des études scientifiques, c’est de ne pas trop se poser de questions, suivre la voie qu’elles aiment, écouter leur cœur et pas forcément ce que les autres vont dire. Il est important que les professeur-e-s et les parents les mettent en confiance dès le plus jeune âge. Faire attention aussi aux stéréotypes hommes-femmes véhiculés dans l’imaginaire collectif. Par exemple, quand on demande aux enfants de dessiner un scientifique, ils vont avoir tendance à dessiner un homme. C’est important de leur dire qu’il existe des femmes scientifiques. Et puis bien sûr, faire intervenir dans des classes des modèles, pour que les jeunes filles puissent s’identifier à ce genre de parcours et puissent se projeter plus facilement.
Mégane : Moi comme conseil, j’ajouterais de ne pas oublier de prendre soin de soi. À cause de l’exigence scolaire ou l’exigence que l’on peut se mettre nous-même liée à notre position de femme, on a l’impression de devoir exceller pour prouver qu’on a notre place… On se sent aussi de devoir prendre soin de nos camarades, en leur passant nos notes ou je ne sais quoi… N’oublions pas de prendre soin de nous ! L’exigence ne doit pas avoir pour prix sa propre santé. On ne pourra pas apporter au monde quoi que ce soit si nous on ne va pas bien.
YEGG : Qu’envisagez-vous pour la suite ?
Delphine : Grâce à ce prix, en tant que doctorante, on gagne une bourse de 15 000 euros. Pour notre usage personnel. Mais on nous demande de l’utiliser pour promouvoir nos recherches. J’ai décidé de partir aux Etats-Unis pour assister à des conférences internationales parce que là-bas ce sont des leaders dans mon domaine de recherche. Et je vais profiter pour visiter des laboratoires dans lesquels je pourrais effectuer mon post doctorat. J’ai encore un an de thèse.
Mégane : Je suis actuellement en post doctorat à Bordeaux. Le projet est de continuer à explorer le monde de la recherche. Après, je n’ai pas de plan fixe parce qu’en fait, il y a certaines difficultés aujourd’hui en France à trouver des postes permanents en recherche fondamentale. L’idée aujourd’hui est plus de voir quelles sont les opportunités qui vont se présenter et de suivre le chemin qui va se dessiner au fur et à mesure.


Marlène Hagnéré, mécanicienne cycles, réagit : « Pour moi, le clivage est dans le fait de ne pas comprendre que certaines femmes ont besoin de se retrouver entre elles pour être à l’aise. L’égalité n’est qu’une illusion, même en 2022, elle n’existe vraiment pas partout (je dirais même quasiment nulle part), et l’idée de ces ateliers est justement de rééquilibrer la part des femmes dans certains domaines. (…) C’est quand même marrant, mais toutes les critiques que je reçois sur ces ateliers proviennent toujours du même profil de personne : homme blanc, hétéro, passé 50 ans (voire certains quadragénaires). Ça pose très peu de problèmes aux autres personnes… » 
Elles se réjouissent de la proposition temporaire d’un espace dédié aux femmes et minorités de genre. « Pour avoir un meilleur niveau et la confiance en soi ! », commente Cypriane qui fréquente également les soirées non mixtes mis en place par La Petite Rennes (atelier participatif et solidaire d’autoréparation de vélos). Il y a la question de l’empouvoirement qui leur apparaît comme essentielle. Pouvoir pratiquer, expérimenter, apprendre, chuter, faire des erreurs, persévérer, évoluer. La base. Mais ce qui les anime particulièrement, c’est de pouvoir respirer. Arrêter d’être angoissées à chaque fois qu’elles tournent le dos aux personnes masculines qui fréquentent elles aussi la salle. « J’ai peur ici d’être matée, parce qu’on est en legging, etc. Dans cette salle encore, je ne le ressens pas tellement. Mais par exemple, la piscine, c’est une catastrophe pour moi. Je prends sur moi à chaque fois que j’y vais. Être une femme en maillot de bain donne la sensation qu’on autorise les hommes à nous regarder et à nous juger. Mais non ! », scande Cyrielle. Elle aimerait que l’offre soit plus variée et régulière. Pas uniquement à The Roof mais plus globalement dans les lieux fréquentés par un public massivement masculin, principalement là où les corps sont dévoilés et en mouvement.
« Dans ce contexte du sport, je trouve ça vraiment chouette de proposer un espace non mixte mais il ne faudrait pas que ce soit partout et tout le temps. », répond Nora lorsqu’on l’interroge sur le regard qu’elle porte sur la mixité choisie. Bien qu’il ne soit pas une nouveauté, le sujet reste controversé. Vivement critiquée dans les années 50/60/70, dans les périodes et les groupes engagé-e-s pour les droits civiques des personnes noires aux Etats-Unis ou encore les réunions du Mouvement de Libération des Femmes en France, la non mixité est pourtant essentielle dans les luttes pour l’égalité. Sans hommes cisgenres imprégnés de toute construction sociale privilégiée et dominante, sans personnes blanches « dépositaires d’un pouvoir hégémonique », comme le signale la sociologue Nacira Guénif-Souilamas dans Le Monde en défendant le collectif Mwasi lors du festival afroféministe. Elle précise : « Ces jeunes femmes veulent simplement créer un espace d’échanges sûr et rassurant. »

« En janvier 2023, Net Plus a mis en place une nouvelle organisation de travail. Les nouvelles fiches de poste augmentent drastiquement les charges de travail mais pas le temps de travail. Elles – je dis « elles » car ce sont majoritairement des femmes – nous ont expliqué qu’elles rentraient le soir en pleurant. Certaines sont en arrêt malade, d’autres ont démissionné et une a été licenciée », précise Mélisande, avant de rejoindre le groupe composé de salarié-e-s de Net Plus, de syndicats (CGT, Sud Solidaires) et de collectifs (Si on s’alliait ?, La cause du peuple, Les Jeunes révolutionnaires, Nous Toutes 35), au métro Pontchaillou.
Sans oublier la dimension genrée d’un travail précaire, souvent attribué à des personnes sexisées racisées ou exilées. 77% des agents de service sont des femmes, indique le site de Net Plus. « On est là pour soutenir la mobilisation et on est réuni-e-s pour montrer qu’on peut agir ! Le collectif augmente de plus en plus… », prévient Si on s’alliait ?.
Dans le body horror, les personnages féminins sont fréquemment utilisés. La grossesse, l’accouchement, les menstruations, le post partum sont des thématiques récurrentes, « parfois abordées de manière catastrophique et parfois abordées de manière innovante ». Elle cite alors Ginger Snaps, de John Fawcett, dans lequel la protagoniste est griffée dans le dos par une bête. A l’approche de ses règles, la jeune femme devient de plus en plus monstrueuse. « Ce qui est drôle, c’est que finalement ce n’est pas parce qu’elle a ses règles qu’elle est comme ça, c’est parce qu’elle est devenue un loup-garou », s’amuse Manon Franken. Ce à quoi Cyrielle Dozières rétorque : « Le cinéma de genre a beaucoup exploité ça pour créer de l’horreur alors que pour les femmes, avoir ses règles, c’est quelque chose de banal… » Voilà qui pose la question du regard porté sur le propos cinématographique. 

« Si vous êtes une femme et que vous osez regarder à l’intérieur de vous, alors vous êtes une sorcière. », écrit Mona Chollet. Cette phrase entame le spectacle après une introduction musicale nous plongeant directement au cœur d’un instant décisif, d’un moment duquel on ne peut pas revenir indemne. Une révélation, une (re)découverte, une exploration de nos représentations collectives, une prise de conscience sur le poids et l’ampleur de l’horreur des chasses aux sorcières, une mise en miroir contemporaine interrogeant les stigmates de cet héritage patriarcal dont les normes dominantes perdurent aujourd’hui encore dans des archétypes d’une féminité jugée douteuse. Et surtout dangereuse pour l’équilibre de la domination masculine. Femmes sans enfants, femmes célibataires ou encore femmes aux cheveux blancs… elles sont sur le banc des accusées, incarnant pleinement la figure monstrueuse des sorcières de nos sociétés. La première lecture nous rappelle que des siècles de souffrance ont contribué à façonner le monde qui est le nôtre. Des chasses aux sorcières aux 16e et 17 siècles et de nombreux procès en sorcellerie auront permis de tuer massivement des femmes, dénoncées pour leurs agissements suspects. Parce qu’elles avaient un fort caractère, une sexualité libre ou qu’elles répondaient à leurs voisins. Parce qu’elles allaient tous les dimanches à la messe ou parce qu’elles n’allaient pas tous les dimanches à la messe… : « Chaque comportement et son contraire pouvaient se retourner contre vous » Tandis qu’à cette époque, elles soignent par les plantes et leurs connaissances de la nature et du corps et aident aux accouchements, leurs agissements sont transposés en œuvres du diable. Il suffit d’être une femme pour être suspectée. Jetée à l’eau pour révéler si oui ou non, elle était une sorcière. Innocentée, si elle coule à pic. Exécutée, si elle flotte. Torturée aussi, et mise à nue pour chercher la marque du diable. Dans la majorité des cas, la suspecte est assassinée.
« Ne pas transmettre la vie permet d’en jouir pleinement. », affirme-t-elle. Elle prône le choix pour tou-te-s mais constate que la tolérance ne s’applique qu’à celles qui, « programmées pour désirer être mères », le seront. Tout comme la société n’accepte que la jeunesse des femmes. Pas un visage ridé ne doit venir entacher la beauté d’une femme dans la fleur de l’âge. Elle représente bien trop de danger, cette femme vieillissante, assumant pleinement les marques du temps qui passe. Lynchées, moquées, pointées du doigts, les femmes sans enfants, les femmes célibataires et les femmes aux cheveux blancs sont encore et toujours des sorcières. Parce qu’elles représentent des femmes libres. Puissantes et invaincues. 
Tribunal d’Evry, mai 2021. Tran To Nga a 79 ans et cela fait 6 ans qu’elle attend l’ouverture de ce procès intenté à l’encontre de 14 multinationales, semeuses de souffrances et de morts et représentantes de l’impérialisme occidental. Des millions de corps exposés et contaminés à l’agent orange, destiné à détruire le maquis et stopper la guérilla communiste lors de la guerre du Vietnam.
C’est la période des guerres qu’Angelica Kiyomi Tisseyre Sékiné nous raconte minutieusement. Accompagnée d’images d’archives et de vidéo, elle décrit le paysage, l’engouement, la force et le courage, l’enthousiasme, la peur, le désarroi. Le climat de guerre, la tension mais aussi les joies, les liens qui se nouent, les vécus qui s’embrasent et s’entrelacent. Elle nous embarque avec elle dans les galeries souterraines, dans la forêt vietnamienne, on traverse le pays avec elle et ses compagnons d’unité, on vibre avec elle lorsqu’elle retrouve sa sœur, puis sa mère, on pleure la mort de son bébé, on craint les bombardements et puis on sent cette pluie gluante qu’elle reçoit sur les épaules et on sait que ce n’est pas un herbicide quelconque.

Une langue peut-elle être un gilet de sauvetage ?, interroge la comédienne. Le français, elle le parle depuis plusieurs années. Cinq ans précisément. Le turc, depuis toujours. C’est sa langue maternelle, elle y est née et a grandi à Istanbul. Non autorisée à travailler durant la procédure administrative lui permettant d’obtenir sa carte de séjour, elle décide d’apprendre le kurde en France. Un retour aux racines. Celles de son père et de sa famille paternelle. Celles auxquelles elle n’a pas eu d’attaches puisqu’il lui a fallu cacher son origine. Elle se souvient des grands-mères envoyées en prison pour avoir chanté dans la langue interdite durant plusieurs années en Turquie et elle se souvient se taire dans la cour face à un autre enfant roué de coups par ses camarades d’école qui hurlent « kurde ! kurde ! kurde ! » comme une insulte fracassante.
Elle dialogue avec cette figure fantomatique dont l’ombre a toujours pesé sur ses épaules et l’a toujours accompagnée. Des blessures infligées par ses multiples et fréquentes disparitions, elle en parle sans en dissimuler la violence et la colère. La peur aussi, parfois. Elle compose et se construit avec. Mais pas en dehors.Contrainte à devenir « l’homme de la maison », à la fois « le mari de ma mère et le père de mes sœurs » s’est extirpée de cette condition qu’elle a refusé afin de ne pas succomber à la folie de la situation. Sultan Ulutas Alopé exprime ses questionnements, ses doutes et son cheminement vers l’enracinement de son histoire. De sa propre histoire. Elle fait des choix et les assume, s’affranchissant de toute cette honte ressentie face à ses origines et toute cette amertume face à ce mauvais père. Aujourd’hui, elle a « honte d’avoir eu honte d’être kurde. » Aujourd’hui, elle assume : « Assumer d’être kurde, c’est assumer que ton existence fait partie de la mienne. Aujourd’hui, je n’ai plus besoin de baisser le son de ma voix quand je parle de mes origines. »
Sobre, épuré, poignant… le spectacle nous capte et nous captive. La force du récit de Sultan Ulutas Alopé réside bien évidemment dans sa source - son vécu - mais aussi dans la manière dont la comédienne le transpose et le porte sur la scène face à nous, complétement happé-e-s par ce qu’elle narre avec tant de justesse et d’équilibre dans le jeu et les intentions. Les émotions jaillissent sans jamais être forcées. On ressent, on vibre, on pleure, on rit, on sourit, on tremble. Surtout, on l'écoute avec beaucoup d'attention parce qu'elle nous saisit les entrailles.

Accompagnée de Thomas Couppey et Sébastien Dalloni sur le plateau, qui apportent un effet comique, léger et décalé non négligeable, Fanny Chériaux utilise la chanson et le piano, ses outils d’expression depuis de nombreuses années, mais ne se cache pas derrière pour autant. Elle se dévoile, autant qu’elle module son organe vocal. Elle joue avec beaucoup d’autodérision et de sincérité et au fil de son récit renforce sa confiance en elle et en son corps. Le plaisir et la jouissance découverts sur le tard, la PMA à 44 ans qui étouffe le corps et la santé mentale à coup d’injections et de remarques désobligeantes et jugeantes, un avortement et les litres et les litres de sang qui coulent, le temps perdu à cultiver la haine de sa propre enveloppe charnelle parce que trop ceci ou pas assez cela… elle en aborde tous les aspects en décryptant au prisme de la société ce que devenir une femme signifie quand on n’a pas les codes de la bonne meuf. Et puis, elle s’en affranchit et nous émancipe au passage des regards malveillants, culpabilisants et moralisateurs. Venise, un corps à soi est un spectacle qui fait du bien, qui nous fait rigoler et nous insuffle une dose dynamisante de bonne humeur. Qui nous offre un souffle léger, une respiration, une profonde réflexion sur le sexisme et le poids du patriarcat que l’on fait peser sur nos corps et nos esprits. Les blessures infligées pourraient être évitées si on s’y autorisait. Alors osons être douces, être tendres, à l’aise et non conformes aux attendus d’une féminité unique, réductrice et contraignante. Sur l’idée de Virginia Woolf, offrons-nous un espace de bien-être et de liberté. Un espace dans lequel être soi est permis, accepté et assumé. Le grain de folie de Fanny Chériaux, Thomas Couppey et Sébastien Dalloni nous réveille et nous secoue, agissant en nous comme un catalyseur nécessaire à l’expression de nos individualités. Loin de la binarité du genre qui nous enferme et nous oppresse.

De quoi sont faites nos histoires et quel point de vue parlons-nous ? A l'instar d'Alice Zeniter qui dans Je suis une fille sans histoire (livre qu'elle a brillamment adapté sur scène) décrypte le schéma narratif pour analyser nos rapports et relations avec la fiction et l'Histoire, le spectacle Sirènes revisite par le mime et le burlesque les grandes figures, les batailles, conquêtes, victoires et les heures sombres de nos récits au passé colonialiste et ravageur. Semeur de morts et de souffrances. Que disent-ils, ces récits, de l'animalité et du sauvage ? De l'altérité ? De la féminité ? De notre manière de bâtir nos narrations collectives et communes ? 
Fougue et énergie rock sur la scène des Transmusicales, le 4 décembre 2021, grâce aux artistes musiciennes d’Ottis Cœur ! Elles se sont rencontrées en formation, ne sont pas appréciées tout de suite et puis, elles ont fini par se confiner toutes les deux, en mars 2020. Sans intention professionnelle au départ, elles ont composé, expérimenté et chanté ensemble. Ça a matché et de là est née la créativité rugissante montrée à l’Étage du Liberté. Elles prônent l’identité DIY, le rock et le féminisme. Et on se régale autant en visionnant le clip de « Je marche derrière toi » qu’en l’écoutant en live. À la différence que là, on savoure leur panache et leur dynamisme électrisants ! Ça sent bon le garage, le rock alternatif, les influences pop rock et la colère débordante au service d’une créativité rythmique et explosive. Leurs voix s’unissent, les harmonies renforcent leur proposition musicale et accentuent leur discours, scandé en français, dénonçant les violences sexistes et masculines. Leur ras-le-bol des histoires fumeuses, des mecs qui ne pensent qu’à leur gueule – oubliant le plaisir et l’orgasme des femmes - du mensplaining et on en passe, elles l’expriment avec hargne, saisissant et brandissant leurs émotions catapultées sous la forme de forces libératrices et empouvoirantes. Elles bondissent, guitare électrique, basse et batterie saturent et vrombissent, et l’énergie envahit très vite la salle. L’enthousiasme gagne la foule, convaincue par ce mélange de calme, d’amertume et de fureur. Les tripes sur le plateau, laissant entrevoir également leur jovialité, légèreté et humour entre les morceaux, Camille et Margaux signent un set puissant, qui retient notre attention et surtout alimente notre curiosité pour Ottis Cœur, qu’il faudra suivre, c’est certain, dans les prochaines années. Ce sont là les prémices d’un duo bien décidé à chanter fort sans s’excuser.
Le premier confinement arrive, elles s’installent à la campagne dans sa maison familiale et se mettent à composer et à enregistrer ensemble. Isolées, elles vont s’affranchir du regard masculin qui peut mener à l’hésitation ou l’auto-censure et lever les freins éventuels qui pourraient s’interposer avec leur création. « Sans le confinement, on aurait peut-être fait mais plus tard. Être là toutes les deux, préservées des remarques et des doutes, c’était sans barrières. On n’avait jamais joué de batterie avant, on a testé. On avait l’étincelle de l’expérimentation ! », soulignent les membres d’Ottis Cœur. Et pour Margaux, cela marque un tournant décisif dans sa manière d’agir : « Camille m’a inspirée. Avant, je n’aurais jamais osé faire un solo de guitare sur scène. Elle m’a aidée à prendre confiance en moi, à me sentir légitime dans le travail. On discutait beaucoup et c’est important, car un mot positif de quelqu’un-e que tu estimes beaucoup peut tout changer ! » Même son de cloche du côté de sa co-musicienne : « Je n’osais pas sortir de moi-même pour exprimer ma parole et ma voix. J’avais du mal à m’exprimer et à me faire entendre. Margaux m’a permis de libérer plein de trucs ! On trouve des idées à deux, en rebondissant sur ce que dit l’autre… C’est vachement bien ! »
Le 11 février, en fin d’après-midi, elles sont prêtes. Elles osent, elles montent sur scène, divisées en deux groupes. Snakes 4, tout d’abord. Main Towanda, ensuite. Timides au départ, on sent rapidement que le stress se dissipe pour faire place au plaisir d’être sur scène. Elles prennent des postures rock, s’affranchissent d’une part de leurs appréhensions et saisissent l’instant pour emporter le public dans l’aventure vécue. Et pour finir, c’est ensemble qu’elles entament a cappella une chanson d’amour que Sam déclame en algérien à sa copine, installée au premier rang. Elle a 17 ans et a décidé de s’inscrire au Girls Rock Camp « par goût de la musique ». La faible présence des femmes dans le milieu musical, elle en avait déjà conscience avant de venir. « C’est clair que ça doit changer ! », poursuit-elle. À ses côtés, Jeanne, 17 ans, a été séduite par le côté « être entre meufs dans un groupe » et Pome, 13 ans, est convaincue que cela a permis « de se mieux se lâcher, s’exprimer et se rendre compte qu’on peut se libérer ! J’aurais beaucoup moins osé avec des hommes autour, c’est certain. » Ce qu’elles retiennent de leur stage, c’est l’ambiance et la sororité, la confiance que cela procure. « Il y en avait une qui avait une idée, la disait, on rebondissait. On était ensemble. On a fait ensemble. On a écouté, testé, beaucoup testé… Là, on voyait du soutien partout, on s’encourageait. On n’était pas en rivalité comme on nous fait croire que les femmes sont. On s’est bien entendues et c’est là, quand tu te sens libre que tu sors ton talent à 100% ! », signale Sam.